
L'équipement culturel dijonnais a été fréquenté par 56.000 spectateurs en 2021-2022 a indiqué Dominique Pitoiset. Ce mardi 13 septembre, le directeur a présenté les nouveautés de la rentrée et a évoqué «la préoccupation écologique» en lien avec la crise énergétique.
L'Opéra de Dijon invite à «être lyrique» en 2022. Post-crise sanitaire, à l'ère du numérique, le directeur général et artistique Dominique Pitoiset invite chacun de nous à explorer sa sensibilité en se confrontant au spectacle vivant.
«Nous ne sommes pas des robots, nous sommes des êtres doués d'une sensibilité émotive forte, nous ne sommes pas là pour envisager des programmes qui sont seulement dévoués au consumérisme de billetterie», déclare Dominique Pitoiset au moment de la rentrée de l'Opéra de Dijon, ce mardi 13 septembre 2022.
56.000 spectateurs en 2021-2022
Pour autant, la billetterie compte dans la gestion d'un établissement public. Aussi, Dominique Pitoiset a révélé la fréquentation de la saison 2021-2022, la deuxième saison depuis son arrivée en janvier 2021.
Avec 56.000 spectateurs, c'est «plus que les meilleures années» avant la crise sanitaire, commente-t-il.
Le public de l'Opéra de Dijon est relativement stable avec les années, sauf saison avec un titre lyrique très connu, comme «La Traviata» ou Carmen», qui peut alors doper la billetterie.
La saison 2022-2023 débute dans le prolongement de la saison précédente avec des «achats tardifs», c'est à dire «des ventes qui s'envolent» quinze jours avant une représentation.
Plusieurs opéras seront dirigés par Debora Waldman
Actuelle directrice de l'Orchestre national Avignon-Provence, Debora Waldman a été choisie comme cheffe associée, en tant que «présence artistique féminine», pour diriger au moins un opéra par saison jusqu'à 2027. Les Dijonnais connaissent la cheffe d'orchestre pour avoir dirigé «Don Pasquale» la saison précédente. Une prestation particulièrement applaudie.
«[Debora Waldman] est une musicienne accomplie qui a une grande expérience à la fois symphonique et lyrique. (…) On a besoin de chefs qui savent tirer la meilleure part de l'orchestre et qui sont très attentifs aux chanteurs», explique Dominique Pitoiset
Initiatrice du projet européen Demos, Debora Waldman a été la première à diriger des orchestres composés d'enfants de quartiers populaires en renversant la pédagogie pour aborder le jeu par l'interprétation plutôt que par le solfège.
Objectif indépendance énergétique
L'Opéra de Dijon est un établissement culturel de création, les bâtiments sont la propriété de la Ville de Dijon. L'Auditorium est relié au réseau de chaleur urbain de Dijon Métropole, le Grand Théâtre est chauffé au gaz après avoir été par le passé chauffé au fioul.
«La préoccupation écologique est sur le devant de la scène dans tous les secteurs et dans le secteur culturel. (…) On mène une réflexion, cela fait partie des priorités de la maison parce que c'est la responsabilité sociale d'un édifice public», indique Bruno Hamard, directeur général délégué.
L'objectif de l'établissement est d'aller vers «une forme d'indépendance énergétique», notamment grâce à la toiture de l'Auditorium dont la superficie est «supérieure à celle d'un terrain de football».
En termes de préservation des ressources, une réflexion débute sur l'installation potentielle de panneaux solaires en toiture et l'exploitation des eaux de ruissellement.
Un
relamping avec des LEDs est prévu à l'Auditorium, un chantier déjà bien avancé au Grand Théâtre. Extérieurement, les murs du Grand Théâtre pourraient être végétalisés.
Par ailleurs, est envisagée l'intégration des principes du développement durable et des circuits courts à la réalisation des décors et des costumes.
Jean-Christophe Tardivon
Début de saison 2022-2023
La saison 2022-2023 débute par le week-end des
Journées européennes du Patrimoine. Le samedi 17 septembre prochains, de 10 heures à 16 heures 30, par groupes de quinze personnes, les visiteurs seront guidés au sein du théâtre et découvriront une partie des coulisses ainsi que la superbe vue sur Dijon depuis le huitième niveau.
Le 17 septembre en soirée, l'artiste circassien
Mathurin Bolze sera à l'Auditorium pour «Les Hauts Plateaux», spectacle qui comprend de nombreuses séquences de voltige. À partir de 10 ans, durée 1h15, projet partagé avec l'association Cirq'ônflex.
Le 18 septembre,
l'Orchestre symphonique de la Radio de Francfort sera le premier des grands orchestres à intervenir à l'Auditorium, cette fois pour un programme russe.
Le 7 octobre, au Grand Théâtre, dans le cadre du projet «Chanter sa langue»,
«Emigrant» sera chanté en frioulan, langue minoritaire de la montagne au nord de Venise, pour conter l'émigration d'une famille d'Italie en Suisse.
Les 20, 22 et 24 novembre,
«Stifelio», opéra méconnu de Verdi abordera le sujet de l'adultère dans une communauté religieuse transposée cette fois chez les Amish. «Théâtralement, musicalement, dramaturgiquement, l’œuvre est formidable», selon Dominique Pitoiset. Coproduction avec l'Opéra du Rhin avec «un très beau casting».
Les 27 et 28 janvier, au Grand Théâtre, la première ville invitée dans le cadre du projet «District» est
Chicago. En deux jours seront proposés des concerts et des conférences pour «montrer ce qu'est la musique d'aujourd'hui à Chicago» en prenant compte la dimension politique de la lutte contre la ségrégation raciale. Conférences et projections seront gratuites.


Dominique Pitoiset, directeur général et artistique de l'Opéra de Dijon, et Bruno Hamard, directeur général délégué