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22/04/2020 03:14

COMMERCE : «J’aimerais que les gens prennent plus conscience des bienfaits du mieux manger»

Voilà bientôt deux ans que Pierre de Pelet a créé et ouvert l’épicerie Papilles rue Vaillant à Dijon. Infos-Dijon est allé à sa rencontre en cette période de confinement.
Au 5 rue Vaillant à Dijon, la boutique n’est pas immense mais tout de même spacieuse et agréable. Cela dit, au moins jusqu’au 11 mai, l’accueil de la clientèle est limitée à deux personnes simultanément. Avant de pouvoir choisir les fruits et légumes, il leur est demandé de se laver les mains juste à l’entrée de l’espace de vente.
«J’ai une chance d’avoir une clientèle qui a très vite intégré les règles. Les gens restent policés jusque sur le trottoir», peut assurer Pierre de Pelet. Dans la discussion, il poursuit notamment : «C’est quelque part une routine qui s’est installée pour les gestes barrières. La météo est en plus avec nous, les gens ont le sourire et les gens viennent pour se faire plaisir».

Vendredi 17 avril, Pierre de Pelet terminait la journée dans le magasin avec un total de plus de 80 clients, sur des amplitudes de 10h-13h et 14h30-18h. Ayant réduit ses horaires d’ouverture (fermeture à 18h au lieu de 19h30 le soir, mais sans compter les livraisons et les préparations autour de la vente en boutique), le créateur de Papilles a vu son chiffre d’affaires augmenter depuis mi-mars, «avec un panier moyen qui a doublé».
Il l’explique : «Je n’ai pas changé sur la qualité de mes produits. Ma façon de travailler avec mes producteurs n’a pas changé. Ça m’a pris deux ans pour sillonner toute la région et les sélectionner. 98% des produits viennent de notre région. Les gens savent qu’ils viennent consommer du local et du bio. Ils savent ce qu’ils peuvent trouver ici».

Conscience sur les produits bio et locaux, sans électrochoc


Si l’épicerie, qui fêtera ses deux ans en juin prochain, a pu fidéliser une bon vivier de clients, Pierre de Pelet en voit de nouveaux entrer dans le magasin ces dernières semaines. «Je pense que les gens ont aussi envie de se rassurer», dit-il, en restant tout de même mitigé sur le fait que ces nouveaux clients, peut-être simplement clients du moment, puissent revoir durablement leurs habitudes alimentaires ou bien leurs manières de consommer.

«Je suis quelqu’un d’optimiste donc j’espère qu’elles perdureront. Moi-même si je me suis lancé dans la création de ce magasin, c’est pour apporter des solutions aux clients, mais je pense que certaines habitudes reviendront malgré tout. J’aimerais que les gens prennent plus conscience des bienfaits du mieux manger, des aspects nutritifs des produits notamment».
Il analyse d’ailleurs : «C’est une crise sanitaire mais ce n’est pas une crise alimentaire. Ça n’a pas de lien direct avec la consommation de nourriture ou une problématique de climat. Il faudrait que l’électrochoc passe par ça. Aujourd’hui, si vous mettez le confinement de côté, les gens vivent relativement normalement».
Sur le respect des gestes barrières une fois le déconfinement développé, il se montre plutôt confiant.

Pour Pierre de Pelet, la période n’impacte donc pas foncièrement son activité, si ce n’est qu’il a connu quelques complications dans l’approvisionnement en farine dues aux sollicitations des meuniers et qu’il ne peut embaucher pour l’instant…
«C’est certain qu’il faut s’assurer que les règles sanitaires sont respectées mais il faut que les commerçants puissent s’en tirer dès que possible. Depuis un an et demi, certains n’en peuvent plus», lâche-t-il, lui qui mesure ses atouts en comparaison de commerces par exemple non alimentaires et qui organise même ponctuellement au sein de sa boutique des opérations exceptionnelles en soutien à des producteurs avec lesquels il travaille régulièrement (plus d’informations sur l'épicerie à retrouver sur https://papilles.org/).

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier