
Les deux pivots tricolores nous ont livré une bataille rugueuse dans la
peinture qui a vu triompher la jeune pépite texane. De leur côté,
Mohamed Diawara et Pacôme Dadiet accèdent au stade des finales de
conférence à l’est avec les Knicks.
Victor Wembanyama à remporter son duel face à un Rudy Gobert combatif.
C’était la grosse affiche de ces demi-finales de conférence à l’Ouest et elle aura tenu toutes ses promesses. Les Spurs de Wemby sont parvenus à venir à bout des Timberwolves de Gobert après une bataille de six matchs (4 à 2) où nos deux Frenchies ont fait parler d’eux.
Le ton a été donné dès le premier match. Les deux Tricolores ont assumé leur statut de défenseur de très haut niveau dans une rencontre qui a vu la franchise du Minnesota s’imposer sur le parquet des Spurs. Rudy Gobert (7 points, 10 rebonds et 1 contre) a été parfait dans son rôle d’ancre défensive pour harceler constamment un Victor Wembanyama en délicatesse sur le plan offensif. La jeune pépite texane a été constamment mise sous pression par la défense très agressive des Timberwolves en terminant la rencontre avec seulement 11 points marqués et des pourcentages en dessous de ses standards habituels avec cinq shoots rentrés sur ses 17 tentatives avec un vilain 0/8 à trois points. Néanmoins, l’ex-rookie de l’année a pleinement assumé son titre de meilleur défenseur de la saison en signant une performance défensive historique avec pas moins de 12 contres distribués sur l’intégralité de la rencontre (record NBA sur un match de playoffs).
L’ascendant a été pris par les coéquipiers de Gobzilla, mais le collectif de San Antonio a corrigé le tir dès le match suivant afin de revenir à égalité. Les Éperons ont corrigé leur adversaire en leur infligeant un terrible 133 à 95. Dans cette démonstration collective, Wemby a apporté sa pierre à l’édifice avec une domination totale dans la raquette des deux côtés du parquet. L’intérieur a donné le ton dès les premières minutes de jeu en claquant un dunk monstrueux sur la tête de son compatriote à la suite d’un rebond offensif. L’Alien termine la rencontre avec 19 points, 15 rebonds et 2 contres. De son côté, Rudy (5 points et 10 rebonds) a été moins impactant en subissant la défense physique et agressive de San Antonio.
Les deux équipes étaient dos à dos au moment où la série déménageait dans le Minnesota pour jouer les matchs 3 et 4. Pour reprendre l’avantage du terrain, les Spurs étaient dans l’obligation de remporter une rencontre sur le parquet adverse. L’enjeu était de taille et les deux formations nous ont offert un troisième acte d’anthologie. Dans ce match de boxe, nos deux Tricolores ont répondu présents dans leur style caractéristique.
Rudy Gobert nous a livré sa meilleure prestation de la série avec de l’efficacité en attaque, en multipliant les paniers près du cercle, de la présence dans la bataille de rebond et surtout de la dissuasion dans la peinture. Le quadruple défenseur de l’année s’est même payé le luxe de cueillir son compatriote sur un contre salvateur. Le pivot de 33 ans a signé une ligne statistique complète avec 13 points (6/7 au tir), 7 rebonds, 2 passes et 3 contres, mais cela n’a pas suffi pour repartir avec la victoire face à un Victor Wembanyama historique.
L’Alien savait pertinemment qu’il était attendu au tournant dans ce match pivot et il aura répondu présent de la meilleure des manières possibles. La pépite tricolore a livré une prestation magistrale des deux côtés du parquet avec une domination constante dans la peinture. L’ex-rookie de l’année a été infranchissable en défense en limitant ses adversaires à un stratosphérique 4/21 lorsque ces derniers tentaient de shooter sur lui.
En attaque, Wemby a fait la démonstration de sa très large palette avec de la domination à l’intérieur en mêlant verticalité, puissance et toucher. Il était adroit sur ses tentatives dans la périphérie en enchaînant les gros shoots mi-distance en déséquilibre ainsi que les bombes longues derrière l’arc à trois points. Mais ce que l’on retient de cette rencontre, c’est que Victor a été particulièrement décisif en fin de rencontre afin d’assurer la victoire des Spurs. Le Tricolore est parvenu à inscrire 16 unités dans le dernier quart-temps. La ligne statistique à la fin de la rencontre est délirante avec 39 points (13/18 au tir dont 3/5 de loin), 15 rebonds et 5 contres. L’ex-numéro 1 de la draft devient le 4ᵉ joueur de l’histoire de la NBA à réaliser une performance avec minimum 35 points marqués, 15 rebonds captés et 5 contres distribués.
