
Du 6 septembre au 29 novembre, l'artiste proposera sa vision de fossiles issus des collections de géologie du musée.
L’artiste Laure Molina dévoile « Rapatriement » une exposition immersive du 6 septembre au 29 novembre 2025 au musée de Semur-en-Auxois, où ses dessins d’ammonites tissent un dialogue sensible entre science, art et cosmologie.
C’est à la suite d’une visite particulièrement revigorante dans le département de géologie du musée de Semur-en-Auxois que Laure Molina entame une série de dessins d’ammonites. En pleine pandémie, alors que le monde semble à l’arrêt, l’artiste perçoit dans ces êtres éteints depuis 66 millions d’années une énergie vitale qui la guidera, au fil de quatre années de fréquentation, dans une trajectoire artistique et métaphysique.
Plus qu’un relevé naturaliste, la série Trajectoires procède d’un dialogue sensible avec ces formes fossilisées, dont l’artiste révèle l’épaisseur temporelle et multidimensionnelle. Loin d’une représentation scientifique objectivante, ses dessins tracent une vision holistique en trois mouvements. Après un travail d’observation et de matérialisation minérale, Laure Molina déploie une utopie visuelle et méditative, évoquant la charge vibratoire des spirales et leur dérive vers le chaos. L’artiste explore enfin la dimension moléculaire des structures cristallines conservées dans les cavités palléales.
Sa méthodologie de recherche transdisciplinaire croise science, art, mémoire, cosmologie afin d’impliquer tous les niveaux de réalités. Des échelles micro et macroscopiques s’y entrelacent dans chacune des étapes de son travail. Elles sont portées par des forces centrifuges et centripètes qui tissent des ponts entre le sujet et l’objet, l’intérieur et l’extérieur, le passé et le présent. À l’instar du caractère défensif de la ville, l’installation agit comme un rempart ou une ligne de veille face au vertige des temps géologiques.
L’exposition Rapatriement opère ainsi un retour sur les origines modernes du Musée. Moins désireuse de s’imposer par la raison, l’histoire naturelle devient ici le support d’une pensée émotionnelle, non linéaire, post-dualiste et déhiérarchisée des savoirs.
Ses dessins figurent un déplacement du regard : de l’objet mort à la forme habitée, de l’archive au vivant, du musée à l’espace mental. En mobilisant cristallisation historique et affective, vortex cosmique et spirale moléculaire, l’artiste explore la matérialité du temps, qu’il soit cyclique, stratifié ou multidimensionnel.
Informations pratiques
Exposition du 6 septembre au 29 novembre 2025 – Vernissage le samedi 6 sept. à 11h
Musée de Semur-en-Auxois, 3 Rue Jean Jacques Collenot – 21140 Semur-en-Auxois
À propos de l’autrice du texteMarion Zilio est essayiste, enseignante, critique d’art et commissaire d’exposition française. Docteure en esthétique, elle est l’autrice de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Faceworld. Le visage au 21e siècle (2018, PUF), Le livre des larves (2020, PUF) et L’intrication des mondes (à paraître, PUF). Ses recherches actuelles portent sur les fictions techniques à travers un prisme intersectionnel, ainsi que sur les « écritures mobiles » et la manière dont celles-ci expérimentent divers points de vue et renégocient l’historiographie dominante. Elle est membre de l’Association française des commissaires d’exposition C-E-A et de l’Association Internationale des Critiques d’art - AICA-France, dont elle a été secrétaire générale de 2018 à 2024.
À propos de l’artisteArtiste française née en 1976, Laure Molina a vécu et exposé sur plusieurs continents. Son travail se compose de pièces, aux techniques multiples. Entre 1998 et 2004, Laure Molina a vécu en Amérique du Sud et en Amérique Centrale, conférant ainsi une base multiculturelle à son travail. Son objectif était de reconquérir les cultures amérindiennes par l’amour, l’art et l’ouverture et comprendre les clés du Nouveau Monde. Depuis son retour en Europe, en 2004, elle partage ses expériences grâce à son travail artistique composé par étape, qui lui permet d’explorer la question : comment sortir du dualisme ? Les processus créatifs mis en place proposent des pistes de réflexions pour en sortir.
Communiqué