
Victime d'une lourde chute, comme le bourguignon Lenny Martinez, Julian Alaphilippe a remporté le sprint... pour la 3ème place, sans savoir que l'étape avait été remportée par le Champion de Belgique Tim Wellens... La faute à la radio, mais une belle démonstration du panache de Julian Alaphilippe.

Le compte-rendu, les petits+ et les grands+... la journée en vidéo et les plus belles photos de l'étape.
Quelques jours après l’embrasement de la cité, un spectacle qui figure un gigantesque incendie de la ville médiévale fortifiée, ce sont les incessants mouvements d’attaques et de contre-attaques qui ont mis le feu à la route entière séparant aujourd’hui Muret de Carcassonne.
Après les nombreux acteurs qui ont animé l’étape, dont Michael Storer, Carlos Rodriguez, Quinn Simmons, Wout van Aert et Mathieu Van der Poel, c’est Tim Wellens qui a mis fin aux débats en attaquant à 43 km de l’arrivée, pour terminer son œuvre en solitaire.
Le champion de Belgique, déjà vainqueur d’étape sur le Giro et la Vuelta, complète sa collection en s’imposant pour la première fois sur le Tour de France, où il est pourtant venu pour prêter main forte à Tadej Pogacar, son leader chez UAE Emirates XRG. Le Maillot Jaune profitera d’une journée de repos avec une avance inchangée de 4’13’’ sur Jonas Vingegaard et 7’53’’ sur Florian Lipowitz, avant de s’attaquer mardi à l’étape du Mont Ventoux.
Chute au km 18
Après le forfait de Lennart Van Eetvelt (Lotto), il reste 166 coureurs dans le peloton au départ de Muret. Comme souvent, les candidats à l’échappée sont nombreux et au km 5, Neilson Powless est le premier d’une longue série d’attaquants et de contre-attaquants du début de l’étape.
Pendant qu’il est rejoint par Foss (Ineos-Grenadiers), Fedorov (XDS Astana) et Lutsenko (Israel-Premier Tech), une chute au km 18 dans laquelle est notamment impliqué Florian Lipowitz occasionne une cassure dans le peloton, juste au moment où la bataille fait rage : dans le premier groupe, de nombreuses équipes cherchent à être représentées dans le coup gagnant ! Jonas Vingegaard évolue aussi momentanément dans un groupe piégé par la cassure.
Van der Poel à l’initiative
Au km 27, c’est Mathieu Van der Poel qui lance un nouveau mouvement d’attaque comprenant dans un premier temps 9 coureurs, puis s’étoffe pour accueillir 15 coureurs.
Au sprint intermédiaire, le peloton qui s’est reconstitué n’accepte absolument pas le départ de Wellens (UAE), Campenaerts, Van Aert (Visma), Powless (EF), Mohoric (Bahrain Victorious), Russo (Groupama-FDJ), Groves, Van der Poel (Alpecin-Deceuninck), Vercher (TotalEnergies), Lund Andresen (Picnic-PostNL), Lutsenko, Stewart (Israel-Premier Tech), De Lie et Drizners (Lotto), qui n’ont que 30’’ d’avance.
L’échappée dans l’échappée…
La configuration évolue légèrement dans la côte de Saint-Ferréol (km 72,8) où Stuyven, Simmons (Lidl-Trek) et Storer (Tudor) rejoignent l’échappée, toujours largement convoitée. Dans la côte de Sorèze (km 86,6), c’est une échappée dans l’échappée qui se détache avec Campenaerts, Wellens, Mohoric, Lutsenko, Powless, Simmons et Storer. Derrière eux, un énorme groupe de contre se forme avec 28 coureurs (dont Alaphilippe, Van Aert et Vander Poel entre autres).
Parmi eux, Carlos Rodriguez (Ineos Grenadiers) parvient à opérer la jonction au km 86, puis c’est ensuite au tour d’Andreas Leknessund (Uno-X) au km 110, et encore Alexandr Vlasov (Red Bull-Bora-Hansgrohe) avec Warren Barguil (Picnic PostNL) au km 113.
La sélection par Michael Storer
Ils sont alors 10 en tête, mais Michael Storer met fin à cette association en attaquant dès les premières pentes du Pas du Sant (km 114), immédiatement suivi de Simmons puis Wellens et Campenaerts, avec qui il bascule au sommet (km 116). Au moment où ce groupe de tête s’enrichit des arrivées de Ca.Rodriguez (Ineos Grenadiers), Vlasov (Red Bull-Bora-Hansgrohe), Lutsenko (Israel-Premier Tech) et Barguil (Picnic PostNL), le champion de Belgique choisit de se libérer de cette concurrence et attaque à 43 km de l’arrivée.
Il se détache avec efficacité et creuse un écart de 1’10’’ à 25 kilomètres de l’arrivée, qu’il fait enfler à 1’40’’ à 10 km, pour finalement franchir la ligne d’arrivée 1’28’’ avant Victor Campenaerts, le premier de ses poursuivants. Le peloton accuse à Carcassonne un retard de 6’07’’.
