
Après leur terrible désillusion en Coupe d’Europe (première équipe française de l’histoire de la compétition à se faire éliminer dès le premier tour), les hommes de Legname étaient tout proches de réaliser le coup parfait sur le parquet de l’ASVEL mais le sang-froid de Shaquille Harrison a gâché la fête.
L’entame de match est brouillonne entre deux équipes qui peinent à imposer leur rythme offensif. Dijonnais et Villeurbannais manquent de justesse dans leurs transmissions et de rythme sur leurs tentatives extérieures. Les échecs aux tirs se succèdent ainsi que les pertes de balles de part et d’autre.
Le point positif côté bourguignon est que leur secteur intérieur répond présent face à la puissance de celui de l’ASVEL. Le duo Narace/Owens pèse dans la peinture des deux côtés du parquet avec des paniers près du cercle ainsi que la dissuasion verticale. La Jeanne limite les dégâts lors de ces 10 premières minutes en étant menée d’une petite possession (18-15).
Après avoir ronronné en début de rencontre, les deux formations vont monter d’un cran juste avant la pause. Le deuxième quart est un jeu de série entre deux formations qui se rendent coup pour coup. L’ASVEL frappe en premier dans le sillage de leur ailier Mbaye Ndiaye qui démontre toute l’étendue de son talent offensif. Les locaux passent un 11 à 0 aux Dijonnais pour faire grimper l’écart à +14 (29-15).
Les hommes de Legname sont sonnés mais ces derniers vont réagir dans la foulée en passant un 13-0 aux Villeurbannais. Les joueurs de la cité des Ducs s’appuient sur l’adresse extérieure ainsi que la vista sur pénétration du binôme David Holston/Jordan Barnett pour revenir dans le match. Les Bourguignons recollent mais ces derniers vont reprendre un écart.
Les hommes de Pierric Poupet placent un deuxième coup d’accélérateur en trouvant du rythme sur leurs tentatives extérieures, à l’image de leur meneur Watson Jr., tout en poussant les défenseurs bourguignons à la faute pour gratter des points précieux sur la ligne des lancers. Les locaux font grimper à nouveau l’écart au-dessus des dix unités mais les Dijonnais répondent de nouveau.
En moins d’une minute, Gregor Hrovat réalise plusieurs actions décisives, dont un panier longue distance irréel marqué au buzzer de la mi-temps alors que le tir a été déclenché dans la moitié de terrain dijonnaise, pour ramener ses coéquipiers à deux possessions (47-41). La JDA Dijon a plié mais n’a pas rompu lors de ces 20 premières minutes.
Au retour des vestiaires, la Jeanne monte d’un cran en termes d’intensité défensive. Les Bourguignons sortent les muscles dans la raquette pour verrouiller et condamner l’accès à leur cercle. Les joueurs de l’ASVEL sont contraints de tenter leur chance de loin mais la réussite fuit des locaux qui ne parviendront qu’à marquer 14 points lors de ce quart-temps.
De l’autre côté du ballon, les Dijonnais s’appuient sur l’énorme entame de Williams Narace à l’intérieur. Le Camerounais rayonne près du cercle et enchaîne les paniers. L’ailier fort donne le rythme à la JDA avant que David Holston prenne la suite en allant chercher des points précieux sur la ligne des lancers et de pénétration. La Jeanne impose son tempo mais n’arrive pas à mettre son adversaire à distance.
Les hommes de Legname manquent de réalisme, à l’image des lancers francs loupés, des shoots ouverts manqués ou encore des pertes de balles stupides concédées, et restent derrière l’ASVEL pour aborder le dernier quart-temps (61-60). Les Bourguignons doivent également composer sans leur capitaine, David Holston, exclu de la rencontre pour avoir écopé d’une faute antisportive et d’une faute technique.
Dans la dernière ligne droite, les visiteurs continuent d’appuyer à l’intérieur avec la paire Narace/Owens. Les deux Big Men trouvent des points sur la ligne des lancers et se régalent des combinaisons sur Pick and Roll avec un Axel Julien en mode maestro. La Jeanne donne le sentiment de maitriser les débats et parvient à prendre deux possessions d’avance rapidement dans le quart-temps (61-66).
Les joueurs de la cité des Ducs voient progressivement que l’exploit est à portée de main mais Glynn Watson Jr décide de gâcher la fête des Bourguignons. Le meneur prend ses responsabilités en envoyant plusieurs shoots décisifs afin de garder l’ASVEL en vie.
Les Dijonnais insistent pour creuser l’écart mais les Villeurbannais restent en contact pour aborder les dernières secondes. L’atmosphère est irrespirable dans la salle et les Bourguignons vont à nouveau manquer de sang froid dans le money-time.
Les visiteurs enchaînent plusieurs séquences offensives approximatives avec des ballons perdus bêtement et des shoots ouverts manqués. De son côté, l’ASVEL ne tremble pas et peut compter sur le sang glacial de Shaquille Harrison.
L’arrière sort de sa boite au meilleur des moments en envoyant deux actions capitales, rebond offensif suivi d’un panier primé d’une faute et un énorme shoot longue distance dans le corner, pour permettre à ses coéquipiers d’arracher la victoire.
La JDA Dijon était tout près de faire l’exploit, mais son manque de sang-froid dans les moments chauds lui a à nouveau fait défaut.
Benjamin Lemousy
L’ASVEL s’impose 85 à 80 contre la JDA Dijon (18-15 / 29-26 / 14-19 / 24-20)
ASVEL : Watson Jr (22) / Ndiaye (18) / Vautier (8) / Harrison (7) / Atamna (6) / De Colo (6) / Ajinça (5) / Massa (5) / Heurtel (4) / Traore (4)
JDA Dijon : Hrovat (21) / Narace (18) / Owens (13) / Holston (12) / Barnett (8) / Julien (5) / Stockton (3)
Rebonds :ASVEL : Ndiaye (11) / Vautier (7) / Massa (5)
JDA Dijon : Narace (7) / Julien (5) / Owens (4)
Passes :ASVEL : Atamna (4) / Heurtel (4) / Massa (3)
JDA Dijon : Julien (7) / Stockton (5) / Hrovat (3)