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11/06/2024 13:26
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EXPOSITION : «Une si douce mélancolie, portraits de famille à l’époque romantique»

Jusqu'au 22 septembre, le château de Bussy-Rabutin propose une immersion temporelle au cœur de la douce mélancolie, qui marque le romantisme, et de découvrir les œuvres de la peintre dijonnaise Sophie Rude.
Le Centre des monuments nationaux propose au château de Bussy-Rabutin l’exposition « Une si douce mélancolie, portraits de famille à l’époque Romantique » du 1 er juin au 22 septembre 2024. Elle a été placé sous le commissariat de Mr François-Xavier Verger, administrateur du château de Bussy-Rabutin et Mr Jean-Louis Janin-Daviet, scénographe.

Cette exposition invite le public à entrer dans l'intimité d'une famille au XIXe siècle, par une sélection de portraits mis en scène au milieu d'objets, médailles, livres, vaisselles, meubles contemporains et costumes, créant une immersion temporelle au cœur de cette douce mélancolie, qui marque le romantisme.


Les œuvres exposées appartiennent au château de Bussy-Rabutin (Fonds Sarcus) et à des collectionneurs-prêteurs privés, passionnés par cette époque ; les portraits proviennent pour une grande part des collections du château abbatial de Moutiers-Saint-Jean. Tous dialoguent pour restituer un intérieur aristocratique né de la grammaire des styles de la Restauration.

Alors que prennent fin les guerres et leurs nombreuses victimes et que se développe l'épidémie de tuberculose, la jeunesse se prend de mélancolie, subie ou choisie. Les portraits de cette époque reflètent cet état d'âme à la mode. Les artistes cherchent dorénavant à exprimer les sentiments de leurs sujets, l'esprit de famille et cette mélancolie caractéristique du Romantisme.

Avec ces œuvres, le visiteur entrevoit donc un aperçu intime de la vie quotidienne des foyers de l'époque : elles mettent en lumière les liens familiaux, les modes vestimentaires des personnages.

Ces tableaux de l’époque romantique se révèlent pleinement lorsqu’ils s’insèrent dans un décor proche de celui qui leur fut familier ou qui le suggèrent. De mystérieuses correspondances naissent alors entre les œuvres peintes qui ornent les murs, les vitrines, le mobilier et les objets qui agrémentent la vie quotidienne. C’est pourquoi le parti a été pris de proposer l’exposition au premier étage de l’aile Sarcus, famille qui racheta le château au début du XIX e siècle et dont les appartements ont été récemment rénovés et ouverts à la visite.

C’est donc à travers de nombreux portraits de famille, des gravures, des dessins, des objets, du mobilier, des médailles et des costumes que le château de Bussy-Rabutin propose aux visiteurs de voyager cet été au cœur du Romantisme.

Le portrait de famille au XIX e siècle

Le XIX e siècle, comme les siècles passés, voit se développer un goût immodéré pour le portrait dans l'aristocratie naturellement et désormais dans la bourgeoisie. Les artistes cherchent dorénavant à exprimer les sentiments de leurs sujets, l'esprit de famille et cette mélancolie caractéristique du Romantisme.

Une nouvelle forme d’art apparaît alors : le portrait de famille. La bourgeoisie, tout particulièrement, veut par ce biais laisser à la postérité l’image de sa réussite économique et sociale. À défaut d’appartenir à une noble lignée, elle célèbre la famille, clé de voûte de ce nouveau modèle bourgeois. L’enjeu est alors de se fabriquer une image en même temps que de se construire une généalogie, une légitimité historique.

Pour un peintre, un portrait n’est pas anodin : il nécessite des séances de poses plus ou moins longues en compagnie de son ou ses modèles. C’est donc toujours le fruit d’un échange privilégié entre l’artiste et son commanditaire. Il est donc nécessaire de décrypter le langage silencieux qui émane de ces œuvres. Elles restituent un instant de vie et sont toujours imprégnées d’une forte charge affective : sans exception, elles sont nées du désir de laisser de soi à ses proches, à des êtres chers, une trace de son passage. On revêt ses plus beaux atours, on choisit avec le peintre un cadre approprié dans lequel on souhaite poser.

Les artistes de l'époque cherchent à capturer l'essence même de leurs sujets, en révélant leur personnalité et leurs relations familiales à travers des poses soigneusement étudiées et des arrière-plans très détaillés.

Lumière sur Sophie Rude (1797 - 1867)

Femme peintre, Sophie Rude, née Fremiet, est longtemps restée méconnue, éclipsée par les succès de son époux, François Rude (1784-1855), l’un des grands sculpteurs romantiques, auteur du Départ des Volontaires de 1792, qui orne l’Arc de triomphe à Paris.

Native de Dijon, elle est issue côté maternel d’une famille d’artistes. Comme toutes les femmes à cette période, elle ne peut prétendre à l’enseignement artistique officiel. Toutefois, grâce à ses relations familiales (son père est un amateur d’art éclairé et membre de l’Académie de la ville), elle suit des leçons particulières au domicile d’Anatole Devosge (1770-1850), ancien élève de David et fils du fondateur de l'École de dessin de Dijon, qui lui transmet des principes néoclassiques en l’initiant au dessin et à la peinture.

