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24/11/2021 17:22

DIJON : «One, Two, Three», l’émancipation des femmes algériennes célébrée

En pleine victoire de l’Algérie à la Coupe d’Afrique des Nations en 2019, la photoreporter Sabrina Dolidze s’est intéressée à la place des femmes dans ces célébrations. L’exposition est en place à l’hôtel Despringles jusqu’au 5 décembre dans le cadre du festival Les Nuits d’Orient.
Le 19 juillet 2019, l’équipe nationale d’Algérie battait le Sénégal (0-1) et remportait la Coupe d’Afrique des Nations. L’engouement populaire du football, au sens positif du terme, n’ayant pas de frontières, la victoire était célébrée jusque sur la place de la République à Dijon.

«J’ai vu des femmes de tous âges prendre place sur un lieu symbolique»


Photoreporter française, Sabrina Dolidze «ne voulait pas faire un sujet sur le foot». Ce qui l’intéressait, à l’image d’autres de ses travaux, c’était de se focaliser sur la place des femmes.


Ayant commencé à suivre les célébrations autour du parcours de l’équipe d’Algérie au soir du 8ème de finale remporté face à la Guinée (3-0), la photographe se rappelle : «J’ai été attirée par la présence des femmes sur un sport qui peut paraître masculin. J’ai vu des femmes de tous âges prendre place sur un lieu symbolique, prendre place en société. Je les ai trouvées belles, souriantes, épanouies et à la fois dignes, gardant une certaine pudeur dans ces célébrations. J’ai pu voir aussi une joie progressive jusqu’à l’explosion».
Sur ces propos, Sabrina Dolidze attire notre attention sur une photographie faisant ressortir une jeune femme algérienne le poing ferme levé à bord d’une voiture, avec des hommes en spectateurs.

Vingt photos sont exposées dans la salle des actes de l’hôtel Despringles jusqu’au 5 décembre. Toutes en noir et blanc, «pour enlever le côté foot et actu» et ne garder que l’essence même du travail développé, «intemporel».

On peut retenir par exemple l’embrassade pleine de tendresse d’un homme pour sa maman, une femme qui ne veut vraisemblablement pas rater une miette des festivités, smartphone à la main et batterie portative dans l’autre, ou bien ces trois jeunes filles, drapeau algérien sur le dos, sur lequel leurs nattes ou queues de cheval détonnent quelque peu et nous entraînent à sourire de cette originalité.

Scènes de liesse et subtilités, Sabrina Dolidze nous les présente avec beaucoup de force.

L’espace public appartient également aux femmes algériennes


Vendredi 19 novembre 2021, le vernissage de cette exposition a permis à Christine Martin, adjointe au maire de Dijon déléguée à la culture, d’exprimer son «ressentie de citoyenne face à ces femmes qui occupent l’espace public avec l’envie de célébrer, voilées ou pas, ce n’est pas du tout le problème».
Christine Martin voit avec joie «ces femmes occuper un espace public qui leur appartient également». Cela contre des préjugés qui ont la dent dure, mais aussi pour réaffirmer que la lutte, à différents degrés, à différentes échelles pour l’émancipation des femmes, doit se poursuivre.

Les «histoires qui se mêlent, le partage de générations» sont aussi soulignés. L’occasion pour l’élue municipale d’insister sur le sens du festival Les Nuits d’Orient. «C’est un festival qui vient raconter la richesse du partage, la richesse de la fraternité, c’est aussi ce que dit cette exposition. Alors que nous sommes dans une société qui est en train de se fracturer et de se diviser, car certains ont intérêt à la fracturer. Il s’agit de raconter les histoires de tout ce qui nous rassemble, au travers de toutes nos sociétés et de toutes nos cultures».

Sensible également en raison de ses origines géorgiennes et de son parcours à la structuration de l’identité, les propos de conclusion de Sabrina Dolidze prennent d’autant plus de relief : «Je suis très attachée au fait que l'on vienne tous d’ailleurs et qu’on porte avec nous nos identités et nos vécus, nos marques que l’on remodèle dans l’espace dans lequel on est. Ça me touche par rapport au chemin que de nombreuses familles font parce qu’elles n’ont pas d'autre choix que de quitter leur pays. Les mémoires de nos pays d’origine deviennent des mélanges et des forces dans d’autres pays».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

L’exposition «One Two Three, Viva l’Algérie (au féminin)» est visible à l’hôtel Despringles, salle des actes (51 rue Monge), jusqu’au dimanche 5 décembre. Ouverture du mercredi au vendredi de 15h à 19h, samedi et dimanche de 10h à 19h. Fermeture les lundi et mardi. Présence de la photographe le samedi et dimanche. Entrée gratuite. Passe sanitaire demandé à l’entrée.
Plusieurs rendez-vous musicaux et littéraires sont donnés autour de l’exposition. Plus d’informations à retrouver dans le programme des Nuits d’Orient en cliquant ici.

Les Nuits d’Orient vont «raconter une histoire de partage de cultures et de fraternité»,

affirme Christine Martin











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