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23/11/2025 13:29
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TART : Dans les préparatifs du défi Marseille-Dijon en course à pied

C’est un nouveau défi que se lance Mickaël Habib. Après avoir relié Lyon à Dijon, Belfort à Strasbourg, celui que tout le monde appelle Mika, prépare pour avril 2026, le Marseille-Dijon. Soit 600 kilomètres en quinze jours en toute autonomie, au profit de trois enfants Côte-d’Oriens en situation de handicap.     
«Tout est possible à qui ose, travaille, rêve et n’abandonne jamais» nous dit d’emblée ce sportif qui à la base ne l’était pas du tout. «Je mords la vie à pleine dent, je suis un peu foufou et surtout toujours positif» Ce jeune quarantenaire réside à Tart. Aujourd'hui éducateur sportif, Mickaël Habib entraine tous ceux qui souhaitent se lancer dans des marathons ou des trails. Celui que tout le monde appelle Mika, présente son sport et ses défis dans différentes écoles de la Métropole Dijonnaise.

D’où vient cette envie de faire des courses extrêmes ?


Mickaël Habib : «En fait je suis devenu sportif au moment de la disparition de maman, que j’ai accompagnée jusqu’à son dernier souffle. C’était il y a 5 ans. Il m’a fallu ensuite, un exutoire pour évacuer ma peine et ma douleur. Je l’ai trouvé dans la course à pied. Je courrai. Je courrai beaucoup. Et c’est rapidement devenu un mode de vie. Quelque chose de primordial pour moi. Quand je faisais 5 ou 10 km j’étais content, mais j’ai vite senti que ça ne me suffisait pas. Il me fallait plus. Je me suis lancé dans les ultras longues distances, des courses extrêmes. Et là, j’ai ressenti des sensations qui me correspondaient. Je me sentais bien»

«Je vais faire l’équivalent de quinze marathons consécutifs»


«J’ai commencé, en 2022 avec un Lyon-Dijon de 200 km sur quatre jours en solo et sans assistance. L’an dernier j’ai fait Paris-Dijon, ou plus précisément Paris-Chevigny-Saint-Sauveur sur 400 km en huit jours. Cet été j’ai relié Belfort à Strasbourg sur 178 km. Et actuellement je prépare mon prochain défi. Le Marseille-Dijon, soit 600 km en quinze jours. Je vais faire l’équivalent de quinze marathons consécutifs»

«Il n’y a pas de place à l’improvisation»


«Quand on se lance dans de grands projets sportifs comme ceux que je mets en place, il n’y a pas de place à l’improvisation. Il faut beaucoup de mental, savoir bien s’entourer et travailler. Ce n’est pas une préparation classique. Le corps n’est pas fait pour endurer de tels efforts.  Là, on parle de courir quinze marathons d’affilés en totale autonomie. Ce qui veut dire que je serai seul sur les 600 km de parcours. J’aurai un sac de sept kilos sur le dos. Je vais devoir me débrouiller pour manger, boire, dormir et gérer les caprices météorologiques»

Un sophrologue et une nutritionniste


«J’ai un préparateur, Benoit Ladune qui est aussi sophrologue pour le mental. Il me donne des astuces et des conseils pour mieux récupérer le soir et bien dormir. Ma nutritionniste, Caroline, m’aide à avoir une alimentation saine avant le départ et pendant l’aventure. C’est hyper important de savoir quoi manger et à quel moment»

«Manger encore et encore des kilomètres»


«En amont la seule chose que je puisse faire, c’est manger encore et encore des kilomètres. Mon corps doit s’habituer à cet effort sur une très longue période. Je travaille aussi le renforcement musculaire en salle. Il y a bien évidement le soutien des gens et des followers via mes réseaux sociaux. Je lis tous les soirs les nombreux messages qui me donnent une force extraordinaire. Quand en journée, sur mon parcours, j’ai un petit coup de mou, je sais que des messages d’encouragements arrivent dans ma boite mail. Ça me booste. Et puis c’est très perso, mais ça m’aide, je compte sur ma bonne étoile, et notamment celle qui brille plus que toutes les autres»

