
«Face à l’explosion de la pauvreté», Oxfam met en avant des «villes françaises qui montrent l’exemple», au travers du rapport «Pour des villes solidaires».
Communiqué du groupe local Oxfam Dijon du 5 février 2026 :À l’approche des élections municipales de 2026, Oxfam publie ce jeudi 5 février le rapport « Pour des villes solidaires », qui recense 55 politiques locales exemplaires de lutte contre la pauvreté et les inégalités, mises en œuvre dans plus de 30 départements et 15 régions, dont la Bourgogne-Franche-Comté. Pensé comme un outil pour le débat démocratique, ce répertoire d’initiatives innovantes est mis à disposition des candidat·es afin qu’ils et elles puissent s’en inspirer pour construire des programmes municipaux plus solidaires.
Le groupe local mène également un travail de plaidoyer citoyen auprès des listes candidates, en portant les recommandations d’Oxfam dans les domaines de la lutte contre la pauvreté et les inégalités, de l’accès aux droits et à la santé, de l’adaptation au changement climatique et de l’égalité femmes-hommes.
Les actions de plaidoyer citoyen du groupe local de Dijon et sur deux autres rapports d’Oxfam à venir :
· 17 février : rapport « Pour des villes résilientes : ces communes qui prennent des mesures clés pour s’adapter aux changements climatiques »
· 3 mars : rapport « Pour des villes féministes : ces communes qui prennent des mesures clés pour l’égalité de genre »
Communiqué d'Oxfam du 4 février 2026 :À l’approche des élections municipales de 2026, Oxfam publie le rapport « Pour des villes solidaires », qui recense 55 politiques locales exemplaires de lutte contre la pauvreté et les inégalités issues de plus de 30 départements et 15 régions. Pensé comme un outil pour le débat démocratique, ce répertoire est mis à disposition des candidat·es aux élection municipales afin qu’ils et elles puissent s’appuyer sur ces expériences pour construire leurs programmes électoraux.
Alors que les budgets communaux consacrés à l’action sociale ont reculé de 3,6 % entre 2020 et 2023 — soit 160 € de moins par personne pauvre chaque année — ce rapport montre que certaines communes font le choix politique inverse et renforcent leurs actions de solidarité. Crise du logement, précarité alimentaire, accès aux soins et aux services publics, non-recours aux droits, participation citoyenne, accueil des personnes migrantes : partout en France, des villes inventent des réponses concrètes pour protéger les plus vulnérables.
Une pauvreté en forte hausse, les maires en première ligne
La pauvreté touche aujourd’hui plus de 15 % de la population française, son niveau le plus élevé depuis 30 ans. Depuis les dernières élections municipales, 1,2 million de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté. Dans ce contexte, les maires restent les élu·es en qui les Français·es ont le plus confiance pour agir (68 %, contre 8 % pour le gouvernement).
Pouvoir d’achat : quand les services publics locaux soulagent les ménages modestes
Face à la hausse du coût de la vie, les politiques municipales peuvent soutenir le pouvoir d’achat des habitant·es, y compris en réduisant leurs dépenses contraintes, en particulier dans les territoires les plus pauvres : communes rurales, Outre-mer et certains territoires franciliens.
- Grande-Synthe (59) expérimente depuis 2019 un Minimum social garanti, assurant à chaque bénéficiaire 885 € par mois, afin de prévenir les situations d’urgence et renforcer l’autonomie.
- Le Bourget et Drancy (93) ont instauré la gratuité des cantines scolaires, allégeant durablement le budget des familles.
- En Guyane, le programme Guyane Révélée propose un accompagnement global vers l’emploi (garde d’enfants, transport, logement).
Logement : le pilier des villes solidaires
Le logement est aujourd’hui l’un des principaux facteurs des inégalités et 64 % des communes françaises concernées par la loi SRU sont dans l’illégalité (Boulogne, Nice Toulon parmi les plus mauvais élèves), ce alors que 2,7 millions de personnes en attente d’un logement social en France.
Le poids du logement dans les dépenses contraintes des ménages a plus que doublé depuis 1960. Et tandis que 350 000 personnes sont sans abri et que 746 personnes sont mortes dans la rue en 2023 certaines municipalités refusent l’inaction :
- Lyon et Villeurbanne (69) ont lancé un plan humanitaire mobilisant des logements vacants pour créer des places d’hébergement d’urgence.
- Aubervilliers (93) a mis en place un service de recouvrement des dettes locatives associant travailleur·ses sociaux·ales afin de prévenir les expulsions.
- Antony (92) a acquis des pavillons pour proposer des logements solidaires à loyers symboliques, sans recourir à de grands projets immobiliers.
Solutions aux déserts médicaux et lutte contre le non-recours aux droits
1,6 millions de Français·es renoncent à se soigner faute d’accès aux services médicaux — les personnes pauvres trois fois plus que le reste de la population — et près de 30 % des personnes éligibles ne recourent pas à leurs droits.
Certaines communes développent des dispositifs d’« aller vers » et assurent la continuité des soins.
- Ajain (23) et Ménigoute (79) ont ouvert des centres de santé solidaires en zone rurale où des médecins venus d’autres territoires se relaient pour assurer une continuité des soins.
- Grenoble (38) déploie une Caravane des droits pour accompagner les habitant·es dans leurs démarches.
- Acoua (Mayotte) a créé une Maison des familles offrant un accueil de proximité et un accompagnement personnalisé.
Quand l’extrême droite aggrave les inégalités
Le rapport d’Oxfam montre également que lorsque l’extrême droite est au pouvoir, les politiques de solidarité sont systématiquement attaquées.
- À Villers-Cotterêts (02) et au Pontet (84), la gratuité des cantines a été supprimée ou les tarifs augmentés, tandis que les maires rehaussent leurs propres rémunérations.
- À Fréjus (83), des centres sociaux ont été fermés.
- À Hayange (57), le Secours populaire a été expulsé.
- À Hénin-Beaumont (62), une charte de « commune sans migrant » a été instaurée.
Ces choix politiques fragilisent la cohésion sociale et aggravent les inégalités locales.
Accueil des personnes migrantes et démocratie locale : des choix politiques assumés
À l’inverse, certaines communes font de la solidarité inconditionnelle un principe politique :
- Metz (57) a fait de l’accueil des réfugiées fuyant les conflits (Ukraine, Syrie, Gaza) un pilier de son action municipale.
- Louvigny (14) accueille des familles réfugiées depuis 2016 et organise des débats citoyens apaisés sur les politiques migratoires.
