
Après une cérémonie au monument aux morts de Dijon, ce lundi 27 avril, Violaine Démaret est revenue sur son expérience de conseillère du président de la République sur les sujets de sécurité : «le pilonnage des points de deal, ça fonctionne». Par ailleurs, la préfète de la région s'engage à «accélérer l'installation de nouvelles entreprises».

Arrivant directement de l’Élysée, Violaine Démaret est la nouvelle préfète de la Côte-d'Or et de la région Bourgogne-Franche-Comté. Nommée le 8 avril dernier, elle a pris ses fonctions, ce lundi 27 avril 2026, à Dijon. Violaine Démaret succède à Paul Mourier dont elle a salué l'action.
Son premier geste a été de déposer une gerbe de fleurs au pied du monument aux morts de Dijon, entourée des autorités civiles et militaires. Peu après, la nouvelle représentante de l’État a accordé un premier entretien aux médias régionaux.
Une cérémonie au monument aux morts de Dijon
Place Edmond-Michelet, parmi les autorités civiles, se trouvaient dans le rang protocolaire Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, les députés de la Côte-d'Or René Lioret (RN), Pierre Pribetich (PS), Catherine Hervieu (LE) et Océane Godard (PS), les sénateurs de la Côte-d'Or François Patriat (REN) et Alain Houpert (LR), ainsi que Myriam Hakkar-Boyer (PS), vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, François Sauvadet (UDI), président du Département de la Côte-d'Or, et François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon.
Concernant les autorités militaires, étaient présents le général de division Christophe Husson, commandant de la région de gendarmerie Bourgogne-Franche-Comté, le général Salvador Munoz, commandant de l'école de gendarmerie de Dijon, et le colonel Loïc Bonal, délégué militaire départemental de la Côte-d'Or.
Première nomination en tant que préfète de région
Âgée de 44 ans, Violaine Démaret est mariée et mère de trois enfants. Consciente d'arriver dans «des terres de terroirs», elle connaît la Bourgogne-Franche-Comté pour avoir effectué des séjours touristiques en Saône-et-Loire et dans le Jura. Elle apprécie les vins de Bourgogne.
Dans le cadre professionnel, elle a suivi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors de déplacements officiels à Dijon et à Besançon.
De profil Science po-ENA, Violaine Démaret s'est engagée dans un parcours préfectoral pour «servir la France». Elle a été sous-préfète dans l'Ain, le Tarn-et-Garonne, l'Isère et le Nord avant de devenir préfète des Alpes-de-Haute-Provence puis du Vaucluse (voir ci-dessous). En 2021, elle a été distinguée chevalier de l’ordre national du Mérite. La Bourgogne-Franche-Comté correspond à sa première nomination en tant que préfète de région.
Deux ans d'expériences à l’Élysée
Depuis mars 2024, Violaine Démaret conseillait le président de la République sur tous les sujets traités par le ministre de l'Intérieur : sécurité publique, sécurité civile, cultes, immigration, organisation des élections et organisation territoriale. Des thématiques qui l'ont amenée à être en contact régulier avec les préfets de toute la France.
Plus particulièrement, la conseillère a suivi l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 – «une expérience assez incroyable» – dont les parcours territoriaux des Relais de la Flamme olympique, ainsi que la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris – «réouverture qui s'est passée comme prévu, dans les délais fixés par le président».
Dans une année 2024 chargée en événements d'ampleur, la conseillère a eu à plancher sur les émeutes en Nouvelle-Calédonie – avec «des cellules de crise plusieurs fois par jour, pendant des semaines» – et la dévastation de Mayotte par le cyclone Chido – «la veille d'une visite du pape à Ajaccio».
L'année 2025 lui a permis de suivre les engagements du président de la République auprès des sapeurs-pompiers et de contribuer à «l'impulsion» de la lutte contre la lutte contre le narcotrafic avec l'émergence d'une nouvelle loi.
«Le sujet sécuritaire est une priorité évidente»
Violaine Démaret fait sien l'adage «la sécurité est la première des libertés». «Le sujet sécuritaire est une priorité évidente», indique donc la représentante de l’État, ce qui correspond à «l'ADN du métier de préfet» ainsi qu'à «une priorité gouvernementale».
