
Des militants de la pratique du vélo pour réduire les émissions de gaz à effet de serre se sont lancés dans un raid international. Entre une arrivée à Melun et une autre à Chagny, ce samedi 8 août, des relayeurs ont été reçus par Patrice Chateau, vice-président de la Métropole de Dijon, qui leur a transmis les engagements de la collectivité.
Plusieurs milliers de cyclistes se relaient à vélo de Belém (Brésil), où a eu lieu la Conférence sur les changements climatiques en 2025 (COP 30) organisée par les Nations-Unies, à Antalya (Turquie), où se tiendra celle de l'année 2026 (COP 31), en novembre prochain.
L'objectif des organisateurs de la COP 31 Bike Ride est de contribuer à atteindre «80 % de part modale pour la marche, le vélo et les transports en commun dans les déplacements, afin de réduire de 50 % les émissions de transport d'ici 2030».
Il s'agit de la troisième édition de cet événement international qui vise à totaliser 10.000 participants aux relais des différentes branches européennes convergeant vers Antalya.
En 2025, des relayeurs à vélo avaient traversé l'Atlantique à bord de voiliers. Cette année, fin avril, des bannières ont été transférées de Belém en Guyane française avant d'être convoyées, toujours à bord de voiliers mais sans cycliste, en Europe.
De Paris à Milan via Dijon, Mâcon et Lyon
Ce vendredi 7 août 2026, une quinzaine de relayeurs ont fait étape à Dijon pour une journée de repos. Ce samedi midi, ils ont été accueillis par Patrice Chateau (GE), vice-président de la Métropole de Dijon chargé notamment des déplacements doux, au Jardin de l'Arquebuse.
Le 1er août dernier, Bertrand Vidailhet, porte-parole du groupe, est parti de Paris. Pour sa deuxième participation à la Bike Ride, il projette de rallier Milan (Italie), le 22 août prochain.
Le militant associatif fait partie des organisateurs de la COP 31 Bike Ride. Professionnellement, il est spécialiste des émissions de gaz à effet de serre au sein du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (CITEPA) qui est mécène de l'événement.
Depuis Paris, sur le trajet, Bertrand Vidailhet a croisé plusieurs relayeurs qui l'ont accompagné en passant par Melun avant de longer la Seine puis de rejoindre une véloroute jouxtant le canal de Bourgogne puis d'arriver à Dijon. Chagny, Cluny, Mâcon et Lyon sont les prochaines étapes au programme.
«On prend des itinéraires sécurisés quand il y en a parce qu'on est un groupe nombreux et qu'il y a des expériences différentes du vélo, pour s'assurer d'être le plus inclusif possible et le plus en sécurité», a commenté le cycliste qui a prévu de rentrer de Milan à Paris dans un TGV qui accueillera également son vélo.
«Porter la voix des cyclistes du monde entier»
«Cet événement est le plus grand relais à vélo du monde en nombre de participants, nombre de pays traversés et nombre de kilomètres parcourus», a assuré Bertrand Vidailhet, «l'objectif est d'aller de COP en COP, les conférences internationales sur le climat, pour porter la voix des cyclistes du monde entier».
«On a un double objectif», a précisé le militant cycliste, «à la fois, un objectif global d'aller rencontrer les décideurs mondiaux pour leur dire que le vélo est une solution pour la décarbonation de nos mobilités et pour dire qu'il faut plus inclure le vélo dans les plans climat de chaque pays, et un objectif local parce que, sur notre route, on rencontre des acteurs locaux – les politiques locaux, les associations locales – pour parler vélo et recueillir les engagements des municipalités ou des EPCI sur le développement de leur politique cyclable».
«Une fois arrivés à la COP, non seulement nous avons été des milliers de personnes à pédaler mais, en plus, nous portons les engagements d'acteurs locaux qui, au quotidien, œuvrent en faveur du vélo», a-t-il souligné.
La Métropole compte «accélérer» sa politique vélo
Après avoir salué les «cyclistes volontaires» participant à l'événement, Patrice Chateau a rappelé les réalisations et engagements de la Métropole de Dijon.
«Nous avons une politique vélo que nous souhaitons accélérer dans les prochaines années», a ainsi exposé le vice-président, «cette politique vélo s'intègre dans un plan d'ensemble, le Plan climat et biodiversité dont l'un des volets porte sur les mobilités actives».
La métropole dijonnaise compte 382 km de voies cyclables dont 170 km en site propre, En particulier, à Dijon, «35% de la voirie est aménagée de manière cyclable». On recense 7.000 arceaux à vélo, 700 vélos en location et 20 parkings à vélos Divia vélo park.
Dans le cadre de la stratégie nationale bas-carbone qui vise d'atteindre une neutralité carbone en 2050, la Métropole de Dijon a élaboré un schéma directeur cyclable se fixant un objectif de part modale du vélo de 12% en 2030, contre 4% en 2025.
«Sur la base de 2010, en 2022, on avait déjà réduit de 23% nos émissions [de gaz à effet de serre],», a souligné le vice-président, rappelant que la collectivité souhaite atteindre une réduction de 43% en 2030.
De futurs «axes structurants» pour les cycles, complétés de «zones d'apaisement»
«On veut créer des axes structurants pour qu'on puisse traverser de part et d'autre la métropole», a revendiqué Patrice Chateau, «on a 23 communes, il faut que chaque commune soit reliée avec Dijon et que les communes soient reliées entre elles».
