
Dans son discours à l'occasion de la Fête du Trône, ce mercredi 30 juillet, à Dijon, le représentant du Maroc en Bourgogne-Franche-Comté a mis en avant «une politique volontariste s'appuyant sur des valeurs humanistes majeures». L'élu régional Hicham Boujlilat a souligné «les relations de fraternité et des relations commerciales» établies avec le royaume chérifien.

Grand événement national du Maroc, après la Fête de l'Indépendance, la Fête du Trône est célébrée par les Marocains du monde entier. Elle marque l'anniversaire de l'intronisation du roi Mohammed VI, le 30 juillet 1999.
Dans ce cadre, le consulat général du royaume du Maroc à Dijon a organisé, ce mercredi 30 juillet 2025, une réception dans les salons du Grand Hôtel La Cloche Dijon. Pour participer à ce temps de relations internationales entre le Maroc et la France, de nombreux invités sont venus de toute la région, représentant les institutions territoriales ainsi que les secteurs économiques, culturels et sportifs.
Le consul Abdelali Bellemlih a accueilli personnellement chaque participant, autour des portraits du roi Mohammed VI et du président de la République française Emmanuel Macron ainsi que des drapeaux des deux pays.
Les réalisations du «Maroc émergent»
Durant son discours, le consul Abdelali Bellemlih a mis en avant «les plus importantes réalisations accomplies par le royaume» en 26 ans, «au rythme d'une dynamique de développement qui place le bien-être du citoyen marocain au cœur de ses objectifs». «Le royaume se voit ainsi propulser au rang de modèle sur les plans régional et continental.»
Parallèlement, une vidéo illustrait le propos avec des images du «Maroc émergent» : port Tanger Med, LGV Tanger-Kénitra – inaugurée en 2018 en présence d'Emmanuel Macron –, aéroports, autoroutes, ouvrages d'art ou encore immeubles «ultramodernes».
Un «Nouveau Modèle de développement»
Comme l'a relayé le consul Abdelali Bellemlih, les projets royaux visent à «améliorer le niveau de vie des Marocains» et à «lancer les bases d'une économie compétitive».
Sur le plan économique, le PIB marocain a triplé en un quart de siècle. Le royaume chérifien met désormais le cap vers 2035, dans le cadre du «Nouveau Modèle de développement», initié en 2015.
Ce plan intègre l'objectif d'atteindre 52% d'énergies renouvelables dans le mix électrique du pays d'ici 2030 : «un des plus grands programmes de développement durable dans le monde».
Dans le secteur industriel, le Maroc est devenu, en 2024, le premier producteur africain de voitures, passant devant l'Afrique du Sud.
La période sera marquée notamment par la coorganisation, avec l'Espagne et le Portugal, de la Coupe de monde de football 2030. Pour l'occasion, cinq stades seront rénovés à Agadir, Fès, Marrakech, Rabat et Tanger tandis qu'un nouvel équipement de 115.000 places sera construit à Casablanca.
Un futur port pour développer les provinces du sud
Conçu pour «accompagner l'essor économique des provinces du sud du royaume», le futur port atlantique en eaux profondes de Dakhla – dont le coût des travaux est estimé à plus d'un milliard de dollars – revêtira «une importance stratégique pour l'Afrique et pour le monde».
«L'initiative pour l'Atlantique, impulsée par Sa Majesté le roi Mohammed VI, ouvre des perspectives prometteuses en termes d'intégration économique, de stabilité politique, de paix et de développement pour les pays africains et leurs partenaires», a déclaré le consul Abdelali Bellemlih. «Sa Majesté le roi a voulu associer les pays enclavés du Sahel en mettant à leur disposition des infrastructures marocaines routières, ferroviaires et portuaires.»
L'orateur a revendiqué «le rôle prépondérant du royaume au sein du continent africain et son engagement actif et constant en faveur d'une coopération sud-sud renforcée et solidaire».
«Une politique volontariste s'appuyant sur des valeurs humanistes majeures»
Dans le champ social, selon le consul Abdelali Bellemlih, «le souverain a amorcé, dès son accession au trône, une philosophie de règne marquée par une politique volontariste s'appuyant sur des valeurs humanistes majeures». «Des réformes multidimensionnelles dédiées à l'édification d'un état social fort et inclusif ont contribué à métamorphoser le visage du royaume. Ces réformes placent le développement social et humain au cœur des projets structurants dans l'objectif de réaliser une croissance économique durable.»
Création de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, révision du code de la famille, lancement de initiative nationale pour le développement humain (INDH) font partie des exemples cités.
«L'opérationnalisation du Nouveau Modèle de développement a eu pour objectif de renforcer les bases d'un Maroc inclusif qui offre opportunités et protection à tous et où le lien social est consolidé», a insisté l'orateur.
La question du Sahara est «le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international»
Saluant «le développement très positif que connaissent les relations bilatérales entre le royaume du Maroc et la République française», le consul Abdelali Bellemlih a rappelé que, en 2024, Emmanuel Macron a déclaré soutenir «l'autonomie sous souveraineté marocaine» du Sahara occidental dans le cadre d'un plan présenté à l'ONU en 2007. S'en est suivie la signature d'un accord de partenariat entre les deux pays.
Relevant les autres «succès diplomatiques» du Maroc – auprès des États-Unis ou encore de la Grande-Bretagne, l'orateur a considéré que le royaume devenait ainsi «un acteur-clé et écouté sur la scène continentale et internationale». «La diplomatie fait de la question du Sahara le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international.»
