
Deux jours après l'adoption de la loi sur la fin de vie, la député socialiste de la Côte-d'Or a organisé, ce vendredi 17 juillet, à Dijon, une réunion de bilan de son activité parlementaire des derniers mois. «Il faut dire non à la révision de la gouvernance de l'eau», a déclaré son suppléant Stéphane Woynaroski.

Le texte sur l'aide à mourir en étendard, la loi Duplomb en opposition et la «loi intégrale» concernant les violences sexistes et sexuelles comme cap. Ce vendredi 17 juillet 2026, à la base nautique du lac Kir, à Dijon, Océane Godard (PS) députée de la première circonscription de la la Côte-d'Or, a proposé un point de situation de son activité parlementaire et tracé des perspectives en direction des prochaines échéances électorales.
Avec son suppléant Stéphane Woynaroski (PS), conseiller municipal d'opposition à Talant et conseiller régional délégué de Bourgogne-Franche-Comté, la socialiste a rassemblé près de 150 personnes dont Patrick Molinoz (PRG), président de la communauté de communes du Pays d'Alésia et de la Seine et vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Céline Maglica (PS), conseillère départementale d'opposition et adjointe au maire de Dijon, et Antoine Hoareau (PS), premier adjoint au maire de Dijon et vice-président de la Métropole de Dijon.
Antoine Hoareau incite à «faire en sorte qu'Océane Godard reste notre députée»
«On a de la chance d'avoir une députée qui bosse, ce n'est pas le cas dans toutes les circonscriptions», lance Antoine Hoareau en prenant le micro pour accueillir les participants. «En tant qu'élu, on peut compter sur notre députée pour défendre les collectivités au quotidien dans son travail à l'Assemblée nationale.»
«Au moment où l'extrême-droite n'a jamais été aussi proche du pouvoir, il faut que nous soyons toutes et tous très responsables», alerte le socialiste en référence à l'élection présidentielle de 2027. «Quand on voit le délitement de la gauche, (…) ce qui nous guette, c'est la montée des extrêmes. (…) J'en appelle à tous les responsables nationaux pour porter la voix de la responsabilité à l'échelle nationale pour faire en sorte que tout ce morcellement, à un moment donné, se rassemble pour porter une alternative politique crédible à cette montée inexorable de l'extrême-droite.»
En cas d'élections législatives consécutives à la présidentielle, Antoine Hoareau appelle à la mobilisation pour «faire en sorte qu'Océane [Godard] reste notre députée» et que «cette circonscription reste une circonscription portée par une élue progressiste qui rassemble au-delà des étiquettes politiques».
Patrick Molinoz rappelle que la loi sur l'aide à mourir a été initiée par un radical de gauche
«Océane [Godard] est une des grandes fiertés de la Bourgogne-Franche-Comté», déclare ensuite Patrick Molinoz, s'exprimant au nom de Jérôme Durain (PS), président du conseil régional.
Dans la foulée, le Côte-d'Orien rappelle que la loi sur la fin de vie a été initiée, en 2017, par un radical de gauche, Olivier Falorni [NDLR : celui-ci est désormais sans étiquette ; député de 2012 à avril 2026, il est maire de La Rochelle depuis les dernières municipales].
Patrick Molinoz range le texte sur la fin de vie parmi «les grandes lois» que furent l'abolition de la peine de mort et la possibilité de contracter un mariage entre personnes du même sexe.
Dans le prolongement de cette intervention, les organisateurs diffusent une vidéo récapitulative des actions et prises de position de la députée depuis la cérémonie de vœux, le 30 janvier dernier, à Messigny-et-Vantoux.
«Depuis la fin des années 70, les scientifiques nous alertent» sur le changement climatique
«Le travail d'Océane [Godard] est un travail de terrain et de proximité», vante alors Stéphane Woynaroski qui, à son tour, revient sur l'adoption de la loi relative au droit à l'aide à mourir à la suite d'un «débat âpre, rude, violent, au moins verbalement et épistolairement». «Il ne faut pas confondre débat et insulte, argument et invective.»
Le socialiste enchaîne avec les «épisodes météorologiques qui ont impactés et impactent nos vies» et les conséquence des canicules «sur la santé, sur notre travail, sur notre vie».
«L'épisode climatique extrême que nous avons connu mercredi soir [NDLR : le 15 juillet dernier (
lire le communiqué)], de manière très localisée mais très forte, est directement lié à ce changement dont nous, l'espèce humaine, sommes responsables», analyse-t-il. «Depuis la fin des années 70, les scientifiques nous alertent, décrivent ce que nous subissons et ce que nous subirons. (…) Peut-être aurions-nous dû collectivement écouter de manière plus importante ce que la communauté scientifique nous disaient.»
Dans ce contexte, Stéphane Woynaroski appelle à «affecter des vrais moyens à la transition écologique pour lutter contre le changement climatique et l'effondrement du vivant». «Le Fonds vert a fondu. On court après les moyens. (…) Lundi, revient sur le tapis la sinistre loi Duplomb contre laquelle nous sommes des millions à avoir pétitionné l'an dernier. (…) Il faut dire non à la réintroduction de certaines molécules et à la révision de la gouvernance de l'eau.»