«On a aussi un objectif de zones d'apaisement», a ajouté l'élu écologiste, «l'apaisement, c'est, au sein d'un quartier cerné par des axes structurants – des boulevards, des avenues –, préserver la qualité des déplacements, réduire la vitesse et changer le plan de circulation de manière à ce que les habitants puissent se déplacer en toute tranquillité, à pied ou en vélo».
La lettre d'engagement de la Métropole de Dijon sera remise au président de la COP 31
En conclusion de son propos, Patrice Chateau a remis une lettre d'engagement de la Métropole de Dijon à Bertrand Vidailhet pour alimenter le dossier destiné à Murat Kurum, ministre turc de l'Environnement, de l'Urbanisation et du Changement climatique et président de la COP 31.
«L'enjeu de poursuivre le développement d'un maillage cyclable continue et sécurisé, c'est un des axes les plus puissants pour développer la pratique du vélo», a relevé Bertrand Vidailhet à la lecture du document de la collectivité, ce qui correspond à la toute première revendication de la COP 31 Bike Ride. «Ce sont des engagements qui vont dans le bon sens.»
«Les engagements, c'est très bien ; maintenant, on veut du concret»
«Par ailleurs, ce sont des engagements qui sont utiles aux défenseurs du vélo à l'échelle local parce qu'ils pourront ensuite s'appuyer dessus pour continuer le dialogue avec les acteurs publics et s'assurer que les engagements pris sont effectivement respectés», a enchaîné Bertrand Vidailhet.
Le message a été saisi au vol par Sylvain Nocquard, président de l'association Ensemble à vélo Dijon (EVAD) : «les engagements, c'est très bien, on est en début de mandat mais ça fait longtemps qu'il y a des engagements qui sont pris». «Pour l'instant, sur le terrain, on ne voit pas grand chose qui se met en place à part, ponctuellement, quelques initiatives. Maintenant, on veut du concret, on veut de l'action, on veut que les gens qui peuvent et qui ont envie de se mettre à faire du vélo le fassent vraiment.»
«L'environnement, ce n'est pas la motivation principale des gens qui se mettent à faire du vélo», a analysé le président d'EVAD qui assure toutefois que «le vélo fait partie d'un système global – comme la marche et d'autres éléments de mobilités durables – où on a tous à y gagner, même les gens qui ne font pas de vélo».
«Le vélo à assistance électrique est le meilleur allié de la transition du système du tout-voiture»
«Le vélo à assistance électrique est clairement un des leviers principaux pour passer de la voiture au quotidien à l'usage du vélo au quotidien», a considéré le militant associatif, «à titre personnel, j'ai un vélo à assistance électrique pour mes déplacements quotidiens et, quand je veux faire du vélo loisir, là, j'ai un vélo musculaire».
«Le vélo à assistance électrique est le meilleur allié de la transition du système du tout-voiture à on choisit sa mobilité en fonction des conditions, de ses enjeux et de ses problématiques», a-t-il ajouté.
«L'assistance électrique permet plus d'usages différents et de répondre à beaucoup plus d'enjeux», a insisté Sylvain Nocquard, «les vélos peuvent répondre à une diversité d'enjeux. «Tout le monde y gagne : c'est moins cher, c'est meilleur pour la santé, c'est meilleur pour l'environnement, c'est plus plaisant, la plupart du temps, selon les infrastructures. Il n'y a que des avantages à ce qu'il y ait beaucoup plus de vélos partout, y compris des vélos à assistance électrique.»
Jean-Christophe Tardivon
Les 10 propositions de la COP 31 Bike Ride
(communiqué)
1/ Compléter un réseau structurant de pistes cyclables d’ici 2030, en mettant l’accent sur la connectivité interurbaine et multimodale pour les trajets quotidiens. Si la base est déjà en place, donner de l'ambition à ce réseau !
2/ Réduire le trafic automobile en limitant à la fois la vitesse et le volume de circulation.
3/ Concevoir des plans dédiés à l’horizon 2030, couvrant tous les leviers possibles pour développer le vélo (avec un financement adéquat, un suivi de mise en œuvre et l’implication des associations cyclistes).
4/ Augmenter de manière significative les zones exclusivement réservées aux vélos et aux piétons d’ici 2030, notamment autour des écoles, des pôles de transport public, des commerces de proximité et des espaces verts.
5/ Généraliser des capacités de stationnement vélo adaptées dans les pôles de transport, les zones commerciales (!), les écoles, les bureaux et les logements d’ici 2030 (y compris pour les vélos cargos).
6/ Développer un temps et un lieu dédiés au vélo : un événement cycliste annuel d’ampleur, accessible à tous les âges pour sensibiliser un large public + une "Maison du Vélo" pour la réparation, la formation, les rencontres et l’accueil.
7/ Former et informer : proposer des formations, en particulier aux enfants de moins de 12 ans et aux femmes, pour améliorer la pratique du vélo et favoriser l’autonomie ; promouvoir les avantages financiers (le coût annuel d’une voiture est dix fois plus élevé !).
8/ Développer le secteur économique lié au vélo (fabrication, réparation, cyclotourisme, location, partage...) grâce à des incitations fiscales et des subventions spécifiques.
9/ Déployer la logistique à vélo cargo pour la livraison du "dernier kilomètre" (une étude récente montre que 42 % des livraisons effectuées par des utilitaires pourraient être réalisées avec des vélos cargos).
10/ Mettre en place et partager régulièrement des indicateurs pour mesurer et suivre l’évolution (satisfaction des usagers, accidents, taille du réseau dédié, part modale...).















