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27/06/2020 19:51

MUSIQUE : La Générale d'expérimentation fait sonner le jardin de la Banque de France

L'«Horloge musicale» de Jean Dupuy a rythmé la journée des passants de la rue des Godrans ce samedi 27 juin à Dijon. Une performance organisée par Why Note dans les jardins de la Banque de France.
Jouer une pièce musicale d'une minute tous les quarts d'heure entre 10 heures et 18 heures, c'est le défi lancé aux musiciens de la Générale d'expérimentation qui revendiquent tous «des parcours singuliers loin des chemins balisés du musicalement correct et de l’industrie musicale» et constituent «un laboratoire de recherche musicale et sonore, où l’on peut mixer improvisation et composition, acoustique et électronique».

La performance de ce samedi 27 juin 2020 est le fruit d'une collaboration entre la galerie Interface et le centre de création musical Why Note. Interface assure le commissariat de l'exposition des œuvres dans le jardin de la Banque de France : la sculpture en acier Corten «Here» de Jean Dupuy et la sculpture sous la forme d'une chaise inaccessible «Point de vue» de Philippe Ramette.

En fond de scène, le bel hôtel de la Toison, construit au XVIIème avec une façade de pur style néo-classique et un toit de tuiles vernissées. Acquis en 1855 par la Banque de France, le bâtiment accueille à présent le siège régional de Bourgogne-Franche-Comté. En front de scène, la grille qui, depuis 2015, sépare le jardin de la rue des Godrans après que le mur a été abattu. Et là, les passants qui ne s'attendent pas à ce que résonnent les notes d'une performance.

Une note par seconde pendant une minute


«On a réfléchi à ce qu'on pouvait imaginer dans cette période particulière de distanciation physique» explique Nicolas Thirion, directeur artistique de Why Note et spécialiste des dispositifs électroniques au sein de la Générale d'expérimentation. D'où un mode de présentation adapté aux conditions sanitaires, non seulement pour la sécurité des musiciens mais aussi des spectateurs avec des temps d'expression musicale très courts pour éviter de former un attroupement parmi les passants de la rue des Godrans.

C'est une version performance d'une des pièces composées par Jean Dupuy, «Horloge musicale», qui a été retenue. Elle repose sur le principe de l'alphabet : des mots sont associés aux lettres qui indiquent les notes en anglais, de A à G, et forment des anagrammes. Chaque musicien joue «une note par seconde pendant une minute». Des musiciens qui se retrouvent donc «un peu en cage mais dans une cage très dorée» s'enthousiasme Nicolas Thirion, ravi de jouer dans ce site exceptionnel.

La performance est réalisée en alternance par Diane Blondeau, Nicolas Thirion, Mathilde Verguet, Armand Louet, Mickaël Sévrain, Baptiste Chatel et Yoann Piovoso sous le regard bienveillant de Juliette Tixier, chargée de communication de Why Note.

«Avoir une présence musicale un peu décalée»


«L'idée est de faire sonner l'espace et d'avoir une présence musicale un peu décalée» souligne le directeur artistique. «On ne voulait pas faire quelque chose d'envahissant pour les commerçants mais de faire une ambiance très régulière et de marquer le temps qui passe toute la journée» ajoute Nicolas Thirion.

Plus proche de l’installation sonore que du concert, cette horloge musicale est à envisager comme une mise en son à intervalles réguliers d'un espace public, comme un écho aux œuvres exposées dans le jardin. Effectivement, dès les premières itérations, les badauds s'arrêtent, écoutent et certains interpellent finalement les musiciens au travers de la grille avant de reprendre leur chemin. D'autres performances seront à retrouver durant le mois de juillet.

Jean-Christophe Tardivon

L'agenda estival de Why Note