Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> SORTIR, VOIR, ECOUTER, DECOUVRIR > Sortir, voir, écouter, découvrir
19/12/2020 20:51

DIJON : La Minoterie s’est adaptée hors les murs à l’approche de Noël

La scène conventionnée Art-Enfance-Jeunesse a finalement développé son festival de Noël dans les écoles. Une manière de répondre à la fermeture des structures artistiques et culturelles, encore et toujours par le spectacle vivant. Une station de radio a été installée au sein de la Minoterie pour permettre à l’art de pouvoir être diffusé.

Dans une année particulière, compliquée, le premier confinement a vu les forces vives de la Minoterie plancher sur des ateliers à distance mais aussi des adaptations concrètes en cas de reprise d’activité. Y compris au-delà des premiers temps du premier déconfinement.

Noël, en plusieurs scènes


Son festival de Noël aurait pu être annulé. Surtout que le deuxième confinement est tombé et bloquait ce début décembre souhaité festif et magique à la Minoterie.
«On a relancé l’aventure», dit Christian Duchange, directeur de la structure. Noël à la Minoterie s’est décliné «en plusieurs scènes».
«C’est la même envie de programmation mais elle se joue autrement et autre part». Les artistes et compagnies sont allés jouer leurs spectacles dans les écoles, à Dijon et plus largement en Côte-d'Or, évidemment selon des règles sanitaires travaillées avec le rectorat.
Si Christian Duchange regrette qu’on ne se soit pas posé la question plus tôt de la possibilité d’exporter les spectacles auprès des écoliers, dont on sait qu’ils sont un public moins fragile que d’autres face à la Covid, la programmation adaptée et développée a permis à la Minoterie de réaffirmer «l’importance, la place, la force de la culture sous toutes ses formes et de l’art sous toutes ses manifestations dans nos sociétés. Le spectacle vivant est une façon de s’émouvoir, de se construire, c’est vital pour les enfants. Et ça manque encore plus pour eux. Avec les artistes, on a aussi à faire à de l’humain, à des tisseurs de liens, des développeurs d’imaginaires.».

7 spectacles ont été proposés, pour 41 représentations, sans oublier 27 séances d’ateliers et de lectures. À la maternelle Champollion à Dijon, dans le quartier des Grésilles, le collectif Ubique a revisité le conte Hansel et Gretel pour le plaisir du groupe d’écoliers étant passé par toutes les émotions durant l’heure de représentation (photos publiées).
Le challenge a été relevé mais un constat le tempère : «On a touché 40% du nombre d’écoliers pouvant être accueillis à la Minoterie pour ce festival».

À l’oubli de la culture «dans les options politiques prises» note Christian Duchange, il évoque le sentiment d’injustice lié à la fermeture prolongée des lieux de culture. «Est-ce que les scientifiques ont de véritables indicateurs et sont tous d’accord sur les lieux de contamination les plus sensibles ?», s’interroge le directeur de la Minoterie, qui aimerait la même indulgence pour le secteur culturel qu’a eue le gouvernement pour l’économie. «Car la culture a aussi un poids économique».
Au nom de la Minoterie, Christian Duchange est signataire du référé-liberté pour la réouverture des lieux de culture, qui sera examiné par le Conseil d’État ce lundi 21 décembre.

La Sonothèque des Invisibles


«Fermée mais pas inactive». C’est selon ce leitmotiv que la Minoterie a passé une bonne partie de l’année 2020. La structure a dû certes recourir à des mesures de télétravail, chômage partiel voire chômage technique, des spectacles ont dû être supprimés, mais les accueils d'artistes en résidence ont pu être maintenus. Sauf que la visibilité des travaux, proposés au public sous la forme d’aperçus, fut réduite.

La structure culturelle s’est alors  installée un studio de radio pour lancer sa Sonothèque des Invisibles. «Les acteurs de la saison 2020-2021 - artistes, compagnies, troupes amateurs concernés par ce nouvel épisode de confinement - se joignent à l’équipe de La Minoterie pour composer des histoires sonores, fruit de leur travail resté aux portes de la salle de spectacle. Un studio d’enregistrement éphémère a vu le jour dans les locaux de La Minoterie afin de créer une série de podcasts pour atteindre le public familial». Christian Duchange ajoute : «C’est quelque part une manière de garder des traces des spectacles».
15 enregistrements de contes, d'histoires, de spectacles entiers, de morceaux et d’interview «pour séduire les oreilles des plus éloignés» ont été réalisés.

Dans un contexte où les établissements et projets culturels souffrent, la Minoterie fait donc en sorte d’exister, en exportant les propositions qu’elle accompagne et qu’elle promeut, à un public d’enfants mais aussi plus largement familial qu’elle espère revoir «le plus vite possible».

Au sein de la structure, les 8 équivalents temps pleins ont pu être conservés grâce aux dispositifs nationaux. Il n’empêche que des pensées sont exprimées par le directeur pour les intermittents et les compagnies artistiques.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Retrouvez les podcasts de la Sonothèque des Invisibles en cliquant ici