
Depuis deux décennies, Daminou sillonne les routes de France avec cette voiture emblématique des années 80. Une 2CV qui n’a rien perdu de son charme, ni de son efficacité en matière de bonne humeur...

Sur le bitume de l’étape Nantua-Pontarlier, les coureurs ne sont pas les seuls à soulever les foules. Bien avant leur passage, un autre peloton vole la vedette, celui de la mythique caravane publicitaire. Et parmi ses stars, une voiture rayée de vichy rouge et blanc : la 2CV limousine Cochonou. À son volant, un homme que tout le monde surnomme affectueusement Daminou. Vingt ans de Tour, vingt ans de sourires et de klaxons. « Cette voiture, je la connais bien. On en a vu du pays tous les deux », confie-t-il avec un sourire complice, une main sur le volant, l’autre levée pour saluer les spectateurs massés le long des routes.
Depuis deux décennies, Daminou sillonne les routes de France avec cette voiture emblématique des années 80. Une 2CV qui n’a rien perdu de son charme, ni de son efficacité en matière de bonne humeur. Chaque jour, elle distribue des milliers de sachets de croc’sec (500 000 sur l’ensemble du Tour) et quelque 80 à 100 000 bobs Cochonou, devenus ces dernières années un vrai phénomène de mode. « Le public du Tour se rajeunit. Maintenant, le bob Cochonou, c’est presque devenu un accessoire stylé pour les soirées ! »
Mais plus que les gadgets, c’est le lien humain qui marque Daminou. Les fans fidèles qui suivent la caravane, ceux qui viennent sur les parkings pour discuter, offrir des paniers garnis ou simplement échanger un mot. Ce quotidien peuplé de visages et de sourires, il ne s’en lasse pas. « Je n’ai pas un souvenir particulier à vous raconter. Moi ce que j’aime, c’est l’amour qu’on reçoit des gens au bord de la route. C’est ça mon “truc préféré”. »
Quand on lui demande s’il a un coureur fétiche, il répond sans hésiter : « Mon coureur préféré, c’est Mathieu Van der Poel. C’est un très bon coureur, mais surtout, c’est le petit-fils de “Poupou”. Et son grand-père venait toujours faire un coucou à la caravane… » Raymond Poulidor, le chouchou éternel du public, est passé. Mais l’esprit populaire du Tour, lui, reste intact. Dans le sillage de la 2CV Cochonou, il prend même un coup de jeune.
« Vous avez vu l’accueil que nous réserve le public ? Jamais de la vie je changerai de marque ! » Sur la route du Tour, entre deux virages, c’est peut-être ça le vrai podium : un chauffeur, une voiture au charme suranné, des milliers de bobs, et l’amour inépuisable d’un public qui ne s’y trompe pas.
Manon Bollery

















