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11/09/2026 21:18
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BASKET : Vincent Dumestre, entraîneur de la JDA Dijon, veut «montrer le visage d’une équipe conquérante»

À deux semaines du début de la saison, avec la réception de la SIG Strasbourg le 25 septembre au palais des sports Jean-Michel Geoffroy, Infos Dijon a interviewé Vincent Dumestre, le nouvel entraineur de la JDA Dijon basket.
On est à 15 jours du début de la saison, comment se passe la préparation ? 

« La préparation se passe en deux temps et a été tronquée par des absences avec des problèmes de visas pour les joueurs américains. On a eu aussi des joueurs qui sont partis en équipe nationale. On était donc en effectif réduit sur les deux premières semaines, et là depuis deux semaines on a récupéré l’effectif au complet. On peut donc maintenant rattraper le retard et la préparation se passe bien à présent. On essaye de générer de la cohésion dans le groupe et de mettre en place un projet de jeu. Ça prend du temps mais les joueurs sont à l’écoute et ils travaillent. On essaye d’aller le plus vite possible pour être le plus performant possible ». 

Là, vous allez participer à un tournoi de préparation à Luxeuil les Bains…

« On joue ce tournoi ce week-end et on rencontre Strasbourg en premier, qu’on va retrouver 15 jours plus tard en championnat. On les a déjà vu en vidéo et là on va les voir en direct. On sait que ce sont des matchs de dupes parce qu’ils ne vont pas sortir toutes leurs cartes, mais on pourra quand même évaluer les forces en présence, au moins au niveau de individualités » 

«L'expérience à Chalon-Reims a été extrêmement enrichissante pour moi» 


Vous avez passé huit ans à Dijon. Vous avez ensuite entrainé pendant deux ans l’équipe de Chalon-Reims et vous faites votre retour cette année en Bourgogne en tant qu’entraineur principal de la JDA. A Chalon-Reims, c’était votre première expérience en tant qu’entraineur principal. Qu’est-ce que vous en retenez ? 

« Beaucoup de choses ! Quand on arrive aux manettes, il y a des choses qui s’apprennent en faisant, comme tout ce qui est management, gestion de l’environnement interne et externe, on est beaucoup plus exposé. Au niveau du recrutement également, on est en première ligne et on doit convaincre les joueurs de nous rejoindre. Il faut vendre sportivement le projet ! Cette expérience a été extrêmement enrichissante ». 

Vous avez aussi été beaucoup exposé médiatiquement ? 

« Ça fait partie de la gestion de l’environnement extérieur avec aussi le public, les fans et même l’environnement du basket national qui vous évalue en permanence. On est beaucoup exposé et aussi beaucoup plus seul, parce qu’on est seul face à nos choix » 

«La 11eme place de la JDA la saison dernière, oui ça a été décevant mais ce n'était pas non plus le scandale de l'année !»


La JDA avait réalisé une saison assez décevante l’année dernière avec une 11eme place (sur 16) au classement du championnat. Vous allez être très attendu cette année à Dijon. Vous mesurez l’attente dont vous allez faire face ? 

« Oui il va y avoir de l’attente, mais il y en aurait aussi dans n’importe quel club professionnel, ça fait partie du métier. Les résultats vont bien sûr compter, mais l’attente qui va y avoir de notre public, elle va être sur l’image que nous allons donner… une image combative, une image d’une équipe dynamique et qui mouille le maillot… On va déjà être attendu sur ça. Après je veux remettre un peu les choses en perspective : vous dites que cette 11eme place la saison dernière a été décevante, oui mais quel était le budget du club ? Cette année, on va avoir une baisse de la masse salariale et on ne sera pas dans les 10 premières masses salariales du championnat, mais cela ne veut pas dire non plus qu’on démarre la saison avec un manque d’ambition.»

« La 11eme place la saison dernière, ce n’est pas non plus le scandale de l’année ! Quand on habitue les gens au caviar, c’est vrai que quand on finit 11eme, on a l’impression que c’est raté de chez raté. Moi je n’étais pas là l’année dernière, je ne veux pas commenter la saison de l’année dernière, ce ne serait pas du tout clean de ma part. Après oui, on est attendu et les gens ont envie de voir une équipe dynamique qui gagne, et c’est tout à fait normal. On va devoir montrer l’image d’une équipe conquérante, une équipe qui veut se bouger pour gagner les matchs et défendre le maillot du club. Et après il faudra aussi avoir de la réussite parce que souvent ça se joue sur des moments charnières, sur un shoot on peut être sur une dynamique positive ou négative ». 

