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06/02/2020 13:26

AOC BOURGOGNE : Les communes menacées sont «sauvées» selon François Patriat

La mobilisation des vignerons et des élus a permis de faire bouger les lignes sur le dossier des communes menacées de perdre leur appellation Bourgogne. Le sénateur LREM de la Côte-d'Or s'est exprimé au sortir de la réunion avec l'INAO.
Le dossier agite le monde du vin depuis plusieurs jour avec une montée en tension aboutissant ce jeudi 6 février 2020 à une manifestation de Bourguignons à Montreuil (Seine-Saint-Denis). L'organisme en charge du dispositif français des identifications de qualité et d'origine avait mis sur la table un projet revoyant la délimitation de l'aire de production de l'AOC Bourgogne.

Des communes viticoles emblématiques ou en devenir n'auraient plus pu afficher «Bourgogne» sur l'étiquette des bouteilles de vin produites. Cela concernait le Chablisien, le Mâconnais, le Châtillonnais et le Dijonnais. Les enjeux économiques étaient importants au point de mobiliser l'ensemble des acteurs de la filière ainsi que les élus de différents partis.

Plus de 400 Bourguignons étaient donc ce jeudi matin devant le siège de l'INAO à Montreuil pour faire part de leur mécontentement. À l’initiative du sénateur LREM de la Côte-d'Or François Patriat, une rencontre a eu lieu entre une délégation bourguignonne et le président du comité national de l'INAO. Parmi cette délégation, des représentants de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB) et de l'Organisme de défense et de gestion des AOC en Bourgogne (ODG Bourgogne) ainsi que la présidente de Région Marie-Guite Dufay, le président du conseil départemental de l'Yonne Patrick Gendraud, le président du conseil départemental de la Saône-et-Loire André Accary et une dizaine de députés et sénateurs.

«Nous avons obtenu totalement gain de cause»


Interrogé par Infos-Dijon, François Patriat a livré son analyse à l'issue de cette réunion. «Nous avons obtenu totalement gain de cause» concernant la demande de maintenir dans l'AOC Bourgogne les zones de production bourguignonnes menacées. «Le président du comité national de l'INAO a confirmé lui-même qu'en aucun cas il n'accepterait la proposition des experts».

Le point qui reste encore en discussion concerne la délimitation de zone car les 85 communes du Beaujolais réclament la possibilité de vendre sous l'appellation Bourgogne. Pour des questions d'identité, les Bourguignons s'opposent à cela. La délégation a demandé «à ce que les travaux des experts soient repris intégralement sur la base des déclarations de récoltes et qu'une nouvelle proposition soit faite».

Le président du comité national de l'INAO se serait personnellement engagé à participer aux commissions élaborant la nouvelle proposition des experts. Cela devrait permettre de délimiter plus finement des autorisations de plantations de chardonnay et en pinot noir dans le Beaujolais pour faire du Bourgogne.

«La Bourgogne, c'est la Bourgogne. Le Beaujolais, c'est le Beaujolais»


«Après avoir sauvé les appellations régionales, nous avons insisté sur le fait que nous voulons garder l'identité de la Bourgogne. La Bourgogne, c'est la Bourgogne. Le Beaujolais, c'est le Beaujolais». Le sénateur a salué la «pertinence» des propos de Thiébault Huber, président de la CAVB.

Les manifestants et la délégation ont donc obtenu la préservation de l'AOC Bourgogne ainsi que la révision du rapport des experts concernant la demande des villages du Beaujolais. Les élus et la filière se retrouvent à devoir anticiper une possible saisine du Conseil d’État qui pourrait amener à ce que 10.000 hectares du Beaujolais produisent du bourgogne.

Une éventualité que les vignerons bourguignons refusent pour préserver l'identité des vins de Bourgogne. «Il faut trouver un accord raisonnable » selon François Patriat. Selon nos informations, un compromis autour de quelques milliers d'hectares pourrait apaiser les tensions entre les deux régions viticoles.

D'après des témoins, la manifestation s'est déroulée dans une ambiance «sympathique». Les participants arborant les couleurs de la Bourgogne grâce à des tabliers de vignerons fournis par le BIVB pour faciliter l'identification visuelle des manifestants.

Jean-Christophe Tardivon

Photos DR