Cela concerne particulièrement ses compétences départementales en Côte-d'Or tandis que ses compétences régionales portent notamment sur la transition écologique, l'aménagement du territoire et le développement économique.
Son tout premier déplacement est prévu auprès d'une patrouille de policiers dans les Grésilles, quartier populaire dijonnais qui a connu l'incendie d'un collège, en décembre dernier, ainsi que, par le passé, des règlements de compte violents sur fond de trafics de drogues.
«Le pilonnage des points de deal, ça fonctionne»
«Je viens saluer ce qui a été fait et expliquer aux narcotrafiquants qui pourrissent la vie des gens – parce qu'on est là pour les gens – que nous continuerons à lutter contre leurs actions», appuie la préfète.
«C'est souvent dans les quartiers où vous avez également les populations les plus démunies, donc qui ont besoin de plus de de soutient de l'État, que les trafics se situent», analyse-t-elle. «On est là pour continuer à être présents, à les éradiquer. On a de nouveaux outils législatifs qui sont arrivés ces derniers mois et que j'ai eu la chance de suivre au niveau national.»
«Ça a porté ces fruits», revendique la nouvelle préfète reprenant les indicateurs du bilan 2025 avec une augmentation de 18 % des saisies de drogues et une hausse de 60 % des interpellations par rapport à 2024.
«Le pilonnage des points de deal, ça fonctionne», insiste-t-elle en soulignant l'effet des interdictions judiciaires de paraître sur les points de deal avant d'évoquer les recours potentiels aux résiliations de bail de logement social qui peuvent être demandées par l'autorité préfectorale. «Ces procédures mises en place par mon prédécesseur sont en train de produire des effets.»
«Le narcotrafic est aussi un sujet de santé publique, ce n'est pas qu'un sujet répressif», nuance la préfète en référence au travail entamé par la Ville de Dijon avec la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) ainsi que celui mené par la Région Bourgogne-Franche-Comté dans les lycées.
«On a une demande politique, sociale, très forte d'incarcérer davantage»
«Les sujets de surpopulation carcérale sont suivies de très près par le président de la République», indique Violaine Démaret alors qu'une mobilisation nationale des militants syndicaux UNSA implique de nouveau personnels de la maison d'arrêt de Dijon, après un mouvement social mobilisation historique, le 26 mars dernier (
lire notre article).
«La maison d'arrêt [de Dijon] est une vieille dame, donc une grande dame, mais qui a besoin que, sur des éléments matériels, on puisse agir», concède la préfète en rappelant l'investissement de 6 millions d'euros prévu par le ministère de la Justice (
lire le communiqué). «Notre maison d'arrêt de Dijon a un taux d'occupation de 222 %. Donc, évidemment, que ce n'est pas acceptable. Évidemment que ça a un impact sur les conditions de travail des agents. (…) On a un plan de développement des places de prison important en France.»
«On a une demande politique, sociale, très forte d'incarcérer davantage», commente-t-elle, «on parle souvent du laxisme de la justice, mais l'explosion de la surpopulation carcérale, c'est précisément le fruit, aussi, du non-laxisme de la justice.»
Un CRA à Longvic pour «des étrangers en station irrégulière qui créent des troubles à l'ordre public»
Dans le cadre du Plan 3.000, l’État a prévu d'implanter un centre de rétention administrative (CRA) de 140 places à Longvic. «Nos policiers, nos gendarmes, nos services préfectoraux – le bureau des étrangers – et nos partenaires ont besoin de [ce CRA]», glisse Violaine Démaret, en rappelant qu'il est destiné à recevoir prioritairement «des étrangers en station irrégulière qui créent des troubles à l'ordre public».
Là encore, la préfète nuance : «Nous avons un travail à continuer de faire sur les étrangers en situation régulière». En effet, les délais pour accorder ou renouveler un titre de séjour sont respectivement de 165 jours et 75 jours (contre 175 jours et 120 jours au niveau national). Le gouvernement s'est donné un objectif de traitement en 55 jours.
«Nous avons avons des étrangers en situation régulière qui, aujourd'hui, souffrent de ruptures de droit», constate la représentante de l’État qui annonce «des renforts très vite pour nous permettre de baisser ces délais» avec trois agents prenant leur poste début mai. «On le doit aux étrangers qui sont en France et qui sont parfaitement intégrés.»
