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07/04/2024 13:22
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DIJON : «Molière, le spectacle qui rend les gens heureux», assure Dove Attia

«Molière, l’opéra urbain» fait une halte au Zénith pour trois représentations, les 13 et 14 avril. Ce spectacle musical d'un nouveau genre réunit sur scène des chanteurs, slammeurs, danseurs, et comédiens dans des décors et costumes du XVIIème siècle. Rencontre avec son créateur, le producteur de comédies musicales Dove Attia.
Le spectacle raconte l'histoire d'un homme qui renonce au confort matériel et au prestige de la charge de Tapissier du Roi pour créer aux côtés de la femme qu'il aime une troupe de théâtre. Mais la route du succès sera très longue et les obstacles seront nombreux. Molière va devenir un auteur libre qui va révolutionner l'écriture de la comédie. Il paiera très cher sa liberté en affrontant l'hypocrisie de la société et l'adversité de ses concurrents.

Plus de 400 ans après la naissance de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, une comédie musicale autour de sa vie voit le jour, tiré de l’imagination d’un homme qui a déjà, à son actif, les spectacles comme Le Roi Soleil, Les dix commandements ou encore Mozart l’opéra rock.


Pourquoi le choix de Molière ?


Dove Attia : «En fait peu de gens connaissent la vie de Molière. Tout le monde connait ses œuvres, avec le côté chiant. Comme tout le monde, je me souviens à l’école des pièces qu’il fallait jouer sur l’estrade devant toute la classe, mais c’était affreux. Alors que sa vie est fabuleuse. C’est la première rock star de l’histoire. A 20 ans, il a le choix entre tapissier du Roi c’est-à-dire l’héritage de son père, ou suivre son grand amour avec la comédienne Madeleine Béjart. Il fera le choix d’abandonner la sécurité du métier familial. Il se fâchera avec son père en refusant cet héritage pour devenir comédien. Une véritable humiliation familiale. En plus, être comédien à l’époque, c’était faire un métier maudis. Ces premiers spectacles seront des fiascos qui l’emmèneront rapidement en prison. Plus tard sous la protection de Louis XIV, le succès arrivera avec notamment, Les précieuses ridicules. Mais rien ne sera simple. Avec L’école des femmes, une pièce féministe avant l’heure, il se fera pleins d’ennemis. Voilà en quelques mots ce que j’ai voulu mettre dans ce spectacle, avec bien sûr ces amours scandaleux jusqu’à sa chute lorsque le Roi l’abandonne. Et puis sa mort sur scène, enfin presque sur scène, avec le Malade imaginaire»

«La musique casse les codes de la comédie musicale»


«La tendance musicale n’est pas Rap comme j’ai pu le lire, mais c’est du slam, à la manière de Grand Corps Malade. C’est avant tout un opéra urbain avec des chansons et de grandes mélodies, il y en a 52 au total. Mais les dialogues sont remplacés par du slam, c’est ce qui donne ce rythme très original. En fait, le style et la musique cassent les codes de la comédie musicale. Ce qui fait que ce spectacle est aimé par des personnes de 80 ans, et par des jeunes de 20 ans. J’ai même eu des classes de CM2 qui sont venus et ont applaudi des deux mains.»

Le rôle de Molière


«Il m’a fallu plus d’un an pour le trouver. Je voulais un Molière qui chante super bien, qui danse et joue la comédie. Il me fallait aussi le côté Jean-Paul Belmondo dès le premier acte pour des figures acrobatiques. Molière c’est un chef de troupe, charismatique, généreux. On a vraiment cherché jusqu’au jour où j’ai rencontré un comédien au Québec. J’ai dit, c’est lui, c’est lui qu’il me faut. Et aujourd’hui je confirme que j’ai fait le bon choix en la personne de Tommy Tremblay, dit PetiTom. Si vous ne le connaissez pas, allez sur ses réseaux sociaux, c’est un comédien complet et tellement solaire»

Un spectacle pédagogique


«Tous mes spectacles sont pédagogiques. Pour moi, il y a deux choses importantes. La première est de respecter l’histoire, et pour ce spectacle je ne voulais pas trahir Molière. Alors bien sûr c’est un divertissement, ce n’est pas un cours d’histoire, mais l’esprit Molière est bien là. Et puis la deuxième chose, il faut toujours qu’il y ait un message. Je veux que le spectateur sorte de la salle enrichi, qu’il ait appris quelque chose sur l’histoire de France. Et je peux dire que depuis le lancement de cette comédie musicale, de nombreux spectateurs se sont plongés dans la vie de Molière»

Un spectacle identique en Province


«Ça a toujours été ma devise pour tous mes spectacles, aussi gigantesque qu’ils pouvaient l'être. Je veux que le spectacle joué à Paris soit identique en Province. Je ne veux pas de comédies musicales au rabais en région. Mais là, quand j’ai vu le décor final, j’ai dit : wouha ! c’est encore plus grand que le Roi Soleil avec des passerelles qui bougent de tous les côtés, et là je me suis dit, mais comment on va transporter tout ça ? Sans compter les quelques 300 costumes. Mais que les dijonnais se rassurent, la solution a été trouvée.(Rire)» 

«Dijon, une ville d’une grande beauté» 


«Je ne fais pas toutes les villes de la tournée, mais depuis que j’ai commencé ce métier, je n’ai jamais raté les tournées de cette partie Est de la France et notamment les dates à Dijon. J’ai plusieurs fois été me balader à Dijon, vous avez une ville d’une très grande beauté. La région avec ses vignes est magnifique. J’ai aussi un souvenir un peu douloureux lors de la tournée du Roi Soleil dans votre région. On était dans les couloirs du Zénith, et pour passer le temps on jouait au foot. Et un jour, pendant l’entracte, Christophe Maé a tapé dans le ballon et s’est cassé une jambe. Il n’avait pas de doublure, il a fallu trouver un remplaçant au pied levé. C’est finalement Mehdi Kerkouche, un stagiaire danseur, qui a remplacé Christophe au deuxième acte. J’ai dû l’annoncer sur scène avant la reprise du spectacle. Mehdi Kerkouche qui depuis est devenu un des meilleurs chorégraphes français»

                                                                                                                                                                       Norbert Banchet
                                                                                                                                                                      Photo : NB


Molière, le spectacle musical – Zénith Dijon

- Samedi 13 avril 2024 à 15h et 20h30
- Dimanche 14 avril 2024 : 15h
Infos et réservations : Points de vente habituels 
 





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