
Alors qu’ils ont fait parler d’eux tout au long de la saison régulière, neuf de nos Frenchies sont parvenus à passer le cap des playoffs avec leur franchise.
Victor Wembanyama en duel face aux Trails Blazers de Sidy Cissoko
Pour sa première campagne de playoffs NBA, Victor Wembanyama affrontera les Portland Trail Blazers. Sur le papier, l’avantage est à mettre au crédit des Texans qui sont parvenus, lors de la saison régulière, à s’imposer à deux reprises en ne concédant qu’une seule défaite. Sur le plan personnel, Wemby n’a joué aucun match cette saison face à la franchise de l’Oregon.
Au regard des forces et faiblesses des deux équipes, le match-up s’annonce favorable pour l’Alien et ses coéquipiers. Malgré plusieurs profils défensifs intéressants, avec le Belge Toumani Camara dans les ailes, Jrue Holiday dans le back-court et Donovan Clingan dans la peinture, qui permettent à Portland d’être une équipe correcte sur le plan défensif (12ᵉ meilleure évaluation défensive de la ligue sur 30 équipes), des failles semblent présentes pour permettre à Victor de briller lors de ce premier tour de playoffs.
Les joueurs de l’Oregon rencontrent des difficultés à verrouiller de façon efficace l’accès à leur cercle en concédant en moyenne plus de 50 points par match dans la peinture (15ᵉ équipe dans cette catégorie). Les Blazers présentent également des difficultés à dominer dans le secteur du rebond défensif en étant la 17ᵉ équipe de la ligue dans ce secteur. Ce manque de densité dans la raquette, malgré plus de 5 contres distribués par match, est un axe que Wemby pourra exploiter en mettant à profit sa capacité à s’ouvrir le chemin du cercle grâce à sa verticalité et sa dextérité pour enfiler les points près du cercle. Autre fait important, Portland est l’équipe qui concède le plus de points après un ballon perdu de toute la NBA. Au regard de la capacité de Wemby à se projeter rapidement d’une raquette à l’autre sur le parquet, l’intérieur risque de faire mal sur attaque rapide.
De manière spécifique, nous attendons avec impatience sa confrontation directe avec Donovan Clingan. Le pivot américain a été drafté une année après l’international tricolore. Cette année Clingan tourne en 12 points, 11 rebonds et près de 2 contres par match. Le duel entre ces deux géants s’annonce palpitant (2 m 18 pour Clingan et 2 m 24 pour Wemby).
De son côté, Sidy Cissoko devrait se tenir prêt à rentrer en jeu en cas de blessure ou de problèmes de fautes durant les rencontres. Après avoir réalisé une saison régulière positive, qui lui a permis de signer un contrat à long terme avec le club, l’arrière a su gagner sa place dans l’effectif grâce à des efforts défensifs remarqués et une capacité à se montrer tranchant sur le plan offensif lorsqu’il en a eu l’opportunité.
Rudy Gobert et Joan Beringer face au défi Nikola Jokic
C’est sans aucun doute l’une des affiches les plus alléchantes de ce premier tour de playoffs. Les Nuggets de Denver (3ᵉ conférence Ouest) affrontent les Timberwolves du Minnesota (6ᵉ conférence Ouest) avec en arrière-plan un duel entre le meilleur pivot défensif (Rudy Gobert et ses quatre titres de meilleur défenseur de l’année) et le meilleur pivot offensif (Nikola Jokic et ses trois titres de MVP) de ces dernières années. Sur le papier, les duels entre les deux Big Men ont souvent tourné à l’avantage du pivot serbe cette saison. En effet, lors de quatre confrontations, Jokic tourne à 36 points, 11 rebonds et 7 passes de moyenne et Gobert à 7 points, 10 rebonds et 3 contres.
Néanmoins, malgré l’écart en termes de production statistique, Gobert reste un élément capital de la réussite de Minnesota dans la série. En effet, le pivot français est sans conteste l’ancre défensive de son équipe. Capable de dissuader près du cercle, de s’imposer au rebond et de mettre la pression aux attaquants adverses en isolation, la panoplie défensive de Godzilla est un atout sur lequel les Timberwolves peuvent compter. De l’autre côté du parquet, le Frenchie sera intéressant dans sa capacité à conclure près du cercle lorsqu’il est servi (11 points de moyenne à 68 % de réussite cette saison) ainsi que dans la pose de ses écrans salvateurs afin d’ouvrir des espaces à ses partenaires.
De son côté, Joan Beringer devra profiter de ce contexte playoffs pour emmagasiner de l’expérience et devra se tenir prêt en cas de blessures ou de problèmes de fautes dans le secteur intérieur.
Les Hawks de Zaccharie Rischer face aux Knicks de Mohammed Diawarra et Pacôme Dadiet
Malgré un début de saison mitigé, les Hawks de Zaccharie Risacher sont parvenus à réaliser une belle remontada au sein de la conférence Est pour terminer à la 6ᵉ place et ainsi valider une qualification directe en playoffs. Malheureusement pour le Frenchie, cette belle dynamique s’est réalisée au moment où ce dernier a vu son temps de jeu se réduire drastiquement. L’ailier présentait un temps de jeu moyen de 26 minutes au mois de janvier pour finir à près de 11 minutes sur le mois d’avril. La concurrence est féroce dans les ailes à Atlanta et notre Tricolore doit dorénavant se battre afin d’assurer sa place au sein de l’effectif.
Il est donc intéressant de voir l’utilisation que le staff des Hawks va avoir de Zaccharie lors de ce premier tour de playoffs. Le Tricolore dispose de réelles qualités qui peuvent s’avérer capitales à ce moment de la saison. Sa défense agressive dans le périmètre couplée à ses longs segments dissuasifs dans la peinture fait de l’international français un bel atout pour cette équipe. De l’autre côté du ballon, l’ex-joueur de la JL Bourg a démontré par le passé qu’il était capable d’enchaîner les shoots longues distances lorsqu’il est en rythme tout en parvenant à conclure avec agressivité sur pénétration. Cette première campagne de playoffs est une occasion à saisir pour le jeune ailier afin de démontrer à la planète basket son véritable potentiel.
De leur côté, Mohammed Diawara et Pacôme Dadiet devraient passer la majorité de leur temps sur le banc des Knicks même si le premier peut être appelé par le staff new-yorkais afin d’apporter son agressivité défensive ainsi que son adresse extérieure.
A noter également que Noah Penda avec le Magic d’Orlando et Olivier Sarr avec les Cleveland Cavaliers connaîtront l’expérience playoffs même si leur temps de jeu devrait rester très limité.
Benjamin Lemousy