ASO (Photos ASO
Charly Lopez et Billy Custers)
(sauf mention)
Les petits + et grand + ...
(avec Capgemini)
113 : WELLENS VAINQUEUR SUR LES TROIS GRANDS TOURSEn ajoutant une étape du Tour de France à son palmarès, Tim Wellens devient le 113e coureur à avoir gagné sur les trois Grands Tours. Le Belge a triomphé 2 fois sur le Giro (6e étape en 2016, 4e étape en 2018) et la Vuelta (5e et 14e étapes en 2020). Le 112e à rejoindre cette liste était un autre Belge, Wout van Aert, après avoir débloqué son compteur sur le Giro en mai dernier.
109 : L'EXPÉRIENCE A FAIT LA DIFFÉRENCEÂgé de 34 ans, 2 mois et 10 jours, Tim Wellens est le 861e vainqueur différent sur le Tour, mais surtout le 17e plus vieux coureur à gagner pour la première fois. Il participait aujourd'hui à sa 109e étape, et n'avait jamais signé le moindre top-10. Son meilleur résultat était une 13e place obtenue en 2017 (étape 3). Arrivé sur le Tour en 2015 avec l'équipe Lotto-Soudal, avant de rejoindre UAE Emirates XRG, Wellens a montré des qualités d'attaquant infatigable durant ses six participations.
55 : PREMIER PODIUM FRANÇAIS AVEC "ALAF"Troisième, Julian Alaphilippe est le premier Français sur un podium d'étape cette année. Il signe aussi son premier podium depuis la 1re étape du Tour 2021, remportée à Landerneau. Une attente longue de 55 étapes, ou 4 ans et 24 jours (1 485 jours).
43 : TIM L'ATTAQUANTTim Wellens a lancé son offensive à 43 kilomètres de l'arrivée. Un kilomètre plus loin que le run de Ben Healy vers Vire-Normandie (étape 6). Cela en fait l'attaque victorieuse en solitaire la plus lointaine de ce Tour. Un succès caractéristique de ce coureur, qui était déjà parti à 41 kilomètres de l'arrivée lors de la conquête de son titre de champion de Belgique à Binche, le 29 juin dernier.
3/4 : LES SEIGNEURS DE CARCASSONNELe Français Julian Alaphilippe (3e) empêche la Belgique de signer un triplé. Avec Tim Wellens (1er), Victor Campenaerts (2e) et Wout van Aert (4e), 3 Belges finissent dans le top-4 du jour. Du jamais vu depuis la 9e étape du Tour 2018, arrivée à Roubaix (Greg Van Avermaet 2e, Yves Lampaert 3e, Philippe Gilbert 4e). Le doublé belge Wellens-Campenaerts n'est pas le premier à Carcassonne : lors du dernier passage du Tour ici en 2022, Jasper Philipsen s'était imposé devant Wout van Aert !
5/10 : LA JEUNESSE EN FORCEAvec Florian Lipowitz (3e), Oscar Onley (4e), Kévin Vauquelin (5e), Carlos Rodriguez (9e) et Ben Healy (10e), cinq coureurs du classement du meilleur jeune sont dans le top-10 du classement général avant la seconde journée de repos. L'an dernier, quatre jeunes ont terminé le Tour dans le top-10 (Remco Evenepoel 3e, Carlos Rodriguez 7e, Matteo Jorgenson 8e, Santiago Buitrago 10e). C'était alors une première !
33 : LES VÉTÉRANS RÉSISTENTTim Wellens, Victor Campenaerts et Julian Alaphilippe affichent à eux trois une moyenne d'âge de 33 ans et 255 jours. Il s'agit du 9e plus vieux podium d'étape de l'histoire. Un fait qui contraste avec celui cité juste au-dessus !
8 : JEGAT SE BATDe tous les hommes sortis du peloton aujourd'hui, Jordan Jegat était le mieux placé au classement général (11e). Le Français a fait bonne impression lors des deux premières semaines. Arrivé 8e, il décroche son premier top-10 en 2025, et améliore son précédent meilleur résultat sur le Tour (9e de l'étape 17 en 2024)
1 : STORER LE FIGHTERMichael Storer est récompensé de son premier prix de la combativité, qui est aussi le premier de l'équipe Tudor, nouvelle dans le peloton du Tour. L'Australien avait déjà offert à la formation son premier podium d'étape en finissant 3e à Vire Normandie (étape 6), il y a dix jours.
5 : MOISSON BELGETim Wellens décroche la 5e victoire belge de ce Tour, autant qu'en 2021, 2023 et 2024. Il y en a également eu 6 en 2022. Cela fait 5 Tours de suite que la Belgique gagne au moins 5 fois. Cela en fait le pays le plus victorieux ces 5 dernières années (26, contre 21 pour la Slovénie), pour 495 succès au total.