
Ce lundi 19 janvier, à Dijon, lors de sa cérémonie de vœux, le préfet de région a insisté sur le développement économique car, si «notre industrie se transforme pour rester compétitive», «depuis dix ans, 10.000 emplois industriels ont été supprimés» en Bourgogne-Franche-Comté.

Entre bilan de l'action de l’État en 2025 et projection en 2026, Paul Mourier, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, a organisé, ce lundi 19 janvier 2026, à Dijon, une cérémonie de vœux où il a été question de cohésion sociale, de développement économique, de transition écologique et de sécurité.
Même si les autorités civiles, militaires et religieuses des huit départements étaient invitées, les Côte-d'Oriens étaient largement représentés, capitale régionale oblige. Toutefois, une délégation icaunaise conséquente avait fait le déplacement, Grégory Dorte (divers droite), président du Département de l'Yonne, en tête.
Parmi les élus, étaient présents notamment Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, Catherine Hervieu (LE) et Pierre Pribetich (PS), députés de la Côte-d'Or, Jérome Durain (PS), président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, François Sauvadet (UDI), président du Département de la Côte-d'Or, et François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon.
«Nos institutions sont solides»
Après avoir adressé «[des] vœux de bonheur», Paul Mourier exprime sa «reconnaissance» aux personnes présentes pour leur engagement respectif au service du territoire régional.
«Le monde d'avant s'était globalement construit sur le droit international où la force restait à la loi. Les temps nouveaux que nous vivons ensemble donner raison à la loi du plus fort», déplore le préfet.
«Nos institutions sont solides», assure le représentant de l’État alors que la crise politique nationale s'ajoute aux «nouveaux risques» concernant la situation internationale. «Les agents de l’État, placés sous mon autorité, feront le maximum, pour assurer la place et le rôle de l’État en soutien de la population des territoires que vous représentez. L’État a maintenu et maintiendra son cap en région – et dans le département – pour 2026.»
«Le moment venu, les services de l’État seront à nouveau pleinement mobilisés pour assurer l'exécution budgétaire, dans les meilleurs délais avec un objectif clair, et œuvrer pour un redressement progressif et responsable des finances publiques, conciliant maîtrise des dépenses et soutient aux investissements», développe-t-il en tablant sur un prochain budget pour la France.
«C'est la confiance qu'il nous faut cultiver et inspirer»
Face à la déprise démographique et au vieillissement de la population, les service de l’État et le conseil régional ont travaillé sur «des solutions locales et concrètes» concernant les jeunes et les personnes âgées dans le cadre d'«une politique d'attractivité».
«Les défis de la France sont nombreux et protéiformes mais les atouts de la France sont aussi nombreux», martèle l'orateur, «c'est la confiance qu'il nous faut cultiver et inspirer».
L'«exigence démocratique» de «réussir les élections municipales»
Dans ce contexte, dans tous les départements, les services des préfectures ont à relever l'«exigence démocratique» de «réussir les élections municipales» des 15 et 22 mars prochains.
«Des réunions ont eu lieu ont lieu pour les trois arrondissements», indique Paul Mourier à propos de la Côte-d'Or particulièrement. «Les équipes de la direction des collectivités locales et de la direction des finances publiques se sont d'ores et déjà organisées pour accompagner au mieux les futurs élus, pour l'installation des équipes municipales et faciliter leur premier pas.»
Plus généralement, le préfet salue «l'abnégation et le courage» des maires : «Je sais à quel point les fonctions élu locales sont exigeantes, et nécessitent des disponibilités à un investissement sans faille». «Les maires et les équipes municipales sont des acteurs essentiels de notre pays sans lesquels les problématiques, les enjeux locaux ne pourraient être abordés avec la même finesse et la même efficacité».
«Redoubler d'efforts» pour accompagner l'industrie
Les «atouts» régionaux concernent également le développement de l'économie. En Bourgogne-Franche-Comté, l'industrie représente 170.000 emplois avec des filières structurées dans les secteurs du nucléaire, des transports – dont l'automobile et le ferroviaire –, l'hydrogène, la santé et l'agroalimentaire.
L'orateur se félicite que le groupe Vicky Foods ait choisi de s'implanter dans le Chalonnais (
lire notre article) ou encore que le fabricant de câbles électriques Prysmian modernise son site dans le Sénonais.
Si «notre industrie innove, investit et se transforme pour rester compétitive», l'emploi industriel a reculé en 2025, notamment dans le secteur automobile. «Depuis dix ans, 10.000 emplois industriels ont été supprimés en région et les défaillances d'entreprise restent à un niveau toujours préoccupant.»
