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23/07/2021 15:17

TOKYO 2020 : Objectif Médaille pour Corentin Le Guen en rugby-fauteuil

Membre régulier de l’équipe de France de rugby-fauteuil depuis 2015, Corentin Le Guen participera, pour la deuxième olympiade consécutive, aux Jeux paralympiques fin août. Rencontre.
En 2009, à 15 ans, Corentin Le Guen prenait part à un entraînement lors d’une séance au pôle espoirs de rugby à Dijon. Un maul s’est effondré sur lui et l’a rendu tétraplégique. Autrement dit, ses membres inférieurs et supérieurs ont été sérieusement touchés. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé dans un fauteuil roulant.

Pour l’amour du rugby et le goût de la compétition


Ceci dit, le compétiteur qu’il est ne s’est pas laissé abattre et voulait entendre à nouveau parler de rugby, «un sport que j’aime pour ses valeurs». Un sport dans lequel il avait pour ambition de devenir professionnel. Seulement un an après son accident, Corentin Le Guen s’est tourné vers le rugby-fauteuil. En surmontant le traumatisme de cet entraînement à l’issue dramatique, pour continuer le sport et la compétition.


Après une rencontre avec Adrien Chalmin de l’ASM Clermont-Ferrand, ancien espoir de rugby à XV, en décembre 2010, Corentin Le Guen a trouvé de quoi s’épanouir sportivement dans la discipline du rugby-fauteuil, même si les règles si différentes en beaucoup de points par rapport au rugby.

Les matchs se jouent à quatre contre quatre sur un terrain de basket-ball, avec un ballon de volley-ball afin de permettre aux pratiquants présentant des handicaps lourds de mieux appréhender le jeu et de mieux s’exprimer. «Tous les contacts entre fauteuils sont autorisés. Nous n’avons pas le droit au retour en zone. Les passes sont autorisées dans tous les sens pour aller marquer l’essai en passant une ligne marquée par deux plots de part et d’autre», explique entre autres règles Corentin Le Guen, qui se plait à retrouver une certaine cohésion d’équipe dans la progression sur le terrain.
Après son accident, dans l’idée de retrouver progressivement le goût de la compétition on l’a dit, il avait d’abord testé la natation handisport «mais c’était trop rébarbatif pour moi».

Depuis la création à son initiative notamment d’une section de rugby-fauteuil à Nuits-Saint-Georges (Club sportif nuiton), on peut d’ailleurs dire que le Côte-d’Orien s’est au fur et à mesure ouvert les portes de la compétition et du haut niveau. À tel point qu’il s’est imposé aujourd’hui, à 27 ans, tel un solide joueur de l’équipe de France.
L’ayant intégrée lors d’un stage à Prague en 2015, il ne l’a plus quittée depuis. Même si son temps de jeu était moins conséquent qu’aujourd’hui, il a pris part aux Jeux paralympiques de Rio en 2016 (7ème avec l’équipe de France au final).

«L’objectif de ramener une médaille n’est clairement pas caché»


À l’échelle mondiale du rugby-fauteuil, les Bleus attaqueront les Jeux paralympiques de Tokyo au 6ème rang, les trois premières places de ce classement mondial étant occupées par l’Australie, le Japon et les États-Unis. L’équipe de France quant à elle sort d’un tournoi relevé en Angleterre, où elle a battu l’équipe anglaise championne d’Europe et quatrième des derniers Jeux paralympiques au Brésil.
Corentin Le Guen affirme : «L’objectif de ramener une médaille n’est clairement pas caché et clairement faisable. Nous sommes prêts et on peut créer une très grosse surprise aux Jeux, personne ne nous attend. Seuls l’Angleterre et le Danemark nous connaissent vraiment».

L’équipe de France connait le programme de sa poule, à commencer par le Japon le 25 août, l’Australie le 26 août et le Danemark le 27 août. Le premier gros challenge sera de se classer à la première ou deuxième place du groupe pour gagner le droit de prolonger l’aventure olympique en demi-finale. La finale et le match pour les 3ème et 4ème place sont annoncés le 29 août.

La perte d’«un peu de saveur» sans public


Pour ce qui est de l’atmosphère olympique, celle-ci sera forcément moins emplie de ferveur du fait d’un événement à huis clos. «C’est une grande fête sportive mais aussi de partage avec le public. Forcément, ça enlève un peu de saveur. Après, le contexte sanitaire fait qu’il faut prendre le moins de risque possible», regrette quelque peu le sportif, espérant que les retransmissions télévisuelles permettront toutefois de faire vibrer du monde.
«Plus de 100 heures de direct sur France Télévisions pour les Jeux paralympiques, c’est très intéressant», glisse-t-il au passage, en appréciant que l’on parle aujourd’hui «de vrais compétiteurs et pas seulement de personnes handicapées qui font du sport».

«Pour l’instant, les Jeux ne sont pas annulés donc on fait tout pour être le plus performant possible», lance-t-il également, lui qui se concentre actuellement sur la préparation physique - 3 à 4 fois par semaine chez Cesar Crossfit à Fontaine-lès-Dijon là où nous l’avons rencontré avec sa coach Floriane Ravelonarivo -, tout en prenant le temps de soigner d’éventuelles douleurs musculaires par des séances de kinésithérapie.

Du 9 au 16 août, un stage à l’INSEP permettra au groupe de 14 Bleus de peaufiner leur jeu, avant de s’envoler pour le Japon le 16 août et d’atterrir à Tokyo le 17 août. Avec la hâte de prendre ses marques dans le village olympique et de profiter de l’événement dans toutes ses composantes, plus longtemps qu’à Rio, si possible jusqu’au 29 août avec une belle médaille autour du cou.

Toute la Côte-d’Or est d’ailleurs lui et son coéquipier Sébastien Verdin. Le 5 juillet dernier, ils étaient parmi les compétiteurs à avoir reçu un soutien et des honneurs lors d’une réception organisée par le Conseil départemental de la Côte-d’Or.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Des sportives et sportifs mis à l’honneur avant leurs départs

aux Jeux Olympiques et Paralympiques









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