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12/02/2021 08:56

CULTURE : «On a les moyens d'étonner à la fois l'enfant et le scientifique», indique la scénographe du MuséoParc Alésia

Clémence Farrell a dévoilé ce jeudi 11 février les grandes lignes de ce que les visiteurs pourront découvrir dans l'Auxois à partir de juin 2021. Les technologies numériques seront au service de la médiation de l'histoire de France et la mise en valeur de l'archéologie. Autre nouveauté : un escape game, «Furie d'Alésia».
Le futur du MuséoParc Alésia laisse évidemment poindre une place dédiée au siège de la bataille entre les guerriers gaulois fédérés par Vercingétorix et les légionnaires romains conduits par Jules César, en 52 avant notre ère. La ville gallo-romaine trouvera aussi son expression. «On replace l'archéologie au cœur du parcours», s'enthousiasme aussi Michel Rouger en présentant la nouvelle scénographie ce jeudi 11 février 2021.

Ayant reçu la mission de «surprendre le public familial», Clémence Farrell, qui dirige l'agence éponyme spécialisée dans les expositions immersives, entend placer «le visiteur au centre d'un univers», c'est à dire «plonger le visiteur dans l'histoire que l'on va raconter».

«La jubilation du divertissement et de la culture»


«Alésia est un mythe que l'on porte tous en nous», estime Clémence Farrell qui a travaillé sur d'autres mythes comme Jeanne d'Arc, le Titanic, l'Orient Express ou encore David Bowie. Il ne s'agit rien moins que de faire «la médiation de l'histoire de France» en faisant vivre «le musée et le parc» du MuséoParc afin de «plaire à un public familial et [de] plaire aux experts».

«On a les moyens d'étonner à la fois l'enfant et le scientifique», lance Clémence Farrell car «on est dans la jubilation du divertissement et de la culture». Elle s'est attaché le concours de Muséomaniac pour la conception audiovisuelle et multimédia.

Il est primordial de «faire sentir au visiteur qu'il est à l'endroit où ça s'est passé», insiste Clémence Farrell concernant la localisation de l'édifice, au pied du mont Auxois. En introduction, un «film en 360°» démêlera les clichés du visiteur débutant le parcours. Une façon de battre en brèche les fake news en quelque sorte.

La scénographe a choisi de s'appuyer sur l'architecture signée Bernard Tschumi en créant «une coursive du temps dans le bâtiment circulaire». En effet, après un temps de purgatoire idéologique, la chronologie fait son retour dans les musées. Il s'agira également d'accentuer la vue sur l'extérieur car «le paysage, c'est l'histoire du site».

«Faire un jeu vidéo sur les Gaulois et les Romains personne n'ose !»


Pas d'audioguide pour le nouveau parcours car cet instrument qui a fait florès tend à isoler les visiteurs les uns des autres. Il s'agit de fédérer les familles et les groupes au long du parcours. Pour cela, Clémence Farrell fera «parler des objets» avec des écrans transparents. Sous les traits d'une comédienne, une archéologue donnera des clés de compréhension aux visiteurs pour à la fois «incarner et susciter des vocations». Tout le parcours sera également proposé en anglais et en allemand.

La scénographe veut faire montre «de] culture et de science avec des dispositifs fun» et annonce des talking heads «comme chez Disney» avec notamment un étonnant come-back de Napoléon III, le premier à entreprendre des fouilles sur le site au XIXème siècle, aux côtés de Vercingétorix et Jules César.

Pour «un musée complètement novateur», la scénographe fait entrer les vidéo jeu vidéo au musée : «faire un jeu vidéo sur les Gaulois et les Romains personne n'ose !» grâce à un dispositif de type Kinect, le spectateurs pourra devenir Gaulois et Romain. «Je fais tout pour que ce musée devienne une référence mondiale en termes de médiation archéologique», assume Clémence Farrell qui espère attirer les visiteurs internationaux quand les déplacements reprendront.

Le développement de dispositifs facilitant l'accessibilité des personnes en situation de handicap sera profitable également aux valides comme les objets à toucher notamment mais il y aura aussi du braille, de l'audio. Une visite en langue des signes sera proposée sur tablette. Le MuséoParc a reçu le label Tourisme & Handicap.

Des Mandubiens à sainte Reine


Attachée de conservation du patrimoine au conseil départemental de la Côte-d'Or, Patricia Janeux explique que «le musée d'Alésia est devenu une réserve» depuis sa fermeture. L'intégration des collections du musée situé à Alise-Sainte-Reine va permettre de «faire tourner les collections». Plus de 600 pièces vont prendre place dans le MuséoParc Alésia, certaines n'ayant jamais été exposées.

Pour l'ouverture en juin, Patricia Janeux prévoit de montrer de très belles pièces comme une sculpture représentant la déesse mère d'Alésia – «qui a été présentée au Colisée à Rome», souffle-t-elle – ainsi que la dédicace de Martialis au dieu Ucuetis, l'inscription qui a donné le nom du village. Seront aussi exposées les nouvelles découvertes du site d'Alésia faites par les équipes de fouilles de l'université de Bourgogne et de l'université Paris I pour actualiser les connaissances du site.

Qui était là avant l'arrivée de Vercingétorix ? Qui était les Mandubiens installés sur le mont Auxois ? Patricia Janeux rappelle que le site d'Alise a été occupé depuis le Néolithique à nos jours sans aucune interruption. La chronologie partira donc des Mandubiens pour aller jusqu'au village actuel et même abordera la figure de Reine qui est devenue sainte.

«On arrivera à des collections quasi contemporaines», annonce Patricia Janeux. Cela au travers de l'exploration du mythe du Gaulois afin de mettre en balance les images et la réalité historique. Les visiteurs pourront découvrir que ce que porte la statue de Vercingétorix ne correspond pas à un armement d'époque.

Un escape game en extérieur


La startup Ohrizon crée «des expériences immersives et interactives pour s'adresser à tous les publics», explique son fondateur Lionel Guillaume. Un premier volet est déjà opérationnel depuis 2020 avec les quatre saisons du site archéologique comprenant «plusieurs niveaux de lecture pour faire passer du tas de pierre à la cité gallo-romaine».

Ohrizon a développé la «Furie d'Alésia», en référence tout à la fois aux furies antiques mais aussi à créations plus contemporaine comme le «Mad Max Fury Road». Il s'agit d'un escape game en extérieur qui immerge le visiteur dans «une histoire mi-fantastique mi-réelle» en mobilisant des compétences qui interviennent généralement dans la réalisation de films. Le joueur disposera d'une tablette et opérera sur l'ensemble du site de vestiges archéologiques.

Avec cet escape game accessible à partir de douze ans, le directeur du MuséoParc Alésia affiche l'objectif d'«élargir l'offre à toute la famille dont les ados».

Jean-Christophe Tardivon

«Il y a toujours une bonne raison pour venir se divertir ou se cultiver au MuséoParc Alésia»


Dans les coulisses du chantier au MuséoParc Alésia