«Ces signaux nous rappellent l'urgence d'agir», relaie Paul Mourier. «Ils nous obligent à redoubler d'efforts : accompagner les entreprises, anticiper les mutations technologiques et former les talents dont l'industrie aura besoin demain. En 2026, nous poursuivrons résolument [l']engagement en faveur de l'industrie dans notre région.»
«L’État soutiendra au mieux le monde agricole»
Dans le champ économique, le préfet effectue un focus sur le monde agricole confronté à de multiples crises sanitaires – dermatose nodulaire contagieuse bovine, influenza aviaire ou encore flavescence dorée – et mouvements sociaux dont la contestation du traité de libre-échange de l'Union européenne avec le Mercosur.
Après plus de 25 ans de négociations, l'accord a été officiellement signé par la présidente de la Commission européenne, le 17 janvier dernier, à Asunción (Paraguay). Désormais, la balle est dans le camp du Parlement européen qui pourrait différer la ratification.
«L’État soutiendra au mieux le monde agricole et notre souveraineté alimentaire en appliquant la loi d'orientation agricole», préfère mettre en avant le préfet qui renvoie à la création de France Services agriculture en lien avec les chambres consulaires ou à l'accompagnement du renouvellement des générations.
Un plan stratégique pour la forêt et le bois
Le secteur de la sylviculture est tout particulièrement marqué par le changement climatique avec l'arrivée de «ravageurs exotiques» alors qu'il est confronté à plusieurs enjeux : «la protection de valeur ajoutée, le stockage du carbone ou la préservation de nos écosystèmes».
Dans ce contexte, fait unique en France, les services de l’État ont produit un plan de mobilisation stratégique pour la forêt et le bois qui sera mis en application en 2026 (
lire le communiqué).
1.821 décès liés à la chaleur en Bourgogne-Franche-Comté depuis 2017
«Le changement climatique est à l’œuvre et s'accélère», enchaîne Paul Mourier qui souligne le bilan humain avec 1.821 décès prématurés liés aux vagues de chaleur depuis 2017.
«Avec la planification écologique, la France s'est doté d'un cadre d'action concret, avec des objectifs tangibles à atteindre dans chaque secteur», explique-t-il en référence à la COP régionale (
lire notre article).
Vers une feuille de route portant sur la ressource en eau
«Ce sont vos réalisations qui permettront d'améliorer notre qualité de vie face aux changements climatiques, pour notre santé et notre jeunesse», déclare le représentant de l’État en s'adressant aux forces vives de Bourgogne-Franche-Comté.
Après une conférence départementale de l'eau qui s'est tenue en Côte-d'Or, le préfet envisage d'établir «une feuille de route opérationnelle avec l'ensemble des parties prenantes, ainsi qu'un comité stratégique dédié à l'eau» de façon à «préserver au mieux» la ressource en eau.
19 millions d'euros retirés à la criminalité organisée en Côte-d'Or en 2025
Même si celui qui est également préfet de la Côte-d'Or n'entend pas «baisser la garde», il voit des sources de satisfaction dans la mise en œuvre du récent plan de restauration de la sécurité du quotidien (PDARSQ) : «pilonnage des points de deal dans les quartiers les plus en proie au narcotrafic – notamment dans l'agglomération de Dijon et dans celle de Beaune», «nombreuses saisies de produits stupéfiants – estimées à plus de 19 millions d'euros rien qu'en Côte-d'Or [en 2025]».
«Aucun territoire n'est aujourd'hui épargné par le narcotrafic, c'est pourquoi la lutte contre la délinquance continuera d'être une priorité», assure Paul Mourier.
«Je sais que nous serons trouver la ressource pour contrer [les] nouvelles méthodes et prévenir au mieux la consommation et l'entrée des plus jeunes dans le trafic. Nous saurons également faire preuve de la plus grande fermeté pour lutter contre les violences extrêmes engendrées dans le trafic et contre les actes de représailles», développe le représentant de l’État en songeant particulièrement à l'incendie du collège Jean-François Champollion, à Dijon, dont la principale participe également à la cérémonie de vœux, quelques jours après que la «solidarité républicaine» s'est manifestée pour la rentrée du 5 janvier dernier (
lire notre article).
Un appel à jouer collectif
«Collégialité», «coopération», «esprit de dialogue», «confiance»... Paul Mourier conclut son propos en insistant sur ce qui participe du «jeu collectif» qui «irrigue nos relations et guide nos travaux au service de nos concitoyens».
La cérémonie s'est terminée par un temps de convivialité dans les salons de l'Hôtel de préfecture.
Jean-Christophe Tardivon
