Océane Godard défend le texte sur la fin de vie comme «une grande loi républicaine de progrès et d'humanité»
En début de d'intervention d'Océane Godard, les organisateurs retransmettent son discours à la tribune de l'Assemblée nationale, au nom du groupe Socialistes et apparentés, le 15 juillet dernier (
lire le communiqué). Un extrait des débats longuement applaudi par l'assistance de la base nautique.
Se référant à la «pensée complexe» chère au philosophe Edgar Morin, décédé en mai dernier, Océane Godard a défendu la loi relative au droit à l'aide à mourir, vue comme «une grande loi républicaine de progrès et d'humanité» : «il ne s'agit pas d'une loi qui encourage à mourir. (…) La loi relative à l'aide à mourir ne tuera pas, c'est la maladie qui tue. (...) Il s'agit de savoir quelle lumière nous voulons laisser entrer dans les derniers jours de l'existence quand la médecine ne peut plus guérir, quand la souffrance vient un horizon sans aurore ?»
Dans l'attente de la décision du Conseil constitutionnel
Cette loi étant voulue également par Emmanuel Macron, l'exécutif national avait confié le dernier mot aux députés alors que les sénateurs étaient majoritairement hostiles.
Sans consigne de vote, on retrouve majoritairement les députés favorables à la gauche et au centre de l'hémicycle et les opposants à droite. En Côte-d'Or, en plus d'Océane Godard, ont voté pour Catherine Hervieu (LE) et Pierre Pribetich (PS) tandis qu'Hubert Brigand (LR) et René Lioret (RN) ont voté contre.
In fine, l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi en lecture définitive par 291 voix contre 241 et 29 abstentions. Le Conseil constitutionnel a été saisi du texte notamment par le président du Sénat – les sénateurs ayant rejeté la loi par trois fois – et le Premier ministre. Les partisans du texte doivent désormais attendre la décision des Sages avant que la loi ne soit promulguée.
«Sébastien Lecornu a créé les conditions de la négociation »
Dans un contexte où aucune coalition n'a de majorité absolue à l'Assemblée nationale, Océane Godard assume «l'opportunité incroyable de faire de la politique autrement» en prenant pour exemple la séquence budgétaire débutée à l'automne 2025 : «pour la première fois, le Premier ministre Lecornu a initié une autre méthode, ce que n'avait pas fait [François] Bayrou, ce que n'avait pas fait [Michel] Barnier».
«[Sébastien] Lecornu a créé les conditions de la négociation en proposant aux partis républicains de se mettre autour de la table. (…) Cette méthode là me semble très intéressante», souligne la socialiste qui avait eu des mots durs pour François Bayrou, lors de la rentrée scolaire 2025 (
lire notre article), quelques jours seulement avant qu'il ne doive démissionner, ayant échoué au vote de confiance.
Quelques mois plus tard, en raison du «compromis» obtenu par le PS, les députés socialistes se sont refusés à voter la censure du gouvernement de Sébastien Lecornu quand il a engagé sa responsabilité pour faire adopter le projet de loi de finances pour 2026.
«La démocratie est encore le plus bel outil que nous ayons inventé pour transformer le réel et accompagner les vies», s'enthousiasme la députée qui a pour mot d'ordre le triptyque «valeurs, vision, méthode».
La socialiste salue «les énergies qui tiennent le pays»
«Je rencontre une France qui avance, qui a envie, je rencontre ces hommes et ces femmes qui réparent les fractures», déclare Océane Godard qui, plutôt qu'aux commentaires moroses, se réfère aux Jeux olympiques de Paris 2024 ou à la Coupe du monde de football 2026. «Lorsque la fraternité est placée au bon endroit, alors notre République est belle joyeuse, apaisée».
La socialiste salue alors «les énergies qui tiennent le pays» notamment les bénévoles, les membres de la communauté éducative, les soignants, les entrepreneurs.
«Je suis convaincue qu'on peut apporter des réponses qui concilient le besoin de flexibilité des entreprises et la protection des salariés», exprime celle qui est psychologue du travail de profession.
Les priorités budgétaires d'Océane Godard
«Une société ne tient pas parce qu'elle est a l'abri des crises mais parce qu'elle sait révéler l'invincible été qui est en nous», scande Océane Godard, en référence cette fois à l'écrivain Albert Camus.
«On va attaquer une période budgétaire, je vais continuer à défendre les investissements dans l'école, dans notre système de santé, (…) à proposer que notre justice puisse avoir aussi des moyens – parce qu'une justice qui arrive trop tard est une forme d'injustice –, à défendre les forces de sécurité parce que la liberté n'existe que quand nous sommes aussi en sécurité», développe la députée.
Après avoir évoqué l'assassinat de la collégienne Lyhanna, la socialiste rappelle son soutien à la proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants, un texte qui «pense ces violences de manière systémique : la prévention, la formation, (…) la répression et la santé».
Une ode aux territoires
«La plus grande force de la République se situe aussi dans nos territoires», conclut l'oratrice en songeant notamment aux 21 communes de la première circonscription.
L'événement s'est terminé par un moment de convivialité sur la terrasse de la base nautique que beaucoup de participants découvraient pour la première fois depuis sa rénovation.
Jean-Christophe Tardivon





































