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24/08/2020 00:15

CINÉMA : Avec «Poly», Nicolas Vanier célèbre le respect des animaux

L'aventurier, romancier et réalisateur Nicolas Vanier était présent ce dimanche 23 août au Ciné Cap Vert à Quetigny pour l'avant-première du film «Poly», adaptation de la série télévisée des années 1960. Il a dévoilé quelques secret de tournages et a défendu ses valeurs concernant la bien traitance animale.

Le personnage de poney inventé par la romancière Cécile Aubry à l'aube des années 1960 revient, sur grand écran et en couleurs, au travers du film «Poly» réalisé par Nicolas Vanier qui sortira en salles le 7 octobre 2020. La jeune Élisa de Lambert campe Cécile qui cherche à sauver le petit cheval d'un cirque où il subit de mauvais traitements. Sa maman, Parisienne, divorcée et infirmière est jouée par Julie Gayet. Patrick Timsit incarne le terrible Brancalou, directeur de cirque sans scrupule. François Cluzet complète les premiers rôles en jouant Victor, un bien étrange châtelain.

Nicolas Vanier a choisi de respecter l'esprit du «Poly» d'origine tout en procédant à quelques changements. L'histoire prend ainsi place dans les années 1960, au sein d'une France rurale qui découvre les coupés décapotables, le twist et l'émancipation féminine. C'est donc une jeune fille qui incarne le personnage principal tandis que dans le feuilleton original, Cécile Aubry avait confié à son fils, Mehdi El Glaoui, le soin de jouer Pascal, l'ami de Poly.
Le tournage a eu lieu durant l'été 2019 dans la vallée de la Céze, dans le Gard. Comme souvent dans les films de Nicolas Vanier, l'écosystème de cette vallée se retrouve mis en avant dans le film. Les couleurs chaudes accentuent la dimension romanesque de l'histoire ainsi qu'une «forme de nostalgie» assumée par le réalisateur.

Les fans de «Belle et Sébastien» ont répondu présent


Après avoir salué l'équipe du poney-club éphémère de la Fédération Française d'Équitation, ce dimanche 23 août 2020 le réalisateur a rejoint le public dans la salle du Ciné Cap Vert pour un temps d'échanges lors duquel il a dévoilé quelques secrets de tournage.

Près de deux cents personnes l'attendaient. De nombreux enfants bien sûr ainsi que des adultes qui ont, eux aussi, chaleureusement applaudi le réalisateur à son arrivée. Avant de découvrir «Poly», quasiment tous avaient déjà été séduits par «Belle et Sébastien» sorti en 2013, une autre adaptation par Nicolas Vanier d'une série télévisée de Cécile Aubry. Le réalisateur a commencé par excuser Julie Gayet, annoncée à cette avant-première, mais qui n'a pu être présente du fait d'un problème de santé. De son côté, Élisa de Lambert se prépare pour retourner à l'école.

Déjà «très proche de la nature, des chiens, des chevaux» comme il l'a confié aux spectateurs, Nicolas Vanier a été marqué par les feuilletons diffusés sur petit écran en noir et blanc. Pour le tournage avec le poney Poly, Nicolas Vanier s'est souvenu d'un voyage d'une année effectué dans les Montagnes Rocheuses avec Punky, un Quarter Horse, une race chevaline des États-Unis de taille moyenne.

Pour autant, ce n'est pas le froid des Rocheuses que l'équipe du film a connu mais le record absolu de chaleur en France pour un mois de juin, soit 43,8 degrés atteints le 27 juin 2019 à Montclus, le village où se déroulait le tournage.

«J'aime à filmer des choses qui soient les plus naturelles possible»


Le public a été très intrigué par la façon dont un animal participe à un tournage de film. Nicolas Vanier a spécifié qu'il n'y avait qu'un seul poney, un Shetland alezan crin lavé de quatre ans rebaptisé Poly pour l'occasion, mais que, comme les acteurs, il avait eu des doublures. Ce poney-star est passé par un casting et a été retenu parmi une centaine d'équidés. Un poney étant plus têtu qu'un chien, six mois de préparation ont été nécessaires pour entraîner l'animal, lui donner le goût du jeu devant la caméra et lui permettre de faire connaissance avec Élisa de Lambert.

«J'aime à filmer des choses qui soient les plus naturelles possible et, notamment, je trouve qu'on ne peut pas tricher, même en utilisant les techniques les plus élaborées de cinéma, on ne peut jamais faire mieux qu'une vraie relation réelle entre un enfant et un animal» a évoqué le réalisateur.

Consommer la viande d'animaux élevés dans le respect


Si la question de la maltraitance animale était déjà posée par Cécile Aubry en 1961, Nicolas Vanier l'élargit aujourd'hui au «rapport à la nature et aux animaux». L'aventurier affiche une position «modérée» concernant la place des animaux dans les cirques, n'étant pas pour «interdire totalement» mais se dit néanmoins «contre» l'exploitation des grands félins notamment.

En ce qui concerne la consommation de viande, là non plus, pas de manichéisme. «Le spectateur, le consommateur a cette capacité à faire changer les choses» a déclaré Nicolas Vanier ajoutant qu'il n'est pas «pour qu'on ne consomme plus de viande mais pour qu'on consomme moins de viande et surtout de façon plus raisonnable». Et de dénoncer la viande venant d'outre-Atlantique ou les élevages nourris au soja cultivé sur des terres défrichées en Amazonie.

Nicolas Vanier a préfèré souligner l'existence d'«excellentes races» en France et de «gens qui élèvent de façon très respectueuse des animaux que l'on peut de temps en temps, avec parcimonie, une ou deux fois par mois, consommer si on aime la viande». «Il faut aider nos éleveurs qui font de l'excellente viande» a-t-il insisté en évoquant l'impact en termes d'émissions de gaz à effet de serre «à peu près quinze fois inférieur à celui des élevages qui détruisent la forêt amazonienne». Raison, sobriété et respect sont donc les valeurs que Nicolas Vanier prône tout en reconnaissant «ne pas avoir la prétention de vouloir changer le monde avec un film».

Une suite si le succès est au rendez-vous


Si «Poly» connaît la même destinée que le «Belle et Sébastien» de 2013, une suite pourrait être envisagée. D'ailleurs, Nicolas Vanier a laissé entendre que Poly se préparait à jouer d'autres films aux côtés de Muriel Bec, éleveuse à Sury-aux-Bois (Loiret). Néanmoins, Nicolas Vanier n'envisage pas de participer aux  éventuelles suites, préférant «raconter d'autres histoires».

Le réalisateur pense notamment à l'adaptation de son roman «L'or sous la neige», évoquant la ruée vers l'or en Alaska au XIXème siècle. Il s'agit d'un projet avec des animaux qui sont chers à Nicolas Vanier, les chiens de traîneaux.

Jean-Christophe Tardivon

Un poney-club éphémère devant le cinéma le Cap Vert