
C'est bien lui qui a appuyé le plus fort sur les pédales, non seulement pour poursuivre une échappée à 4... Mais aussi pour s'imposer en force sur la ligne à Ussel, dans cette région du Limousin qui était celle de son grand père.


Dimanche 12 juillet, 9ème étape : Malemort > Ussel - Pleine de bosses
et propice aux puncheurs, la 9e étape du Tour de France 2026 était
promise à un grand spectacle en Corrèze. Les candidats à la victoire ont
multiplié les attaques en début de journée, avant que le scénario ne
commence à se mettre en place. Composée de 16 audacieux à l’initiative
de Mathieu Van der Poel (Alpecin-Premier Tech), l’échappée a été divisée
par deux dans le Suc au May. Elle a encore été réduite de moitié dans
le mont Bessou, où MVDP a éliminé tous ses adversaires à l’exception de
Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5), Tobias Johannessen (Uno-X Mobiity) et
Alex Baudin (EF Education-EasyPost). Un autre rival menaçait le
Néerlandais et ses trois compagnons : le peloton Maillot Jaune, composé
d’une quarantaine de coureurs et jamais bien loin.
Le bras de fer a duré
jusque dans les derniers mètres en direction d’Ussel, où Van der Poel a
conclu en beauté une journée qui portait son nom. Il décroche en
puissance sa troisième victoire sur le Tour de France et débloque le
compteur annuel de son équipe, qui prolonge ainsi sa série : elle a
toujours gagné au moins une fois sur la Grande Boucle depuis son arrivée
en 2021. Place à une journée de repos bien méritée, avant une 10e étape
taillée pour les puncheurs et les grimpeurs dans le Massif Central, et
placée sous le signe du feu d'artifice du 14 juillet.
2 690 mètres de
dénivelé positif répartis sur 154,6 kilomètres, avec quatre ascensions
répertoriées au programme : le profil de la 9e étape du Tour de France
2026 a de quoi intéresser des dizaines de membres du peloton, des hommes
polyvalents à l'image du maillot vert Mads Pedersen (Lidl-Trek), aux
grimpeurs capables de faire la différence dans les multiples bosses du
jour. Les puncheurs et baroudeurs l’ont cochée comme l’un des grands
rendez-vous de cette 113e édition. « Il va y avoir une grosse bataille
pour l’échappée », annonce Mathieu Van der Poel (Alpecin-Premier Tech)
au départ. Il ne croit pas si bien dire.
LE SUC AU MAY ÉCLAIRCIT LE SCÉNARIO
Placé
dès le kilomètre 13,9, le sprint intermédiaire de Beynat revient à Mads
Pedersen qui dompte le peloton, mais il marque surtout le début d’une
longue série d’accélérations. Les attaques se multiplient sur le plat,
en descente comme en montée, par exemple dans la côte de Naves (km 46).
Des groupes se forment régulièrement mais personne ne parvient à
s’échapper. Mathieu Van der Poel lance une nouvelle initiative à 97
kilomètres de l’arrivée, et un groupe de 16 finit par se former.
Tobias
Johannessen (Uno-X Mobility) et Quinn Simmons (Lidl-Trek) se détachent à
l’approche du Suc au May (km 74,1). Ses pentes (3,3 km à 7,7 %) font
exploser les coureurs les moins costauds en montée, et voient un
regroupement à un kilomètre du sommet : Johannessen et Simmons sont
rejoints par Van der Poel, Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5), Derek Gee-West
(Lidl-Trek), Lennert Van Eetvelt (Lotto Intermarché), Pablo Castrillo
(Movistar) et Alex Baudin (EF Education-EasyPost).
MVDP EN MODE MVP
La
formation UAE Emirates XRG de Tadej Pogacar n’est pas décidée à laisser
les hommes de tête s’envoler vers la victoire. Elle veille au grain et
laisse un écart maximal d’une minute et 25 secondes au sommet du Suc au
May (km 74,1). Les Netcompany Ineos et Lidl-Trek sont aussi bien décidés
à jouer la gagne. La différence n’est plus que de 50 secondes dans la
côte de la Croix du Pey (km 98,5).
Elle remonte ensuite légèrement sur
la route vers le mont Bessou (km 130,1), où Van der Poel passe à
l’attaque. Seuls Johannessen et Pidcock parviennent à le suivre, avant
que Baudin ne fasse la jonction dans la descente.
Les quatre hommes
ont toujours 50 secondes d’avance à 20 kilomètres de l’arrivée. Le bras
de fer dure jusqu’à Ussel et il est remporté par les quatre attaquants.
Grand animateur de la journée, Van der Poel conclut en beauté en faisant
parler sa puissance devant le public de Corrèze. Jamais deux sans trois
: après Mûr-de-Bretagne 2021 et Boulogne-sur-Mer 2025, MVDP décroche
son troisième succès sur le Tour de France, le premier de l’équipe
Alpecin-Premier Tech cette année. Elle a ainsi gagné au moins une fois
sur toutes ses Grandes Boucles depuis 2021.
Tadej Pogacar (UAE
Emirates XRG) termine avec les hommes du classement général, qui
n'évolue pas. Aucun des quatre maillots distinctifs ne change d'ailleurs
de propriétaire avant que le peloton ne s'attaque aux pentes du Massif
Central, mardi.
(ASO)
(Photos ASO :
homas Maheux
et Charly Lopez)

































