La députée Les Écologistes de la Côte-d'Or appelle à «ne pas invisibiliser le rôle des groupuscules d’ultra droite».
Communiqué de Catherine Hervieu du 27 octobre 2026 :Sous couvert de défendre les commerçants contre les pillages, les provocations, intimidations et violences de groupuscules identitaires et d’ultra droite se multiplient dans plusieurs villes de France. Dijon n'y échappe pas, comme en témoignent les événements survenus ce samedi 24 octobre.
Des codes distinctifs comme les brassards blancs ont été utilisés, signes initialement arborés par des parents et des personnes venues soutenir les lycéennes et lycéens lors des mobilisations, puis récupérés par ces groupuscules. S’autoproclamer défenseurs des commerçants et de « l’ordre » brouille les rôles et entrave clairement la mission de maintien de l’ordre dévolue aux forces de sécurité intérieure.
Alors que le rassemblement contre la vie chère et en soutien aux revendications des jeunes, auquel j'ai participé, se déroulait calmement, des individus identifiés comme appartenant à des mouvances d'extrême droite ont provoqué des incidents en plein centre-ville.
Peu après la dispersion des cortèges, une vingtaine d'individus ont pris à partie des personnes restées place de la République. Les vidéos montrent des jets de projectiles sur les manifestantes et manifestants, et des témoignages font état d’insultes racistes et de saluts nazis. La banalisation de ces discours xénophobes et autoritaires portés par la galaxie de l’extrême droite et ses alliés est à l’œuvre. L'attentat raciste de Trappes et de La Verrière en est une traduction dramatique. Nous devons stopper cette idéologie de haine qui s’exprime par des intimidations et des violences dans l'espace public.
Samedi, comme à Dijon, des agissements violents de groupuscules de l'ultradroite ont été signalés à Nice, Nancy, Tours, Montpellier, Caen, Lyon ou encore Toulouse, suscitant de vives inquiétudes.
Je condamne avec la plus grande fermeté ces agissements qui sont d'une très grande gravité et ne sauraient rester impunis. Les manifestations pacifiques doivent le rester et ne peuvent servir d'exutoire à la violence politique.
Place de la République à Dijon, les forces de l'ordre seraient intervenues pour faire cesser des violences en fin de manifestation. Pourtant, les images diffusées sur les réseaux sociaux soulèvent des questions quant à la fermeté de leur intervention, particulièrement lorsqu'on les compare à celles de la semaine précédente, où les manifestants pacifiques avaient fait face à un dispositif policier extrêmement répressif. Comment expliquer cette différence apparente de traitement ?
Les images pourraient également mettre les forces de l’ordre en porte-à-faux, alors même que celles-ci avaient reçu pour consigne de protéger un périmètre. Il est important de clarifier les consignes qui leur ont été données et de ne pas confondre une non-intervention visant à respecter l’objectif initial de la mission avec un soutien passif au groupe d’ultra droite.
Un équilibre doit être trouvé entre protection des manifestations, répression de toutes les violences et ampleur du dispositif de maintien de l’ordre.
J'appelle les autorités à faire toute la lumière sur les faits survenus à Dijon, sur les conditions d'intervention des forces de l'ordre et sur les suites données aux agissements de ces groupuscules.
C’est pourquoi j’ai saisi le procureur de la République de Dijon au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale pour apologie de crime contre l’humanité, injures publiques à connotation raciste et violences en réunion avec armes.
La République ne peut faire preuve d'une fermeté à géométrie variable. Face aux violences racistes et aux agissements de l'extrême droite, les pouvoirs publics doivent agir sans aucune complaisance.