A la chute du premier Empire et au retour des Bourbons sur le trône en 1815, la famille Fremiet, bonapartiste, doit fuir et s’installe à Bruxelles. La jeune artiste poursuit alors sa formation dans l’atelier du peintre Jacques-Louis David (1748-1825), également exilé ; elle exécute des copies d’après son maître et commence à exposer au Salon de Bruxelles en 1818. Grâce à l’appui de son mentor, qui la reconnaît comme une de ses brillantes élèves, Sophie obtient des commandes officielles : décor pour des monuments au roi, portraits de commande à l’influence davidienne.

C’est dans cette ville, en 1821, que Sophie épouse François Rude également originaire de Dijon et protégé de son père, Louis Fremiet, qui avait suivi sa famille en exil. De cette union, naît un seul enfant, Amédée, décédé à l’âge de huit ans.

Le couple travaille en commun sur certains chantiers comme le décor du pavillon de chasse pour le prince héritier d’Hollande à Tervueren. Sophie y réalise les peintures (détruites par un incendie) accompagnant les bas-reliefs de son époux. Elle délaisse rapidement les sujets historiques et mythologiques (Ariane à Naxos, Dijon), où affleurent les prémices de sa sensibilité pré-romantique, pour se consacrer au portrait.

En 1827, la situation politique s’apaise en France ; le couple s’installe alors à Paris et ouvre un atelier rue d’Enfer. Sophie expose au Salon, la même année, le portrait de sa sœur ; animée d’un grand sens de la famille, elle portraiture ses proches, leurs amis bourguignons qui viennent souvent à leur domicile parisien, mais également la bourgeoisie de la capitale.

Comme le montre ce très bel exemple, présenté dans l’exposition et issu de la collection du château de Moutiers-Saint-Jean, cette artiste s’illustre par des portraits intimes et bourgeois d’un réalisme élégant, en apportant un soin particulier à l’expression psychologique de ses modèles.

Cette « Dame au châle de dentelle » observe le spectateur avec une profonde bienveillance, son regard est empreint d’une grande douceur mais reflète également cette mélancolie inhérente au Romantisme. Elle pose de manière décontractée, accoudée à une console dorée. Un soin tout particulier a été apporté au rendu de son châle en dentelle.

Informations pratiques :
Du 1er juin au 22 septembre
Horaires habituels du monument
Tarif : droit d’entrée du monument
Livret-jeu à disposition à l’accueil.
Visite thématique « Une histoire du portrait » : Dimanche 21 juillet et 11 août à 15h. 16,50 euros par adulte, gratuit -18 ans. Sur réservation.
Atelier Portrait Pop-Art au château : Samedi 13 juillet et 10 août à 14h30. 6 euros par enfant.
Sur réservation.

Comité d’organisation :
Commissaire d’exposition :
M. François-Xavier Verger, administrateur au château de Bussy-Rabutin
Scénographie et commissaire d’exposition :
M. Jean-Louis Janin Daviet

Informations pratiques

Château de Bussy-Rabutin
13 rue du château
21150 Bussy-le-Grand
Tél. 03 80 96 00 03
chateau-de-bussy-rabutin@monuments-nationaux.fr
www.chateau-bussy-rabutin.fr

Horaires
Ouvert tous les jours
Du 15 mai au 14 septembre : de 9h15 à 13h et de 14h à 18h
Du 15 septembre au 14 mai : de 9h15 à 12h et de 14h à 17h
Fermé le 1 er janvier, 1 er mai, 1 er et 11 novembre et 25 décembre
Tarifs
Tarif individuel : 9€
Tarif groupe : 7€50
Jardin uniquement : 4€
Gratuité
Moins de 18 ans (en famille et hors groupes scolaires)
18-25 ans (ressortissants de l’Union Européenne et résidents réguliers non-européens sur le
territoire de l’Union Européenne)
1er dimanche du mois de janvier à mars et de novembre à décembre
Personne handicapée et son accompagnateur
Demandeur d’emploi, sur présentation d’une attestation de moins de 6 mois, bénéficiaires RMI, RSA, aide sociale
Journalistes

Offre de visite
Visite libre
Visite libre du château avec document de visite en français, anglais, allemand, italien, néerlandais, espagnol.
Visite libre du parc avec document de visite en français, anglais et allemand.
Durée : 45mn à 1h30.

Visite commentée
Visite commentée du château en français du 1er avril au 31 octobre et pendant les vacances scolaires à 10h30 et14h30 ;
15h30 : uniquement en juin, juillet et août – sans supplément au droit d’entrée.
Durée 45mn/1h
Visite conférence-groupe
Visite conférence sous la conduite d’un guide-conférencier du Centre des monuments nationaux, en français ou en anglais.
Durée : 1h à 2h selon les thématiques choisies
Réservation obligatoire sur chateau-de-bussy-rabutin@monuments-nationaux.fr
Activités en famille
Ateliers, jeux et visites spéciales famille, sous la conduite d’un animateur du Centre des monuments nationaux pendant les vacances scolaires
Durée : 1h à 2h ;
Informations et réservations sur chateau-de-bussy-rabutin@monuments-nationaux.fr ou au 03 80 96 00 03

Accès
De Paris ou Beaune : A 6, sortie Semur-en-Auxois D 980 jusqu'à Semur-en-Auxois, puis D 954.
De Dijon : N 71 vers Troyes jusqu'à la D 6, puis D 19 jusqu'à Villeneuve-les-Convers et D 954 jusqu'au château de Bussy-Rabutin.
Coordonnées GPS : Latitude 47.5612, Longitude 4.5250

Communiqué



Photographies Jean-Louis Janin Daviet et Centre des musées nationaux


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