«On repart sur un nouveau cycle»


Peut-être que le public du palais des sports a été un peu trop habitué ces dernières années à voir la JDA faire des coups d’éclat face à des équipes comme l’ASVEL ou Monaco ? 

« Oui, il y a peut-être un peu de ça, mais cela ne veut pas dire non plus qu’on va se positionner en victime cette année. Je sais qu’il y a eu des déceptions l’an dernier, on va essayer maintenant de montrer l’image d’une équipe combative lors de cette nouvelle saison » 

Vous retrouverez un staff que vous connaissez avec des personnes comme Frédéric Wiscart Goetz ou Laurent Legname qui est devenu directeur sportif. Ça doit être rassurant de retrouver des hommes que vous connaissez déjà et avec qui vous avez déjà travaillé… 

« Effectivement, ça ne fait pas du tout pareil que quand je suis arrivé à Chalon-Reims où je ne connaissais personne et où ça m’avait demandé un certain temps d’adaptation. A Dijon, je connais beaucoup plus de monde, mais il faut quand même mettre les choses dans le bon ordre et on repart sur un nouveau cycle ». 

Charles Galliou et Dimitri Radnic, deux de vos anciens joueurs, ont dit de vous dans la presse que vous êtes « un coach qui a faim ». Vous confirmez ? 

Rires. « Si je n’avais pas faim, je ne serais pas entraineur numéro 1 et je m’exposerais moins. Vous savez, j’ai été très attendu avec beaucoup de défiance il y a deux ans quand je suis arrivé à Chalon-Reims, pas grand monde ne donnait cher de ma peau et j’ai réussi à maintenir le club en Pro B avec la 18eme masse salariale du championnat. Si on n’a pas faim quand on est entraineur, ça ne peut pas passer ! Donc oui j’ai faim, je suis quelqu’un qui se bat et qui sait d’où il vient, je suis résilient et je me suis toujours accroché ». 

«David Holston reste une légende du club, capable d'apporter de la magie quand l'équipe est en difficulté»


Parlons de l’équipe dont vous disposez cette année à la JDA avec 10 joueurs professionnels. Il y a notamment David Holston qui reste une légende à Dijon. Ce sera probablement sa dernière année ? 
 

« Je ne veux pas parler à sa place mais ce qui est sûr, c’est qu’on est plus sur la fin de sa carrière et il ne sera pas utilisé comme il a été utilisé par le passé. Il a 40 ans, on est obligé de protéger son physique et de l’utiliser avec parcimonie et de manière efficace. David est encore capable de faire des choses étincelantes mais sur des durées beaucoup plus réduites. Mais effectivement, c’est un monument, une légende du club et peut-être même le meilleur joueur de l’histoire de la JDA. C’est quelqu’un qui sera capable de débloquer des situations et d’apporter de la magie quand l’équipe sera en difficulté ». 
 
Le contingent américain reste important avec d’autres joueurs comme Justin Bibbins ou Silas Melson qui est arrivé cet été. Il y a aussi le jeune Français Tom Audry, âgé de 19 ans, qui représente la nouvelle génération. 

« Il était en équipe de France U20 cet été, il était au centre de formation du club et il a un talent certain. C’est une pépite et on a fait le choix de le faire passer professionnel parce qu’on pensait qu’il était temps qu’il franchisse ce cap-là. C’est un ailier de 2 mètres qui va très vite et qui a une potentialité très importante ». 

Comment vous voyez cette nouvelle saison au niveau de la concurrence ? 

« Il y aura Paris et l’ASVEL qui sont des équipes d’Euroligue avec une dimension supérieure aux autres, avec aussi des écuries historiques encore très compétitives et il n’y aura plus de petits clubs, donc je pense qu’on aura une compétition très homogène cette année. Il faudra être très endurent et très solide toute l’année ». 

Quel est votre regard sur la situation de Monaco ? 

« Il n’y avait plus d’argent, ils n’ont pas trouvé de repreneur et le club a disparu. Ça a été une locomotive pour le basket français pendant des années, ils ont atteint le final 4 de l’Euroligue, ils ont amené des stars dans le championnat et apporté de l’attractivité à la Betclic Elite. Maintenant, ils ne sont plus là mais il reste quand même l’ASVEL de Tony Parker qui a construit un très bel effectif et aussi Paris. Mais derrière, il y a aussi des clubs historiques comme le Mans, Cholet, Nanterre ou Strasbourg qui sont des gros morceaux et nous on va devoir jouer des coudes ». 

                                                                                                                                 Propos recueillis par Fabrice Aubry

Photographies JDA Dijon basket