
Les deux pivots tricolores ont fait parler d’eux lors de ce premier tour des playoffs en impactant les rencontres à leur manière.
Victor Wembanyama entre (à nouveau) dans l’histoire pour sa première apparition en playoffs :
Il était attendu et il aura, comme souvent, répondu présent. Victor Wembanyama et ses Spurs ont réussi avec brio leur entrée en lice lors de cette campagne de playoffs 2026 en dominant une équipe de Portland (4 à 1) accrocheuse mais qui n’a pas fait le poids face à l’armada texane.
Depuis plusieurs saisons, nous savons que l’Alien est un joueur qui aime se sublimer dans les moments importants et ce dernier a tenu à faire honneur à sa réputation dès le premier match de la série. L’ex-numéro 1 de la draft a signé une performance historique en devenant le joueur des Spurs marquant le plus de points pour son premier match de playoffs.
Le match 1 réalisé par le pivot a été une véritable “master class” offensive pour offrir aux Spurs leur première victoire en playoffs depuis la saison 2018-2019. Wemby sait quasiment tout faire balle en main sur un terrain de basket et la défense de Portland l’a subi de plein fouet. La jeune star texane a enchaîné les paniers longue distance avec une facilité déconcertante, réalisé plusieurs séquences de dribbles pour s’ouvrir le chemin de la raquette et conclure près du cercle, ou encore enchaîné les finitions aériennes spectaculaires en s’appuyant sur sa verticalité. La ligne statistique est à l’image de son talent avec 35 points marqués (13/21 dont 5/6 de loin), 5 rebonds, 1 passe et 2 contre.
La série du Tricolore a été parfaitement lancée mais une petite frayeur est venue enrailler la dynamique. L’intérieur a été contraint de sortir sur blessure, au début du match 2, après avoir chuté lourdement sur la tête. Le protocole commotion a été activé et a contraint l'international tricolore de rester cloué sur le banc lors du match 3. Les Spurs se sont inclinés lors du deuxième match avant de s’imposer à nouveau lors du troisième match.
Victor a donc réintégré la série au bout du match 4 avec la ferme intention de terminer le travail entamé par ses coéquipiers durant son absence. L’Alien a été l’élément clé qui a permis aux Spurs de se défaire d’une équipe des Blazers accrocheuse devant son public. Après avoir été relégué à plus de 15 points, San Antonio est parvenu à renverser la vapeur au retour des vestiaires dans le sillage d’un Wemby impérial dans la peinture des deux côtés du parquet. Le Tricolore a régné en maître sous les arceaux en distribuant les contres à la volée tout en sanctionnant avec puissance et fermeté le manque de dissuasion adverse. L’international a terminé la rencontre avec une nouvelle production statistique calibre MVP (27 points, 12 rebonds, 3 passes, 4 interceptions et 7 contres).
Le Tricolore a pleinement assumé son titre de meilleur défenseur de l’année qu’il a obtenu quelques jours plus tôt en devenant le premier joueur de l’histoire à être élu à l’unanimité pour cette distinction individuelle ainsi que le plus jeune joueur à l’obtenir. La domination du Français a été actée lors du match 5 avec un nouveau récital défensif proposé (17 points, 14 rebonds, 3 passes et 6 contres). L’Alien a écœuré les attaquants de l’Oregon à l’image de son contre monstrueux sur Deni Avdija qui a inspiré une pub dans les heures suivantes à l’équipementier Nike.
Rudy Gobert a été héroïque face aux Nuggets de Nikola Jokic :
C’est sans aucun doute le plus gros coup du premier tour des playoffs 2026. Les Timberwolves de Rudy Gobert sont parvenus à éliminer les Nuggets de Nikola Jokic (4 à 2) malgré l’absence de leur super star Anthony Edwards. Dans cette confrontation qui aura tenu toutes ses promesses, le Tricolore a rappelé à l’ensemble de la planète basket qu’il fait partie des meilleurs défenseurs de l’histoire de la NBA.
Rudy a été tout simplement époustouflant dans son duel face au Joker. L’international tricolore a été la clé de voûte du système défensif de sa franchise en parvenant à pousser le triple MVP serbe dans ses retranchements au point de le faire déjouer dans les moments clés de cette série.
Le chantier défensif du pivot a commencé dans le match 2 avec un quatrième quart-temps héroïque où il est parvenu à éteindre complètement l’intérieur serbe en remportant cinq duels consécutifs dans la peinture avant de capter un rebond offensif décisif suivi d’un panier sur la tête de son rival afin d’assurer la victoire des Timberwolves.
Le Tricolore a commencé de prendre l’ascendant et cela a perduré lors des matchs 3 et 4 tous deux remportés par la franchise du Minnesota. “Gobzilla” a régalé son public en cadenassant l’un des meilleurs joueurs offensifs de la planète. Gobert est parvenu à mettre constamment sous pression l’intérieur des Nuggets en contestant chacune de ses incursions dans la raquette. Le Frenchie a également fait parler sa mobilité pour dissuader et intercepter les ballons touchés par Jokic dans la périphérie. L’impact de Rudy a été tel que lors du match 3, Nikola Jokic a terminé la rencontre avec une adresse de 27 % aux tirs (soit le pire pourcentage de sa carrière sur un match de playoffs) et une adresse de 36 % lors du match 4. Pour rappel, le Serbe tourne en moyenne à 57% de réussite aux tirs cette saison.
Pour conclure cette série magistrale, l’intérieur français a signé un match complet des deux côtés du terrain en frôlant le triple-double avec 10 points, 13 rebonds et 8 passes décisives. À nouveau impactant dans la peinture et juste dans ses choix offensifs, le natif de Saint-Quentin a prouvé qu’il fait partie des meilleurs intérieurs du monde en gagnant son duel face au meilleur pivot de ces dernières années. Nous attendons avec grande impatience son duel avec Victor Wembanyama en demi-finale de conférence.
Ils ont joué leurs premières minutes en playoffs :
Alors qu’il a été cantonné à jouer quelques minutes sur les fins de rencontres sans enjeu lors des matchs 1, 3 et 4, Sidy Cissoko a vu son temps de jeu augmenté drastiquement lors du match 5. Avec 20 minutes passées sur le parquet, le Tricolore a démontré de très belles choses grâce à son agressivité défensive ainsi qu'à son adresse longue distance qui ont permis aux Blazers de revenir dans le match en début de quatrième quart-temps. Le natif du Val-de-Marne termine la rencontre avec 11 points (4/6 dont 2/3 de loin), 4 rebonds et 3 interceptions et peut se satisfaire d’avoir trouvé sa place dans cette équipe prometteuse de Portland.
De son côté Zaccharie Risacher continue de se poser des questions sur son avenir à Atlanta. L’ex-numéro 1 de la draft est resté cloué sur le banc des Hawks tout au long de la série perdue (4 à 2) face aux Knicks de New York. Au regard de la dynamique développée en Géorgie, l’ailier tricolore ne semble, à l’heure actuelle, pas faire partie du noyau dur des Hawks dans les années à venir.
Mohamed Diawara et Pacôme Dadiet ont gratté quelques minutes face aux Hawks en profitant d’un score fleuve en fin de rencontre. Joan Beringer (Minnesota) et Noah Penda (Orlando) ont rencontré le même destin avec leurs franchises respectives. L’ex-joueur du MSB a vu son équipé se faire éliminer sur le fil face aux Pistons de Detroit (4 à 3).
Benjamin Lemousy