Courir pour les enfants en situation de handicap


«Je cours pour mon plaisir, j’adore ça, mais je cours aussi pour les autres. Très vite, quand j’ai commencé à chausser mes baskets, j’ai senti ce besoin de donner un sens plus concret à cette pratique sportive de l’extrême. J’ai pensé aux enfants en situation de handicap, qui eux, sont souvent assis dans un fauteuil et aimeraient bien courir» 

Courir pour Milla


«Depuis le début je cours pour Milla, 8 ans, de Saint-Apollinaire atteinte de leucodystrophie. C’est une maladie qui l’empêche de tenir sa tête droite, de parler et de marcher. Pour mon prochain défi, la première partie de la cagnotte sera reversée au profit de Milla. C’est la dernière année que je cours pour elle, puisque j’ai rempli tous les objectifs que nous avions fixés avec sa maman. L’an dernier grâce aux dons, nous avons réussi à lui acheter une voiture médicalisée d’une valeur de près de 9 000 euros. Ça lui a changé son quotidien et facilité les déplacements pour sa maman» 

Courir pour Antoine et Valentin


«La seconde partie des dons, pour le Marseille-Dijon, sera pour Antoine et Valentin, des jumeaux de 2 ans, de Chevigny-Saint-Sauveur. Ils sont atteints d’une paralysie cérébrale. Ils sont nés trop prématurés. Ils ne marchent pas. Mais grâce aux dons que j’espère nombreux en avril prochain, nous souhaitons financer un séjour en Espagne, dans une clinique spécialisée afin de les faire progresser et pour qu’un jour, ils puissent marcher et vivre comme tous les enfants du monde»

«C’est ma mission dans cette vie»


«À travers ces aventures, mon objectif est de collecter des fonds pour aider ses enfants au quotidien. Je récolte de l’argent sur mes parcours via une cagnotte qui est en ligne pendant mes défis. Et c’est dans ces moments-là que je me sens humain, je me sens utile. C'est ma mission dans cette vie. Courir, mais courir pour les autres»

La relève arrive avec votre fils ?


«Mon fils Lenny, 9 ans, cours, lui aussi. J’ai l’impression que c’est un peu dans les gênes finalement. On fait du sport ensemble, des randonnées et même des bivouacs. Je ne l’ai pas poussé à prendre des baskets. Il est venu de lui-même. Il s’intéresse de près à mes différents parcours. Je l’ai sensibilisé aux causes que je défends. Ça fait partie de son éducation, et je m’aperçois qu’il est très réceptif à mes actions. J’en profite aussi pour vous parler de celle qui me soutien vraiment au quotidien, Carla, ma femme. Même si elle est plus discrète pour des raisons professionnelles, elle est bien présente. Sans son regard, je ne pourrai pas tenir dans la durée ni sur la distance»

Pour tenir, justement, vous écoutez quelle musique ?


«J’écoute de la musique un peu triste. Je sais que ça peut être étonnant, mais c’est ce qui me fait avancer. Ce sont des chansons avec des textes en français, de Hatik ou encore Blacko par exemple, qui parle de la vie, de la façon de s’en sortir. Ce sont des paroles qui me font avancer depuis des années et qui me donnent de la force. Mais il m’arrive quand même d’écouter de temps en temps des chansons joyeuses (rire)»

«Si vous avez envie d’un petit run avec moi»


«Je m’entraine beaucoup à Chevigny-Saint-Sauveur parce que mon meilleur ami, Mika, habite cette ville. Quand je suis seul, je cours chez moi à Tart. Il y a des gens qui me contactent sur les réseaux pour courir avec moi. Tout le monde est le bienvenu, en sachant que ce n’est pas de la promenade. On y va pour avaler du kilomètre (rire). Mais j’aime bien partager et je sais aussi m’adapter. Si vous avez envie d'un petit run avec moi, ce sera avec un très grand plaisir» 

                                                                                                                                                                                 Norbert Banchet
 
Mickaël Habib, Mika, sera le parrain du Téléthon à Chevigny-Saint-Sauveur le week-end du 6 et 7 décembre 2025. Il participera également à une course le dimanche 7 décembre au matin dans sa commune à Tart.

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