Le Frenchie était sur un nuage mais le retour à la réalité a été brutal lors du match 4. Wemby a vu sa rencontre s’écourter de façon prématurée après avoir adressé un coup de coude dans la mâchoire de Naz Reid. Face à la dangerosité du geste, le corps arbitral a décidé d’exclure l’Alien en début de deuxième quart-temps. Privé de sa superstar, San Antonio a longtemps résisté avant de céder en fin de rencontre face à la pression des Timberwolves. Rudy Gobert a été particulièrement important avec plusieurs paniers convertis lors du dernier quart-temps ainsi qu’un énorme impact dans le secteur du rebond offensif. L’international tricolore signe son seul double-double de la série (11 points et 13 rebonds) et revient à hauteur des Spurs dans la série.
Le match 5 était capital et, à nouveau, Wemby a su répondre présent lorsque sa franchise avait besoin de lui. Pour son retour, l'Alien a été dominant dans la raquette des deux côtés du parquet. Victor nous a gratifiés d’un premier quart-temps exceptionnel avec 18 points marqués. La pépite texane a multiplié les séquences délirantes avec des gros dunks sur pénétration et sur alley-oop ainsi que plusieurs séquences en isolation où il a fait danser Rudy Gobert avec son dribble et ses feintes de tir. Le meilleur défenseur de l’année a également assumé son statut en étant toujours aussi dissuasif près du cercle. La production statistique est à nouveau au rendez-vous avec 27 points (9/16 dont 2/5), 17 rebonds, 5 passes et 3 contres. De son côté, Rudy Gobert (4 points, 5 rebonds et 1 contre) a été globalement dominé par l’agressivité et la puissance physique des Spurs en défense et n’a pas su retrouver l’impact démontré lors des matchs précédents.
Les Spurs ont repris l’avantage et ont décidé de terminer le boulot dans le Minnesota en signant un nouveau carton collectif. Les Texans se sont imposés 109 à 139 en ne laissant aucun espoir aux Timberwolves. À l’image de son match 2, Wemby s’est mis au service du collectif en laissant le jeu venir à lui pour enchaîner les points près du cercle tout en continuant de dissuader en défense. Le pivot termine la rencontre avec 19 points, 6 rebonds et 3 contres. De son côté, Rudy Gobert a encore été mis en difficulté, un impact plus que restreint sur la rencontre.
Le duel a donc tourné à l’avantage d’un Victor Wembanyama taille patron qui s’apprête à affronter le plus grand défi de sa jeune carrière en allant défier le Thunder d’OKC (champion en titre) en finale de conférence à l'Ouest et le moins que l’on puisse dire c’est que notre Frenchie a répondu présent.
Un premier match d’anthologie face à OKC
Lors du premier match de la série face à OKC, Wemby nous a livré une performance historique avec une ligne statistique irréelle : 41 points marqués, 24 rebonds captés et 3 contres distribués. L’Alien a régné en maître dans la raquette face à la meilleure défense NBA cette saison. Tout semblait beaucoup trop facile pour Victor, qui a aligné les paniers avec une facilité déconcertante en faisant la démonstration de sa puissance dos au panier, de sa verticalité près du cercle ainsi que de son toucher. Malgré la défense agressive et incessante du Thunder, qui a enchaîné les prises à deux sur Wemby, rien ne semblait être assez fort pour stopper le pivot.
L’ex-numéro 1 de la draft nous a gratifiés d’un shoot à la Steph Curry avec un panier longue distance converti à près de 10 mètres afin d’arracher une deuxième prolongation. En effet, il aura fallu pas moins de deux prolongations pour voir les Spurs arracher le premier match d’une série qui s’annonce spectaculaire au regard de l’intensité déployée. En attendant le match 2, l’Alien a, une nouvelle fois, marqué l’histoire de la ligue de son empreinte en devenant le plus jeune joueur à réaliser une performance en playoffs avec 40 points marqués et 20 rebonds captés.
Diawara, Dadiet et Beringer ont gratté des minutes de jeu :
Mohamed Diawara et Pacôme Dadiet ont profité de la domination totale des Knicks face aux Sixers de Philadelphie pour gratter plusieurs minutes de temps de jeu. La franchise new-yorkaise s’est imposée 4 à 0 face aux pensionnaires de Pennsylvanie avec notamment des victoires fleuves lors des matchs 1 et 4. Dans ce contexte, nos deux Frenchies ont eu l’opportunité de jouer la totalité du quatrième quart-temps.
Joan Beringer (Minnesota Timberwolves) a connu le même sort lors des matchs 2 et 6 face aux Spurs en profitant de la défaite fleuve de sa franchise pour jouer une petite dizaine de minutes lors des derniers quart-temps des rencontres.
Benjamin Lemousy