Recherche
> SORTIR, VOIR, ECOUTER, DECOUVRIR > Sortir, voir, écouter, découvrir
27/06/2020 21:02

MÉDIAS : Almaz Papatakis en guest-star avec Diversité FM

La comédienne - ayant joué quelques épisodes dans «Plus Belle La Vie» - et chanteuse était l’invitée de la radio et devrait revenir animer des ateliers avec de jeunes dijonnais.
Almaz Papatakis, parisienne de 29 ans, est la nièce du réalisateur et producteur Nikos Papatakis.

Après avoir suivi une formation d’art dramatique, elle décroche un rôle dans «La Fille publique» de Cheyenne Carron. Avant, l’année suivante, de tourner dans quelques épisodes de «Plus Belle La Vie»… Mais c’est vers la musique que se tourne davantage Almaz Papatakis. D’abord avec son groupe EPTA puis désormais en solo.

Au centre de deux journées de promotion organisées par la radio basée à Montbard et à Dijon (siège social), Diversité FM, et l’agence Dans Ta Face Promotion, nous avons pu échanger avec l’artiste, qui prépare actuellement un troisième EP et qui entend continuer à se faire plaisir dans le rap, en parallèle de son activité de monteuse et réalisatrice sur des projets musicaux.

Malgré votre formation de comédienne, vous vous orientez plutôt vers la musique aujourd’hui, non ?

«C’est en fait parti d’une rencontre avec Calypso Buijtenhuijs, pour qui j’avais écris un texte et avec qui j’avais partagé un concert (le clip «Paris» du groupe EPTA à retrouver sur YouTube en cliquant ici). Nous avons partagé un concert un peu hybride, mélangeant rap et slam… J’ai trouvé en fait progressivement que j’avais beaucoup plus de libertés dans la musique, au lieu de passer des castings pour des rôles qui ne me conviennent pas forcément. C’est beaucoup de prise de tête quand même.
J’essaie toujours de décrocher des projets en tant que comédienne mais disons que oui, je m’investis plus dans le musique.»

Est-ce difficile encore aujourd’hui de faire du rap en tant que femme ?

«En fait, je pense que tout est plus difficile quand tu es une femme. Après, je fais aussi un rap hybride, un mélange de rap, de slam, de chant, avec des influences pop dans les instru… Les hommes détestent que je dise que je fais du rap, mais c’en est techniquement pourtant. C’est difficile à la fois d’être une rappeuse et de faire du rap un peu plus original, qui sort des clichés…
Je fais part de mes sentiments, mes désirs, mes relations amoureuses. Ce n’est pas du rap engagé ni féministe mais ça le devient car au final on n’a pas l’habitude d’entendre une femme s’exprimer ainsi, sans tabou. C’est pas habituel dans le rap. Le machisme dans le rap est toujours présent. Je le vois lors des open mic. Ils ne nous prennent pas très au sérieux.»

Quelles sont vos influences musicales ?

«Pour ce qui est américain, je retiens Les Fugees, Eminem, Nas, Wu-Tang Clan, Jay Z… Pour ce qui est du rap français, c’est pour moi IAM, NTM, Lunatic, Kery James, Dooz Kawa…
L’art, c’est pour moi la sublimation d’une technique. Quand tu n’es pas capable de chanter sans micro auto-tuné, c’est que tu n’es pas rappeur. Il y a une petite arnaque à ce niveau-là dans ce qui se dit nouveau rap aujourd’hui. C’est un style qui marche mais ce n’est pas mon truc. En France, on ne se rend pas compte des performances que nécessite le rap.»

«La musique me permet d’expérimenter sans forcément rentrer dans les codes»


Quels sentiments vous évoque le mot Diversité ?

«C’est une force. Prendre ce mot brut, c’est un peu fourre-tout. Mais pour moi, c’est le mélange, à l’image de mes origines françaises, italiennes, grecques et éthiopiennes.
Dans mon prochain EP, j’ai d’ailleurs bien envie de mélanger les styles, beaucoup plus que sur les précédents. L’hybride, c’est chouette et c’est plutôt bon signe de s’inspirer de choses différentes. La musique me permet justement d’expérimenter sans forcément rentrer dans les codes.
On prépare d’ailleurs le tournage d’un clip issu de l’EP Derm avec un circassien, une manière de parler de l’égotrip avec la gestuelle, le lyrisme et la poésie. Tout en voulant sortir de l’égocentrisme se résumant au " Moi je "…»

Pour faire le parallèle avec certaines déclarations d’artistes dernièrement, pensez-vous que c’est aussi leur rôle de s’exprimer sur des sujets tels que le racisme dit sociétal ?

«Chacun peut le faire évidemment. Personnellement, j’ai des opinions que je ne saurais pas forcément bien défendre donc je n’ai pas envie que ma parole puisse être mise en cause. Surtout que je peux avoir des opinions assez tranchées.»

Un rôle dans la série «Plus Belle La Vie», un plus ou un handicap ?

«Honnêtement, je pense que les gens ne s’en rappellent même pas… Et franchement, on ne va pas cracher sur un cachet. C’était une expérience comme une autre.»

Vous serez de retour à la rentrée de septembre à Dijon pour des ateliers de théâtre, non (auprès de jeunes des MJC du territoire) ?

«L’idée est d’animer des cours de jeu théâtral, devant la caméra. Je peux apporter aux jeunes tout ce que j’ai appris durant mes sept années de cours. Dans des ateliers amateurs comme ça, le jeu est vite amusant et drôle. L’enthousiasme vient assez bien».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Le clip «Epiderme» :





Almaz Papatakis (au centre), aux côtés d'Angie Lecomte et de Cédric Tarteret, animatrice et responsable de la radio montbardoise Diversité FM (103.9)