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31/10/2023 03:15

BASKET (Betclic Elite) : Nenad Markovic, l'entraîneur de la JDA Dijon, sur un siège éjectable

L’entraîneur Nenad Markovic est de toute évidence en danger… Après la terrible défaite de la JDA sur son parquet contre la JL Bourg-en-Bresse 66 à 84, la question de l’avenir du coach bosniaque dans la cité des Ducs commence à trotter dans la tête des dirigeants dijonnais.
En effet, sur le dernier quart temps de cette rencontre, Nenad Markovic est apparu comme médusé et totalement désabusé en restant cloué sur son banc alors qu’il a l’habitude de coacher debout près de ses joueurs.
Pire encore, sur plusieurs séquences ce sont ses assistants qui sont montés au créneau pour remobiliser les joueurs. Le Bosniaque semblait sans vie et sans énergie alors qu’il est connu pour ses emportements vocaux qui raisonnent habituellement dans le Palais des Sports.
La question du changement de coach est désormais légitime à Dijon. Tout d’abord sur un aspect purement comptable la JDA reste scotchée au fond du tableau en pointant à la 15ème place (3 victoires pour 6 défaites). Alors oui il est vrai que le calendrier de la JDA était particulièrement relevé sur ces premières semaines avec des défaites contre les 4 premières équipes du championnat (Monaco, Cholet, Paris Basket et Bourg-en-Bresse).

La qualité du jeu en question... avec la 2ème pire attaque

Pour autant, ce qui questionne et interpelle c’est la qualité du jeu proposé par l’équipe dijonnaise. En effet, pour reprendre le match contre Bourg-en-Bresse ce qui a sauté aux yeux est tout simplement l’écart de niveau abyssal séparant, à l’heure actuelle, la Jeanne des meilleurs équipes du championnat.
Dijon est, à la 9ème journée, la deuxième pire attaque du championnat avec seulement 73,4 pts marqués (seul les Mets étant à 0 victoire font moins bien). Les problèmes offensifs s’expliquent à plusieurs niveaux :
Tout d’abord le jeu offensif proposé par Markovic est ultra stéréotypé et basé sur les exploits individuels de ses joueurs. En effet, Dijon joue essentiellement en isolation sans faire circuler la balle. Cela se vérifie par le fait que Dijon est l’équipe qui fait le moins de passes décisives avec seulement 15,2 passes / match. A titre de comparaison les tops attaques du championnat tournent autour de 19, 20, 21 passes par match.

5ème à tirer à 3 points, mais avec le pire pourcentage de réussite

Ce manque de mouvement de balle ne permet donc pas de créer des espaces et des décalages dans les défenses adverses ce qui contraint les joueurs de la Jeanne à tenter des tirs que nous pourrons qualifier de forcés notamment à 3 pts. En effet, Dijon est la 5ème équipe tirant le plus à 3 pts (25,4 tentatives) mais est celle avec le pire pourcentage de réussite avec seulement 30%.
Face à ce constat, on pourrait penser que Markovic décide de recentrer le jeu de son équipe pour aller chercher des points plus près du panier. En effet, il serait intéressant d’utiliser les qualités de Vitalis Chikoko pour travailler post-up, les qualités en pénétration d’Holston ou Hrovat, la verticalité de Dokossi ou encore le jeu mi-distance de Hunt pour scorer à 2 pts. Mais cela, ne semble absolument pas se concrétiser car Dijon est tout simplement l’équipe qui tente le moins de tirs à 2 pts avec seulement 31,6 tentatives par match.

Pas d'énergie et pas de symbiose collective

Le système offensif de Markovic peut donc être fortement remis en cause au vu des résultats obtenus. Mais au-delà de cela, on a l’impression que le groupe dijonnais ne semble pas habité par une énergie et une symbiose collective. Cela se confirme notamment du point de vue des rebonds captés.
En effet, lorsqu’on a au sein de son effectif l’un des top pivots des dernières saisons (Vitalis Chikoko), le deuxième meilleur rebondeur de la saison dernière (Allan Dokossi), ainsi qu’un véritable pitbull sur le terrain (Gregor Hrovat) on s’attend au minimum à être dans la première moitié des équipes captant le plus de rebond. Pour autant, Dijon est l’avant dernière équipe en terme de rebonds captés (30,6/ match).
Cette stat peut paraître banale mais l’exercice du rebond en basket démontre d’un véritable effort et engagement collectif de l’équipe. Le fait que la JDA soit aussi basse au vu de ses qualités intrinsèques dans l’exercice démontre un groupe qui ne s’engage pas pleinement. Cela peut donc questionner l’influence et l’impact réel de Nenad Markovic sur son groupe et l’énergie qu’il peut insuffler.
Il est donc légitime de se questionner sur la pertinence de conserver Nenad Markovic à son poste. Même si il faut reconnaître que le coach Bosniaque parvient encore et toujours à faire de la JDA une véritable forteresse défensive.

2ème défense du championnat, oui mais...

La Jeanne est à l’heure actuelle la deuxième meilleure défense du championnat avec 72,8 pts encaissés / match. Au-delà du coach on peut également se questionner sur l’effectif et le recrutement. Est-ce que la perte de McDuffie et Ware dans le système Markovic n’était-elle pas trop importante ? Se pose aussi la question de la «Holston dépendance»...
La question pour les dirigeants dijonnais est donc de savoir si au vu de l’effectif on décide de laisser Markovic en place et de réaliser des ajustements dans l’effectif en recrutant des joueurs très forts individuellement et sur isolation pour coller au système du coach Bosniaque. Ou bien est-ce qu’on change d’entraîneur pour exploiter de meilleure façon les potentialités de l’effectif déjà présent.
Ce qui est sûr c’est que le temps presse et qu’une décision devra rapidement être prise afin que la JDA ne compromette pas définitivement ses chances d’atteindre les play-offs. En ce sens, le déplacement à Strasbourg sera crucial. Peu importe les décisions prises. Avant ou après.
M.L.