Pour faire le lien avec le chantier du port de Dakhla, le consul a considéré qu'«une politique perspicace a permis de faire du Sahara marocain un hub de développement dans la vaste façade atlantique de l'Afrique».
La «politique de la main tendue» à l'Algérie
Le sujet a été évoqué par le roi Mohammed VI dans son traditionnel discours à l'occasion de la Fête du Trône. Ce mardi 29 juillet, le souverain chérifien a renouvelé «sa politique de la main tendue aux Algériens» : « le peuple algérien est un peuple frère que des attaches humaines et historiques séculaires lient au peuple marocain, particulièrement par la langue, la religion, la géographie et le destin commun» (
retrouver le discours).
«Vive la France, vive le Maroc, vive l'amitié franco-marocaine et vive le roi», a conclu le consul Abdelali Bellemlih avant que ne soit chanté l'hymne national marocain.
Le consulat du Maroc, «une richesse» pour Dijon
«La préfecture travaille très bien avec le consulat», a réagi le sous-préfet Denis Bruel, représentant le
préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, interrogé par
Infos Dijon à l'issue du discours.
Le Maroc est le seul grand pays de la rive sud de la Méditerranée a avoir établi un consulat dans la capitale de la Bourgogne-Franche-comté. «C'est une richesse», a remarqué Nuray Akpinar-Istiquam, élue représentant la maire de Dijon et le président de la Métropole. «Il y a de bonnes relations entre la Ville de Dijon, la Métropole de Dijon et le consulat.»
«On a une belle communauté franco-marocaine sur la métropole. Je perçois beaucoup plus d'ouverture au public autour des services administratifs rendus aux franco-marocains avec un travail fait autour des différentes animations culturelles de la Ville et de la Métropole notamment dans le cadre du festival Nuits d'Orient et d'ailleurs», a développé l'élue dijonnaise.
Entre Dijon et le Maroc, «des liens humains et des partenariats qui ont du sens»
Depuis 2015, les communes de Dijon et de Chefchaouen, située au sud-est de Tanger, ont entamé un rapprochement autour de l'alimentation durable, du fait de leur inscription respective au Patrimoine mondial de l'UNESCO : la première en lien avec le Repas gastronomique des Français et la seconde en lien avec la Diète méditerranéenne.
Par ailleurs, la Métropole de Dijon favorise les liens touristiques avec le Maroc tandis que la Ville de Dijon contribue à l'organisation de cérémonies de remises de médailles à d'anciens combattants marocains.
«Ce sont des liens humains et des partenariats qui ont du sens», a souligné Nuray Akpinar-Istiquam, «cela découle de la bonne relation entre la France et le Maroc».
Dans le secteur agricole, «le Maroc est un important producteur de phosphate»
Maire de Hauteville-lès-Dijon et récemment élu président de la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or, Jacques Carrelet de Loisy a pu converser pour la première fois avec le consul.
Les échanges agricoles entre la France et le Maroc sont particulièrement développés. Les céréaliers côte-d'oriens peuvent exporter en direction du royaume chérifien : «les céréales descendent la Saône et le Rhône pour aller jusqu'à Fos-sur-Mer et peuvent être chargées dans des bateaux pour aller à El Jadida, Casablanca ou Tanger».
«Le Maroc est un important producteur de phosphate», a souligné celui qui est également agriculteur, «un engrais qui peut venir nourrir les terres de notre région».
«Des relations étroites d'amitié, de fraternité et de coopération» entre la Côte-d'Or et le Maroc
«La communauté marocaine est importante en Côte-d'Or», a relevé également François-Xavier Dugourd, élu représentant le président du conseil départemental de la Côte-d'Or. «Depuis de longues années, on a des relations étroites d’amitié, de fraternité et de coopération. Les liens sont humains, surtout, avec de nombreux ressortissants marocains.»
«C'est important de marquer aussi notre reconnaissance à l'organisation du consulat qui apporte de vrais services à ses ressortissants», a déclaré l'élu côte-d'orien, «il y a des aspects économiques, d'emplois et de tourisme notamment».
«Le Département participe à la liaison aérienne avec Marrakech, au travers de l'aéroport Dole-Jura», a-t-il ajouté, «c'est une liaison qui est très fréquentée».
«De l'amitié d'abord, des relations commerciales aussi», entre la Bourgogne-Franche-Comté et le Maroc
«Avec cette présence à Dijon, en particulier, et des permanences sur l'ensemble de la région, ce sont des relations qui sont anciennes», a remarqué Hicham Boujlilat, élu représentant la présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. «Il y a une diaspora marocaine sur notre territoire, comme il y a d'autres diasporas, espagnole ou portugaise, en particulier.»
«La Région a une politique de coopération et de solidarité internationale qui est extrêmement forte, appuyée par Bourgogne-Franche-Comté International, avec laquelle on travaille pour développer des projets, ici et là-bas, pour avoir les meilleures relations possibles de fraternité et, également des relations commerciales les plus denses possibles, à travers la Chambre de commerce et d'industrie régionale qui a un pôle international», a développé l'élu régional. «C'est de l'amitié d'abord, c'est des relations commerciales aussi.»
Jean-Christophe Tardivon





















































