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24/06/2020 19:47

DÉCONFINEMENT : Le cinéma Eldorado à nouveau ouvert

C’est ce mercredi 24 juin que le cinéma indépendant Eldorado rouvrait ses portes, en mode post-confinement bien évidemment. Focus avec Infos-Dijon sur une structure qui croit en sa programmation Art et Essai.
L’ouverture des portes, pas seulement celle d’entrée au hall d’accueil mais aussi celles des salles jusqu’au début des séances, n’est pas faite avant tout pour aérer en raison d’une trentaine de degrés à l’extérieur. Le principe s’inscrit dans les mesures sanitaires mises en place à l’Eldorado. Avec du gel hydroalcoolique à disposition à l’entrée principale ainsi qu’à celle des WC, ou bien sur le petit présentoir des programmes.

«9 séances par jour au lieu de 18»


Le hall d’accueil a d’ailleurs dû être débarrassé du petit coin salon. Et dans les salles, le rythme de projections est moins soutenu. «On a réduit la voilure, pour l’instant on va dire… On passe de 6 séances quotidiennes par salle à 3, soit 9 séances par jour au lieu de 18. La première séance est à 15 heures et la dernière séance est à 21 heures. Aucune séance ne démarre en même temps qu’une autre», explique Matthias Chouquer, directeur de l’Eldorado.

230 places, 130 places, 48 places… C’est la capacité des trois salles. «Un fauteuil libre entre chaque groupe de personnes. Le masque est à enlever à sa place dans la salle». Les règles sanitaires sont là aussi appliquées.

«Les gens ont peut-être besoin d’autre chose que du Netflix»


Pour ce qui est de l’affluence, le directeur ne préfère pas faire de prévisions, même s’il assure avoir des échos plutôt positifs de la reprise d’autres cinémas lundi 22 juin. À l’Eldorado, où la moyenne était de 1.500 entrées par semaine avant le confinement, on mise sur la programmation spécifique Art et Essai, la dominante de ce cinéma. «Les gens ont peut-être besoin d’autre chose que du Netflix, d’aller voir un autre genre de cinéma», fait remarquer Matthias Chouquer, ajoutant toutefois que le cinéma populaire n’est pas rejeté pour autant.

Le film «La Bonne épouse» sorti au plus mauvais moment, mi-mars, est encore à l’affiche et c’était l’occasion pour Anne Boivineau de se faire une séance ce mercredi après-midi «avec une amie de cinéma que je retrouve», le sourire aux lèvres. Le manque de cinéma est exprimé mais «il était raisonnable d’attendre pour rouvrir».

«Les donneurs de leçon devraient réfléchir au fait que la situation est totalement inédite… Un mode d’emploi, je n’en connais pas. Ce que je sais, c’est que l’on peut faire le choix d’arrêter de vivre en restant chez soi ou alors sortir et porter son masque quand c’est nécessaire. Ici, je vais bien sûr le mettre», nous dit Evelyne dans ce même esprit sur la question d’une réouverture dans le bon timing.
Quant à ses goûts cinématographiques : «Je ne vais quasiment que dans les cinémas d’art et essai, et celui-ci j’y venais quand j’étais en fac, donc il y a 50 ans. Ces films-là ne sont pas creux je trouve, même s’ils sont plus ou moins légers. Certains diront que c’est du boboïsme ou du snobisme mais je ne suis ni bobo ni snobe. Je vais de temps en temps dans d’autres cinémas pour voir des films historiques, comme celui sur l’affaire Dreyfus».

La relance pour un beau centenaire en septembre ?


L’équipe de quatre personnes à l’Eldorado entend intégrer autant qu’il le faudra les gestes barrières, en espérant relancer l’activité et pouvoir monter en régime à la rentrée de septembre. «Nous avons réussi à tenir, notamment grâce au dispositif de chômage. On y verra plus clair en septembre je pense. Et on espère pouvoir fêter nos 100 ans à ce moment-là, que l’on devait les célébrer le 2 juillet prochain…», dit le directeur de l’Eldorado comptant sur ses atouts de «petite maison du cinéma avec un spectre assez large».

«Congo», «La communion», «Le capital au XXIe siècle», «Elephant Man»… font partie des films à l’affiche, cela dans un hall d’accueil auquel l’équipe a donné des coups de peinture. En salle, en plus de ces rafraîchissements, le shampouinage des moquettes et des fauteuils a été fait durant la période de fermeture.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier