
Après avoir relié Lyon
à Dijon, puis Belfort à Strasbourg, Mickaël Habid, de Tart-le-Haut, se prépare pour le
Marseille-Dijon. Soit 600 kilomètres, du 9 au 26 avril, en toute autonomie et au
profit de trois enfants côte-d’oriens en situation de handicap.
A 40 ans, Mickaël
Habid, que tout le monde appelle Mika, s’apprête à relier Marseille à Dijon, en
deux semaines. Une performance personnelle, mais pas uniquement. Celui qui
réside en famille, depuis quelques années à Tart-le-Haut, va courir pour récolter des fonds au
profits trois enfants. Antoine
et Valentin, des jumeaux de Chevigny-Saint-Sauveur et Mila de Saint-Apollinaire,
tous en situation de handicap lourd.
(Lire ICI notre interview de Mika lors des préparatifs de ce défi)
Prévue à l’automne
dernier, cette épreuve a failli ne jamais voir le jour. Ce projet mûri depuis
de longs mois a été reporté à ce printemps en raison d’un grave problème de
santé. Mika revient de loin.
Mickaël Habid «Je
reviens effectivement de loin, mais je vais mieux. Je suis passé par une
période de santé très délicate, puisque j’ai eu une tumeur au niveau des
intestins. J’ai subi une lourde intervention chirurgicale, qui s’est bien
passée. Mais mon projet de relier Marseille à Dijon prévu en octobre dernier a
été reporté à ce printemps, le temps que je me rétablisse. Honnêtement ça m’a
foutu un gros coup au moral. Je pensais que mon défi ne pourrait pas voir le
jour. Mais j’ai pris le taureau par les cornes. Je me suis motivé. J’ai repris
doucement les entrainements, après un mois couché, sans bouger. Et aujourd’hui
tout va bien»
«Il n’y a pas de place
à l’improvisation»
«Quand on se lance
dans de grands projets sportifs comme ceux que je mets en place, il n’y a pas
de place à l’improvisation. Il faut beaucoup de mental, savoir bien s’entourer
et travailler. Ce n’est pas une préparation classique. Le corps n’est pas fait
pour endurer de tels efforts. Là, on
parle de courir quinze marathons d’affilés en totale autonomie. Ce qui veut
dire que je serai seul sur les 600 km de parcours. J’aurai un sac de sept kilos
sur le dos. Je vais devoir me débrouiller pour manger, boire, dormir et gérer
les caprices météorologiques»
Un sophrologue et une
nutritionniste
«J’ai un préparateur,
Benoit Ladune qui est aussi sophrologue pour le mental. Il me donne des astuces
et des conseils pour mieux récupérer le soir et bien dormir. Ma nutritionniste,
Caroline, m’aide à avoir une alimentation saine avant le départ et pendant
l’aventure. C’est hyper important de savoir quoi manger et à quel moment»
Qu’est-ce-qui est le plus
difficile ?
«Le plus difficile est
finalement de rester constant et concentré. Il y a bien sûr le physique, l’entrainement,
le mental est important et puis toute la logistique de cette épreuve. Gérer la communication,
la mise en avant des enfants pour lesquels je vais courir. Il faut être sur tous
les fronts, sachant que j’ai aussi une vie professionnelle et familiale»
Courir pour les
enfants en situation de handicap
«Je cours pour mon
plaisir, j’adore ça, mais je cours aussi pour les autres. Très vite, quand j’ai
commencé à chausser mes baskets, j’ai senti ce besoin de donner un objectif
plus concret à cette pratique sportive de l’extrême. J’ai pensé aux enfants en
situation de handicap, qui eux, sont souvent assis dans un fauteuil et
aimeraient bien courir»
Courir pour Milla
«Depuis le début de
cours pour Milla, 8 ans, de Saint-Apollinaire atteinte de leucodystrophie.
C’est une maladie qui l’empêche de tenir sa tête droite, de parler et de
marcher. Pour ce défi, la première partie de la cagnotte sera reversée au
profit de Milla»
Courir pour Antoine et
Valentin
«La seconde partie des
dons, pour ce Marseille-Dijon, sera pour Antoine et Valentin, des jumeaux de 2
ans, de Chevigny-Saint-Sauveur. Ils sont atteints d’une paralysie cérébrale.
Ils sont nés trop prématurés. Ils ne marchent pas. Mais grâce aux dons que
j’espère nombreux, nous souhaitons financer un séjour en Espagne, dans une clinique
spécialisée afin de les faire progresser et pour qu’un jour, ils puissent marcher et vivre comme tous les
enfants du monde»
Le parcours
«Je vais donc partir du
Vieux Port de Marseille le jeudi 9 avril, pour seize étapes. Ce qui représente pratiquement
un marathon par jour, une quarantaine de kilomètres. Je vais me lancer sur les routes et autres chemins dès
7h30, chaque matin. L’objectif sera de rejoindre la prochaine ville étape. Pendant
le parcours, je devrais chercher à boire et à manger. C’est une aventure
humaine et solidaire. Je fais le parcours seul. Il n’y a pas de voiture
suiveuse. C’est une volonté. Le soir je dormirai chez l’habitant. De nombreuses
personnes se sont proposées pour m’accueillir»
La communauté sur les
réseaux sociaux
«Je serai donc seul
sur le parcours, mais je ne serai pas seul sur les réseaux sociaux. Je vais
faire pleins de story chaque jour. Et comme pour d’autres épreuves, je sais que
je pourrais compter sur ma communauté pour me soutenir tout au long de mon
parcours. Je reçois généralement de nombreux messages. Et vous ne pouvez pas
vous imaginer le bien que cela procure»
Le soutien de la
famille
«Je suis très bien
entouré sportivement pour réaliser cette épreuve, mais j’ai aussi le soutien de
ma famille. Carla, ma femme est un pilier dans cette aventure. Mon fils Lenny, 9
ans, a fait quelques entrainements avec moi. Ils sont là, et sans eux rien n’aurait
été impossible. Et puis il y a aussi ma maman, qui nous a quitté il y a cinq
ans. C’est mon étoile. Elle va me suivre de Marseille à Dijon»
Norbert Banchet
Photo : N.Banchet
Le parcours
Jeudi 9 avril :
Marseille / Vitrolles - Vendredi 10 :
Salon de Provence - Samedi 11 : Noves - Dimanche 12 :
Montfaucon - Lundi 13 :
Bollène - Mardi 14 :
Montélimar - Mercredi 15 : La
Voulte - Jeudi 16 :
Tournon-sur Rhône - Vendredi 17 :
Saint-Rambert-d’Albon - Samedi 18 :
Vienne - Dimanche 19 :
Jour de repos - Lundi 20 : Lyon - Mardi 21 :
Villefranche-sur-Saône - Mercredi 22 :
Crêches-sur-Saône - Jeudi 23 :
Villars - Vendredi 24 :
Chalon sur Saône - Samedi 25 :
Beaune - Dimanche 26 avril :
Arrivée à Saint-Apollinaire.
