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27/03/2022 18:28

DIJON : L'expertise du Jardin de l'Arquebuse sur la biodiversité

Depuis 2019, Agnès Fougeron est la directrice de l'équipement municipal nouvellement dénommé Jardin de l'Arquebuse. Ses missions d'acquisition de connaissances et de vulgarisation scientifique autour du lien entre changement climatique et préservation de la biodiversité sont confortées.
Apprécié des Dijonnais et des touristes, le jardin botanique de l'Arquebuse approche les 190 ans. Il a été fondé en 1833 et doit son nom à la compagnie des arquebusiers du roi, installée là au milieu du XVIème siècle. Après la Révolution française, la propriété revint à la commune.

Le site accueille toujours un jardin botanique, un arboretum, une roseraie, un muséum d'histoire naturelle et un planétarium désormais réunis sous la nouvelle appellation Jardin de l'Arquebuse reprenant la dénomination courante. Aujourd'hui, il évolue encore dans le voisinage de la Cité internationale de la Gastronomie et du vin.


Agnès Fougeron, directrice depuis 2019


Comme elle l'explique ce jeudi 24 mars 2022, Agnès Fougeron travaille depuis «plus de vingt ans» au sein de l'équipement, alors Muséum d'histoire naturelle de Dijon, dirigé par Gérard Ferrière.

L'élément fondateur qui a conduit à l'équipement actuel a été la fusion entre le muséum et le jardin botanique en 2001, suivie par la rénovation du planétarium en 2005. Après avoir été adjointe du directeur, Agnès Fougeron est devenue directrice lors du départ à la retraite de Gérard Ferrière, fin 2019.

Chemin faisant, sur le plan administratif le muséum a migré du pôle culture vers le pôle urbanisme et environnement. Aujourd'hui, le site accueille les bureaux de la direction de la biodiversité de la Ville et de la Métropole.

Le modèle dijonnais


Là où, il y a quelques années, les thématiques du climat, de la biodiversité et de l'alimentation étaient traitées séparément, l'influence des Conférences des Nations unies sur les changements climatiques – comme la COP 21 qui s'est tenue en France en 2015 – a fait que les deux thématiques sont maintenant liées.

Agnès Fougeron voit «monter en puissance les sujets environnementaux et, plus spécifiquement, de biodiversité» car «on sait, aujourd'hui, qu'un des leviers d'adaptation au changement climatique, c'est de prendre en compte la biodiversité en ville et la végétalisation».

«C'est unique [en France] d'avoir confié cette thématique biodiversité à un établissement tel que [le Jardin de l'Arquebuse], souvent c'est un chargé de mission ou une convention pluriannuelle avec une association», signale la directrice qui va accueillir prochainement des délégations de Villes venant se pencher sur le modèle dijonnais.

La botanique «au service des enjeux d'aujourd'hui et de demain»


Fort de son antériorité, le Jardin de l'Arquebuse associe histoire et science, en matière de botanique notamment. Selon la directrice, «les collections d'herbiers, c'est la biodiversité du passé, elles donnent sens à celle d'aujourd'hui. (…) Cette compétence de botanique, on la met au service des enjeux d'aujourd'hui et de demain».

Le Jardin de l'Arquebuse emploie 37 agents dont 8 jardiniers, un botaniste ou encore un entomologiste. Les espaces d'exposition représentent 1.250 m². La plupart des présentations sont réalisées en interne. Le parc de l'Arquebuse s'étend sur 5 hectares.

En 2019, l'équipement a reçu 120.000 visiteurs dont 20.000 élèves. «On est le musée des familles, on s'adresse à tout le monde», souligne la directrice qui ambitionne un retour à cette fréquentation en 2022. L'accès aux expositions permanentes ou temporaires reste gratuit.

Une expertise sur la biodiversité «fortement sollicitée»


Si l'établissement incarne aux yeux de la population les enjeux de biodiversité, les équipes mènent également des actions hors les murs pour apporter leur expertise aux acteurs citoyens ou aux associations sur les sujets de végétalisation de pieds d'arbre ou de jardin partagé.

«On est fortement sollicité», note Agnès Fougeron, «l'idée est d'accompagner une mobilisation et de faire savoir ce qui est possible». Ainsi, un jardinier a été recruté en ce début d'année 2022 pour renforcer l'équipe et, à l'occasion d'un départ en retraite, un poste a été réorienté sur la médiation scientifique.

Parmi ses partenaires réguliers, le Jardin de l'Arquebuse compte notamment l'université de Bourgogne et le centre de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) en Bourgogne-Franche-Comté.

Des nouveautés dans le parc


Lors d'un décompte temporaire, Agnès Fougeron a pu constater que «la fréquentation du parc était analogue à la rue du Chapeau-Rouge». À cela s'ajoute à présent, le nouvel accès par la passerelle prolongeant le passage Henri Vincenot de la gare Dijon-Ville, accès qui permet de rallier la Cité de la Gastronomie en traversant le parc.

Le parc labellisé Écojardin se doit donc de proposer à la fois un traitement urbain digne d'une rue du secteur sauvegardé en terme de gestion des déchets produits par les passants et un accueil les visiteurs en cohérence avec ses ambitions environnementales. Ainsi, les allées qui avaient été bitumées dans les années 1970 ont été récemment désimperméabilisées. De plus, l'accès PMR a été amélioré.

Par ailleurs, les statues ont été nettoyées. D'autres nouveautés se profilent et seront visibles avec la pousse de la végétation au cours du printemps. Si le principe du jardin à la française est conservé, quatre thématiques en lien avec l'alimentation et le vin sont en train d'être préparées pour un dévoilement officiel au mois de mai.

«On met de la botanique dans les verres et les assiettes», rappelle Agnès Fougeron. Le travail est effectué par le paysagiste Vincent Maillot en concertation avec l'expert des jardins du ministère de la Culture.

Les prochains rendez-vous sont l'ouverture au public de l'exposition «Miam ! Je mange donc je suis» le 2 avril, la Fête de la Nature le 22 mai et les Api Days pour fêter les abeilles le 26 juin.

Jean-Christophe Tardivon

Le renouveau du Jardin de l'Arquebuse


























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