
Situé à la Cité de la gastronomie, le centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine de Dijon accueille une nouvelle exposition temporaire de l'INRAP, jusqu'au 4 janvier.
Après les portes, puis les sols, c’est désormais aux murs de livrer leurs secrets. Le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine de Dijon, le 1204, accueille pour quatre mois une exposition inédite consacrée à l’archéologie du bâti, fruit d’un partenariat entre la Ville et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP).
« Des murs qui nous révèlent bien des secrets »
En inaugurant cette exposition, ce mardi 14 octobre 205, la maire de Dijon Nathalie Koenders a rappelé combien la Ville s’attache à valoriser son patrimoine sous toutes ses formes.
« Si l’exposition temporaire achevée en mai dernier nous invitait à poser un regard neuf sur les portes, et si le Jardin de l’Arquebuse nous embarque depuis avril dans une fascinante exploration des sols, ce sont aujourd’hui les murs qui appellent notre attention », a-t-elle déclaré.
« Des murs qui nous révèlent bien des secrets, pour peu que nous prenions la peine de tendre l’oreille pour écouter leurs murmures. »
Conçue par l’INRAP, l’exposition ouvre les portes d’une archéologie « plutôt inattendue » : celle du bâti. « Comme tous les sols, les murs ont beaucoup à nous apprendre des sociétés qui nous ont précédées, de leurs croyances, de leurs habitudes et de leur fonctionnement », a poursuivi Nathalie Koenders.
Dijon, un terrain d’histoire inépuisable
La maire a tenu à rappeler que Dijon n’a de cesse d’explorer son passé. « Nous tâchons sans relâche d’explorer notre passé, qui est très riche », a-t-elle insisté, évoquant les récentes fouilles qui ont accompagné de grands chantiers d’aménagement urbain : sépultures à proximité du parc Saint-Jean, découvertes à l’école Joséphine Becker, ou encore la restauration de la Maison aux trois visages, dont « l’abattage des arbres utilisés pour la construction a pu être daté avec une incroyable précision, entre 1437 et 1438 ».
Depuis 2009, Dijon est labellisée Ville d’art et d’histoire, une reconnaissance qui s’appuie sur un travail constant de recherche, de médiation et de restauration. « Préserver et transmettre notre patrimoine, c’est bien évidemment l’entretenir, c’est le restaurer, mais pas seulement », a ajouté la maire.
« C’est aussi transmettre et valoriser la connaissance qu’il renferme, le faire vivre, lui donner du sens, et l’ouvrir à tous les habitants. »
« Une volonté partagée de valoriser ensemble l’histoire »
Prenant la parole à son tour, Laurent Vaxelaire, directeur de l’INRAP Bourgogne–Franche-Comté, a souligné l’importance du partenariat entre l’Institut et la Ville.
« La valorisation scientifique et culturelle des résultats d’archéologie, singulièrement à destination du grand public, s’inscrit véritablement dans l’humanité », a-t-il rappelé.
Ce travail de transmission, mené à travers « chantiers, conférences, actions pédagogiques et expositions », repose selon lui sur « les partenariats que l’Institut tisse avec les collectivités ».
La convention culturelle et scientifique signée en janvier 2024 avec la Ville de Dijon « prend tout son sens aujourd’hui », a ajouté Laurent Vaxelaire. « En présentant cette exposition d’archéocapsules au Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, la Ville et l’INRAP affirment leur confiance mutuelle et leur volonté partagée de valoriser ensemble l’histoire urbaine. »
Une archéocapsule sur les murs… et ce qu’ils disent de nous
Le dispositif des archéocapsules, a expliqué Laurent Vaxelaire, consiste en de « petites expositions itinérantes conçues et produites par l’INRAP ». Chacune aborde une question contemporaine, santé, rapport à la mort, migration, environnement, pour « montrer ce que nous partageons avec les humains qui nous ont précédés ».
L’exposition présentée à Dijon, intitulée
Ouvrir les murs, « aborde la question des constructions » et « montre comment elles reflètent les économies, les organisations et les croyances des sociétés ».
Cette approche est illustrée localement par l’étude de la Tour de Bar, menée lors de la rénovation du Musée des Beaux-Arts entre 2016 et 2019. « Son analyse a révélé un édifice complexe, objet d’incessantes transformations », a précisé Laurent Vaxelaire.
Les vitrines présentent « des objets parfois anecdotiques, comme des clous ou des fragments de cuir, mais qui illustrent la vie du chantier de la Tour au XIVe siècle ».
Avant de conclure, le directeur régional a tenu à remercier « les équipes dijonnaises ayant participé à cette présentation – la direction du patrimoine, les services de la Ville, le musée – ainsi que les archéologues de l’INRAP, notamment Benjamin Saint-Pontitus, responsable scientifique du projet ».
Le 1204, vitrine d’un patrimoine vivant
Depuis son ouverture en mai 2022, le 1204 a accueilli près de 180 000 visiteurs, témoignant de l’intérêt du public pour le patrimoine dijonnais. « Le 1204 porte haut cette vision de la culture au service de la société tout entière », a salué Nathalie Koenders.
Elle a également annoncé la prochaine exposition temporaire, prévue pour début 2026 :
Passé intérieur, « qui nous invitera à franchir les murs pour pénétrer dans les intérieurs dijonnais de la fin du Moyen Âge ».
Et de conclure : « Les murs, ces éléments essentiels de notre paysage urbain, délimitent l’espace public et privé. Ils protègent en même temps qu’ils entravent. D’aucuns affirment qu’ils ont des oreilles… Eh bien aujourd’hui, apprenons à écouter ces témoins silencieux qui gardent en eux notre histoire. »
Manon Bollery














