
Passionnés du monde celte, les Mandubiens ont établi un campement au pied de la statue de Vercingétorix, ce samedi 20 septembre, à Alise-Sainte-Reine. «On a des outils inventés par les Gaulois qui servent toujours», a signalé leur chef Artos.

Les Mandubiens sont de retour ! Un campement a été détecté, ce samedi 20 septembre 2025, au sommet du mont Auxois, au pied de la statue du chef gaulois Vercingétorix, là où s'est déroulé, en 52 avant notre ère, le siège d'Alésia par les légions romaines de Jules César.
Ce samedi 20 septembre 2025, des passionnés, réunis dans la tribu des Mandubiens, faisaient revivre le quotidien des Gaulois dans le cadre de l'anniversaire des 160 ans de l'installation de la statue de Vercingétorix à Alise-Sainte-Reine, couplé avec les Journées européennes du patrimoine.
Les Mandubiens, habitants de la citadelle d'Alésia
Selon Jules César et son récit de la «Guerre des Gaules», les Mandubiens occupaient la citadelle d'Alésia et ont péri des suites du siège. Les sources historiques et les documents archéologiques étant rares, on suppose que les Mandubiens formaient un groupe gaulois relativement autonome, en marge des Lingons – établis autour de l'actuelle Langres – tout d'abord, puis des Éduens – établis à Bibracte.
Comme les autres Gaulois de l'âge du fer, les Mandubiens étaient avant tout des cultivateurs dont les fermes maillées le territoire de l'Auxois. Certains étaient des guerriers tandis que les druides s'occupaient de la vie religieuse et culturelle.
Association de reconstituteurs fondée en 2011
Âgé de 71 ans et résidant à Bussy-le-Grand, Bernard Bouquain, alias Artos, a fondé en 2011 l'association des Mandubiens – Mandubii en latin – après «s'être intéressé à l'histoire de Vercingétorix» et avoir voulu «retrouver l'esprit de tribu» qu'il connaissait en tant que joueur de rugby amateur.
Dans les premiers temps, les reconstiteurs rejoignant les Mandubiens étaient rarement des Côte-d'Oriens. Aujourd'hui, plusieurs sont de l'Auxois et de Dijon, certains habitent la Saône-et-Loire, l'Yonne ou encore le Jura. Sur une cinquantaine d'adhérents à jour de cotisation, une vingtaine contribuent activement aux campements.
Les Mandubii participent régulièrement à De Bello Gallico, l'événement annuel du MuséoParc Alésia centré sur l'affrontement entre Vercingétorix et Jules César, programmé début juillet.
«Le village d'Astérix, ça n'existe pas»
Selon Artos, chef de la tribu dont le totem est l'ours, les spectateurs rencontrés sont curieux de «retrouver leur source et les racines» en découvrant le campement et en échangeant avec les reconstiteurs Bachiano, Dérogeanos, Gabréla, Gobagno, Atéporamos ou encore Branovis.
Ces ateliers permettent de se pencher sur les savoir-faire des forgerons, paysans, tisserands, guerriers et druides.
«On se doit de rechercher des sources archéologiques pour être dans la vérité», souligne Artos, car «le village d'Astérix, ça n'existe pas». «Le sanglier est un dieu chez les Gaulois, on ne mange pas le dieu.»
Un projet de ferme gauloise
«C'est extraordinaire, le MuséoParc Alésia», s'enthousiasme Bernard Bouquain qui attend avec impatience la livraison du futur centre de ressources, financé par une convention entre le ministère de la Culture, le Département de la Côte-d'Or et la société publique locale (
lire le communiqué).
«On a une convention, on peut aller chercher des informations», poursuit-il, «la civilisation celte était très poussée, les Gaulois étaient des gens d'une culture extraordinaire qui ont tout inventé : la moissonneuse, la roue à rayons, la cote de mailles... On a des outils inventés par les Gaulois qui servent toujours.»
Le passionné du monde celte nourrit désormais un nouveau projet : reconstituer une ferme gauloise à Bussy-le-Grand
Jean-Christophe Tardivon

















































