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15/10/2020 20:27

BÉNÉVOLAT : Sarah El Haïry encourage l'engagement des jeunes

Alors qu'arrive la seconde vague de l'épidémie de coronavirus, la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse est venue à Dijon rappeler les différentes manières de s'impliquer dans le monde associatif, dont le service civique avec une structure comme Unis-Cité Bourgogne-Franche-Comté.

Journée marathon à Dijon pour la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l'Engagement, Sarah El Haïry. Élue en 2017 députée de Loire-Atlantique avec l'étiquette Modem, après être passée par l'UMP, Sarah El Haïry a été nommée le 26 juillet dernier secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale.

Les séquences de ce déplacement se sont enchaînées ce jeudi 15 juillet 2020 : centre opérationnel de la Croix-Rouge à Quetigny et Espace Jeunes de la mairie de Saint-Apollinaire le matin, journée d'intégration des nouveaux volontaires en service civique avec Unis-Cité à la maire annexe des Grésilles à Dijon, visites d'ateliers d'Idées 21 et visite de la boutique Emmaüs à Chenôve l'après-midi.
Une large délégation accompagnait le déplacement ministériel : les députés de la Côte-d'Or Didier Martin (LREM), Rémi Delatte (LR) et Fadila Khattabi (LREM, la conseillère régionale Laëtitia Martinez (PS), les élues de la Ville de Dijon Nuray Akpinar-Istiquam (PS) et Marie-Odile Cholet (PS) ainsi que le secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or Christophe Marot. Le préfet étant, lui, retenu par l'autre déplacement ministériel du jour (lire notre article sur la venue d'Agnès Pannier-Runacher à Dijon).

Secrétaire d’État à 31 ans


Au cours de cette journée chargée, le temps d'échanges avec les jeunes d'Unis-Cité prend des allures de respiration. Membre du gouvernement à trente-et-un ans, Sarah El Haïry est visiblement ravie de dialoguer avec des volontaires dont l'âge oscille entre 16 et 25 ans. La représentante de l'exécutif a le tutoiement facile et poste sans complexe sur les réseaux sociaux les selfies réalisés avec les smartphones des volontaires.

Directrice territoriale d'Unis-Cité Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Laure Bouchard accueille la délégation dans la grande salle de la marie annexe, les locaux de l'association, tout proches, étant trop petits pour recevoir autant de personnes en respectant les gestes barrières et la distanciation.

La directrice lance aussi les interventions en présentant la structure qui a été le laboratoire du service civique en France. Avant de donner la parole à Sarah El Haïry, Nuray Akpinar-Istiquam et Marie-Odile Cholet présentent les actions de la Ville de Dijon en direction de la jeunesse, de la coopération internationale et du monde associatif en général.

«La fraternité a fonctionné»


Ce qui motive Sarah El Haïry, «c'est l'engagement de notre jeunesse, quel qu'il soit, sous toutes ses formes». «Dans une période de crise, ce que je vois, c'est que la fraternité a fonctionné. Chacun s'est questionné sur ce qu'il pouvait faire, que ce soit de manière organisée ou pas (…) Quand les jeunes ont senti qu'on avait besoin d'eux, ils sont venus et ils ont poussé la porte et, inversement, les associations ont largement ouvert les leurs, les ont accueillis et leur ont donné des responsabilités» déclare la secrétaire d’État en référence au confinement.

Cela s'est beaucoup fait au travers de la réserve civique où 300.000 personnes se sont inscrites en une semaine dont 50% de moins de 25 ans. Par la suite, 60% des nouveaux bénévoles ont poursuivi leur implication associative post-confinement.

Avec la seconde vague de l'épidémie de la Covid-19, «il y a besoin d'un peu de peps dans nos associations et donc, notre jeunesse, elle a toute sa place pour s'engager, pour passer cette période» souligne la secrétaire d’État. Comptant sur la créativité, la persévérance et l'ingéniosité des jeunes, la secrétaire d’État considère que «c'est eux la solution» dans la période de crise actuelle : «on a besoin de leur énergie, on a besoin de leur engagement». La réserve civique devrait prochainement être relancée.

«Une reconnaissance de l'engagement bénévole»


La crise du bénévolat qui touche le monde associatif concerne tout particulièrement la gouvernance des structures : il devient difficile de trouver des personnes prêtes à s'impliquer dans un conseil d'administration. Le fait de porter personnellement la responsabilité civile et pénale peut dissuader d'assurer un mandat de président par exemple.

Portée par les parlementaires du Modem, une proposition de loi en faveur de l'engagement associatif arrivera prochainement en deuxième lecture au Sénat, après une adoption par l'Assemblée nationale en mai 2018. Sarah El Haïry met en avant que cette loi actera d'«une reconnaissance de l'engagement bénévole» pour les dirigeants d'association avec «plus de confiance».

Pour des implications de moyen ou de long termes dans une structure, là aussi l'intérêt du service civique est souligné : «nos jeunes en service civique vont apprendre à connaître les associations de l'intérieur et à durer dans leur engagement».

Concernant les actifs, la secrétaire d’État met en avant le mécénat de compétences et évoque une réflexion pour «le rendre plus accessible pour les TPE et les PME» alors que la fiscalité est déjà «favorable».

«Comment on passe d'un emploi de militantisme à un parcours professionnel»


«Au bout du bout, il y a l'emploi associatif» signale la secrétaire d’État en se référant au plan «1 jeune, 1 solution» dont une des mesures correspond à la création de 2.000 emplois associatifs supplémentaires via le FONJEP (Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire).

«Quand tu es le président ou le trésorier et que tu dois tout faire, alors, le plus jeune n'a pas spécialement envie de s'engager à tout prix» analyse Sarah El Haïry qui voit dans l'emploi associatif une voie pour pérenniser des structures avec des jeunes à leur tête.

Au-delà, la secrétaire d’État souhaite «accompagner plus» ce pan de l'économie sociale et solidaire avec ces 1,8 millions de salariés et 20 millions de bénévoles. «La question, c'est comment on crée une attractivité plus importante, comment on accompagne les carrières et comment on passe d'un emploi de militantisme à un parcours professionnel qui est valorisé et qui permet des passerelles» déclare-t-elle.

L'engagement n'est pas le seul message que porte la représentante du gouvernement : le rappel de l'importance du respect des gestes barrières vient comme un leitmotiv dans ses interventions. Ainsi, à l'occasion de la crise sanitaire actuelle, Sarah El Haïry voit les jeunes en service civique comme des «ambassadeurs» des gestes barrières.

Jean-Christophe Tardivon

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