«Le bloc communal a un sens»
«J'ai grandi dans une vraie petite commune, (…) dans une commune de 100 habitants, donc je sais ce que c'est de la réalité», assure Violaine Démaret pour qui «le bloc communal a un sens».
«Les équipes du bloc communal sont dans la proximité, ils sont exposés, donc ils ont besoin, encore plus que les autres, de résultats», considère-t-elle en souhaitant s'appuyer sur les sous-préfets d'arrondissement en Côte-d'Or. «On a besoin d'être en lien étroit avec eux pour leur apporter le soutien dont ils ont besoin. (…) Je serai là pour eux.»
«On a un sentiment relégation territoriale qui existe», constate la préfète à propos de zones rurales ou de quartiers urbains, «il faut le prendre en considération». «Il faut qu'on continue à mettre en œuvre, de façon déterminée, ce qui nous a été demandé depuis plusieurs années.»
«Accélérer l'installation de nouvelles entreprises»
«Il faut qu'on arrive à protéger et à accélérer l'installation de nouvelles entreprises», enchaîne Violaine Démaret à propos des enjeux de développement économique en Bourgogne-Franche-Comté, incluant le renouvellement des générations dans le monde agricole. «On a, dans cette région, des atouts qui sont très forts. On a aussi des craintes qui se font jour au sein du monde économique.»
Si le président de la chambre régionale d'agriculture et le président des Jeunes Agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté ont déjà sensibilisé la nouvelle préfère aux enjeux concernant l'élevage et la production de céréales, celle-ci compte se faire un idée avec un tout prochain déplacement dans une exploitation agricole.
Les retards de paiement des aides européennes n'auraient pas été abordés. «Il faut que ça arrive le plus vite possible dans la cour de ferme», concède la préfète qui entend toutefois évoquer ce sujet avec le président de la Région ainsi qu'avec les services de la direction régionale de l'agriculture.
«Paul Mourier m'a parlé de l'eau comme un sujet prioritaire», relaie Violaine Démaret, «par ailleurs, j'ai bien en tête que la Côte-d'Or est en tête de trois bassins versants». «On est sur des biens qui peuvent devenir rares et ce sont aussi des outils économiques pour les agriculteurs et un certain nombre d'entreprises.»
Premier déplacement régional en Haute-Saône
Le premier déplacement régional est prévu, ce mercredi 29 avril 2026, sur la base aérienne 116 Luxeuil-Saint-Sauveur, en Haute-Saône, pour aborder le thème de la démographie.
Des visites des services déconcentrés de l’État seront prochainement calées dans l'agenda ainsi que des rencontres avec les autres préfets de département.
Jean-Christophe Tardivon
Biographie de Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté, préfète de la Côte-d’Or
(communiqué)
Née le 28 mai 1981 à Saint-Martin-d’Hères (Isère)
Diplômes
- Institut d’Études Politiques de Grenoble
- Master d’études internationales et européennes
- École nationale d’Administration : promotion Aristide Briand
Expériences professionnelles
Avril 2026
Préfète de région Bourgogne-Franche-Comté, préfète de la Côte-d’Or
Mars 2024
Conseillère intérieur, sécurité à la présidence de la République
Août 2022
Préfète de Vaucluse
Août 2020
Préfète des Alpes-de-Haute-Provence
Septembre 2018
Secrétaire générale de la préfecture du Nord (classe fonctionnelle I)
Février 2017
Sous-préfète hors classe, secrétaire générale de la préfecture de l’Isère (classe fonctionnelle II)
Novembre 2015
Conseillère administration territoriale de l’État au cabinet du ministre de l’intérieur
Février 2015
Conseillère technique auprès du ministre de l’Intérieur
Septembre 2013
Réintégrée administratrice civile, cheffe du bureau de l’organisation et des missions de l’administration territoriale à la sous-direction de l’administration territoriale (DMAT)
Février 2011
Secrétaire générale de la préfecture de Tarn-et-Garonne
Août 2008
Sous-préfète, directrice de cabinet du préfet de l’Ain
Avril 2008
Administratrice civile, affectée au ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales
Janvier 2006
Élève de l’E.N.A. (Promotion «Aristide Briand»)




















































