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19/12/2020 05:26

CULTURE : Philippe Ramette invite à lever les yeux pour changer de point de vue

La sculpture de l'artiste bourguignon Philippe Ramette a été officiellement inaugurée ce vendredi 18 décembre. Ce «Point de vue» rejoint les œuvres d'art contemporain qui rythment l'espace public à Dijon. «Pas de provocation dans cette œuvre, un sujet de réflexion» a revendiqué François Rebsamen.

Une chaise vide à neuf mètres de hauteur telle est la vision prosaïque que l'on peut avoir au premier regard de la sculpture de Philippe Ramette dévoilée officiellement ce vendredi 18 décembre 2020. L’œuvre, qui invite à l'élévation autant qu'à la réflexion, prend place à l'angle du square des ducs, à l'arrière de l'ancien palais des ducs et des états de Bourgogne.

Le moment inaugural est empreint de sobriété et se déroule en petit comité, mesures sanitaires obligent, en présence de l'artiste. L'accompagnent François Rebsamen (maire de Dijon), Christine Martin (adjointe à la culture), Frédéric Buisson (directeur artistique de la galerie Interface) ainsi que des élues, des agents municipaux et des partenaires de l'opération.

Le «Point de vue» a déménagé

Le «Point de vue» de Philippe Ramette est déjà connu des Dijonnais. L’œuvre a été exposée plusieurs mois dans les jardins de la Banque de France, visibles depuis la rue des Godrans. L'institution financière tend à devenir un des hauts-lieux de l'art contemporain de Dijon grâce à la complicité de la galerie Interface qui assure le commissariat d'exposition des jardins (retrouver notre article).

De mai 2019 jusqu'à l'été 2020, le «Point de vue» a dialogué avec la façade néoclassique du XVIIème siècle de l'hôtel de la Toison et son toit de tuiles vernissées. En prenant place dans le square des ducs, les possibilités de confrontation entre l’œuvre et son environnement se multiplient. À l'ouest l'aile du palais des ducs de Bourgogne qui accueille aujourd'hui le pouvoir municipal, au sud la tour de Bar, au nord la flèche de Notre-Dame et les toits des habitations.

«L’opportunité de questionner notre regard sur la création contemporaine»


Le spectateur imaginaire qui prendrait place dans la chaise en hauteur regarderait vers le sud-est et pourrait contempler également le geste architectural contemporain d'Yves Lion, intégré au bâtiment du XIXème siècle lors de la seconde phase de rénovation du musée des Beaux-arts.

Il tournerait ainsi le dos au pouvoir spirituel, ne se préoccuperait guère du politique, fixant son attention sur le symbolique. À ses pieds, les rocailles typiquement fin-de-siècle d'un square qui a pris un coup de jeune au gré des retouches successives des années 2010. Autour de lui, des arbres bicentenaires.

Pour décrypter la poétique de cette sculpture, Interface explique que l’œuvre propose «une projection mentale vers un point de vue inaccessible. Une chaise installée en altitude offre l’opportunité de prendre position, de prendre part à la discussion, de questionner notre regard sur la création contemporaine confrontée de manière sensible au végétal, au ciel et au patrimoine architectural».

«L’œuvre doit dialoguer avec les citoyens»


«On souhaite que l'art contemporain puisse s'installer dans l'espace public» explique François Rebsamen pour évoquer l'action culturelle de la majorité municipale qui, elle-même, fait dialoguer socialistes, écologistes, centristes et radicaux.

«L’œuvre doit dialoguer avec les citoyens qui ont leur propre perception de l'art contemporain et qui acceptent ou pas, suivant l'endroit où c'est posé, suivant la manière dont c'est présenté, les œuvres d'art contemporain que l'on peut mettre dans l'espace public» constate le premier édile. Comment ne pas faire référence au «Jardin de poche» de Didier Marcel, affectueusement rebaptisé «l'arbre qui tourne» par les Dijonnais ? Des problèmes mécaniques ont facilité la décision d'exfiltrer cette sculpture de la rue de la Liberté.

«La culture, c'est aussi l'occasion de la confrontation, de l'échange et de la réflexion. Ce que je souhaite le plus, c'est que cette œuvre provoque des débats pour nous faire réfléchir. Pas de provocation dans cette œuvre, un sujet de réflexion» revendique le maire.

Imaginer une multitude de points de vue


Avant que l'artiste ne s'exprime, Frédéric Buisson rappelle que Philippe Ramette est originaire d'Auxerre et a étudié à Dijon. Un artiste qui assume son goût pour «les points de vue différents, les points de vue décalés».

Avec cette sculpture, Philippe Ramette explique qu'il s'agit d'«une douce incitation à proposer aux personnes qui le souhaitent la possibilité d'imaginer qu'il puisse y avoir une multitude d'autres points de vue face au point de vue qu'ils se sont construits».

Le square des ducs, une localisation idéale


L'installation de l’œuvre a été réalisée par l'entreprise Demongeot du groupe Roger Martin et coordonnée par les services techniques municipaux. La sculpture a été acquise auprès de la galerie Xippas. Acquisition et installation représentent un budget de 45.000 euros.

La localisation au niveau du square des ducs correspond «idéalement» au souhait de l'artiste. La chute d'un tilleul en 2015 côté Verrerie a ouvert une opportunité pour cette installation d'une nouvelle œuvre contemporaine à Dijon.

Jean-Christophe Tardivon