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31/05/2020 13:22

TOKYO 2021 : En canoë, Marine Sansinena reprend l’entraînement sur le lac Kir

La sportive de haut niveau peut s’entraîner sur le lac Kir depuis le déconfinement. Sélection en équipe de France et qualification pour les JO de Tokyo en canoë sont toujours dans son viseur. Rencontre avec la compétitrice, qui se remet progressivement en route vers ses objectifs.
Entre s’entraîner sur une machine à pagayer fixe et se retrouver sur le bateau au milieu d’une large étendue d’eau, qui plus est embellie par un cadre foisonnant de nature et ensoleillé, le changement est notable. C’est ce dont peut profiter Marine Sansinena.

Licenciée à la section de canoë-kayak de l’ASPTT Dijon et sportive de haut niveau en canoë, la Dijonnaise a obtenu une dérogation dès la première semaine de déconfinement et a donc été autorisée à revenir s’entraîner sur le lac Kir, aux abords duquel la base nautique abrite notamment les locaux du club. A noter que, dans sa quête des JO, Marine Sansinena reçoit le soutien financier de la Ville de Dijon.

«Faire corps avec le bateau» à nouveau


«Les sensations ne sont pas du tout les mêmes», peut assurer Marine Sansinena. Si le confinement passé chez ses grands-parents lui a permis d’exploiter le jardin pour s’entraîner, le retour au lac kir est une vraie remise en conditions. «En canoë, il y a un mouvement pour que l’on puisse garder sa ligne, un mouvement que l’on n’a pas besoin de faire sur la machine… Et depuis que j’ai repris, le vent est souvent de côté. Le premier jour d’entraînement, ça faisait bizarre. C’était plutôt bon pour la stabilité et l’équilibre mais c’est vrai qu’il a fallu forcer quand même. La première séance de 45 minutes était pour faire corps avec le bateau. C’était plus de la navigation, du pagayage au train, comme le footing que l’on reprend mais en bateau. Je pouvais me vider la tête avant de me relancer sérieusement», dit-elle.

Une motivation pour les JO intacte


En même temps, Marine Sansinena ne s’est pas maintenue en forme pour rien durant le confinement. Depuis ce jeudi 28 mai, elle en sait même plus sur le calendrier des compétitions. Un Open de France est annoncé le dernier week-end du mois d’août, puis un autre en octobre… Soit deux opportunités pour la céiste d’obtenir enfin sa sélection en équipe de France de vitesse et de pouvoir viser ensuite les quotas pour une qualification aux Jeux Olympiques de Tokyo 2021. «Tant qu’il y a des sélections, tout reste à jouer», lance la compétitrice, elle qui s’est concentrée sur le sprint (200 m et 500 m) depuis 2016 avec justement l’ambition de participer à la prochaine olympiade (sa discipline de prédilection qu’est le marathon n’est pas une discipline inscrite aux JO).

«Les Jeux sont certes reportés mais maintenus. Il y a toujours cet enjeu, cette motivation», insiste-t-elle, en confirmant implicitement que le report est la décision raisonnable qu’il fallait prendre. Elle nous avait d’ailleurs fait part de son sentiment le jour de la décision du CIO (retrouvez notre article en cliquant ici).

Positivisme et remise en rythme en mode post-confinement


«Pendant le confinement, le problème je pense est que tout le monde n’a pas pu s’entraîner de façon équitable, et on ne peut pas repartir à fond directement. Mais je pense que si on a fait en sorte de garder un bon état de forme, ce qui est mon cas, on peut reprendre. Un an en plus, ça me laisse un peu plus de temps pour continuer à progresser, c’est plutôt un avantage».
Sans oublier une crise sanitaire à surveiller de près dans le sens où celle-ci a montré que le sport de haut niveau peut être impacté du jour au lendemain comme d’autres secteurs, Marine Sansinena positive sur la période qu’elle vient de vivre et ne compte pas griller les étapes aujourd’hui : «Je me remets dans le rythme jour après jour. Le but est de performer sur les sélections, de montrer ce que je vaux».

La Dijonnaise a gardé sa ligne de sprint et désire aller vers un horizon radieux. Au lac Kir, elle peut pour l’instant profiter de trois matinées par semaine sur l’eau. Le respect des mesures sanitaires font que les locaux et donc la salle de musculation de la base nautique ne lui sont pas encore accessibles, mais elle s’adapte. En appréciant les plus que lui apportent déjà l’autorisation de pratiquer sur le lac. «Chez moi, je me suis entraînée quasiment comme avant je dirais mais avec beaucoup d’adaptations… Ça ne vaut quand même pas les installations au club même si j’ai pu axé un travail sur la technique pendant le confinement. Là, les vestiaires et toutes les salles sont fermées. J'arrive avec ma pagaie, je me lave les mains et je ne prends que mon bateau dans le local avant d'aller sur l'eau...».
Qu'importe pour le moment si les locaux sont inaccessibles. Car désormais, il est l’heure de retrouver une certaine allure sur l’eau sur un bateau de 5,20 mètres de long.

Paris 2024 après Tokyo 2021 ?


À bientôt 29 ans, la compétitrice veut croire fortement à un séjour olympique au Japon, et pourquoi pas à Paris 2024, dans une discipline - épargnée les chocs et autres contacts avec les adversaires - où la Dijonnaise assure que l’on peut durer et être performant au-delà de la trentaine passée. Marine Sansinena s’accroche en tout cas à son rêve olympique et se donne les moyens pour celui-ci devienne réalité.


Alix Berthier
Photos : Alix Berthier