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21/05/2020 17:03

COMMERCE : Shop In Dijon veut créer «un centre-ville digital» pour simplifier la vie des commerces, des clients et gagner en attractivité

Alors qu’un premier bilan de la plateforme «My Shop In Dijon» fait état d’une démarche à renforcer, la fédération des commerçants et artisans dijonnais sort d’une période de confinement l’ayant confortée dans l’idée d’étoffer l’offre digitale en lien avec les commerçants. Explications avec Denis Favier et Matthieu Honnorat de Shop In Dijon.
La mise en place d’un site de e-commerce s’inscrivait dans le plan de relance post-Gilets jaunes négocié entre l’association nationale Commerçants et Artisans des Métropoles de France, à laquelle participe Shop In Dijon, et l’État.

La mesure ayant été financée par l’État au profit des fédérations de commerçants qui avaient ensuite pour rôle de la proposer auprès de ses adhérents, elle s’est traduite par le lancement pour le centre-ville de Dijon de «My Shop In Dijon» (retrouvez l’annonce du lancement du site en cliquant ici).

«C’est du commerce de proximité et ça le reste»


«On a tellement de gens qui nous on dit : j’ai 40.000 euros de stock de Noël sur les bras, qu’est-ce que je peux faire ?», rappelle Denis Favier, président de Shop In Dijon. «Le but de ce site est bien à la base de faire du déstockage», ajoute ainsi Matthieu Honnorat, responsable commercial de la fédération dijonnaise, pour laquelle le confinement n’était évidemment pas prévu.

Le lancement du site de e-commerce, c’était donc le 6 avril dernier. Malgré ou à cause de la situation de confinement en vigueur, seulement une vingtaine de commerçants (sur environ 450 adhérents à Shop In Dijon) s’est greffée à la démarche et ont proposé chacun trois produits. Un démarrage qui n’est pas vu comme mitigé voire décevant. Denis Favier affirme au contraire : «Il faut bien mettre le pied à l’étrier. Maintenant, c’est à nous de bien faire comprendre que c’est du commerce de proximité et que ça le reste. Le e-commerce, c’est un complément quasiment devenu obligatoire aujourd’hui». Matthieu Honnorat poursuit : «Si on veut que ça marche vraiment, les commerçants doivent jouer le jeu et faire des offres spéciales sur cette plateforme».
Selon un premier bilan effectué trois semaines après le lancement de la plateforme, le chiffre d’affaires réalisé sur celle-ci était de 6.000 euros. Aucune commission n’a été prise sur les ventes par Shop In Dijon.

«Le digital, complémentaire de la vente en boutique»


Karine Basset, de la boutique Le Roy René au 33 rue des Godrans, s’est inscrite dans la démarche : «C’est intéressant de pouvoir proposer une offre globale du commerce dijonnais qui représente sa diversité au centre-ville de Dijon, et de pouvoir l’apporter chez le client en utilisant le digital, complémentaire de la vente en boutique. C’est nécessaire de combiner les deux offres, pour aller au consommateur et lui donner envie de venir en boutique. Ce n’est pas antinomique à partir du moment où on le fait en bonne intelligence, sur des opérations spécifiques». Elle ajoute même : «On est tenté de mettre plus que trois produits».
My Shop In Dijon lui permet aujourd’hui de présenter ses calissons traditionnels et de différentes saveurs, ses assortiments de nougats et de calissons ou bien ses confiseries qu’elle n’a pu écouler durant la période de Pâques perturbée.

«Ils s’occupent de tout», apprécie Pascale Brutillot des Ateliers du Parfumeur au 11 rue Mably, en évoquant la plateforme gérée de A à Z par la fédération. Elle encourage aussi à utiliser celle-ci : «Il faut surtout que les gens s’habituent à la consulter et que plus de commerçants s’y mettent. Cela n’empêche pas les amoureux du centre-ville de venir. Ça nous a permis de faire des promotions et de vendre des produits qui nous restaient. Et plus de références possibles par commerçant, ce serait bien».

«Proposer un centre-ville sur internet» et des services de livraison à domicile


Le confinement a pu avoir un impact positif sur le projet global de Shop In Dijon avec l’accélération de ce développement digital. Mi-avril, la sollicitation du chef étoilé William Frachot en vue d’une opération de livraison afin d’aider les restaurateurs et producteurs a débouché sur la «transformation» du marché «Un dimanche en Bourgogne» sur la place des Cordeliers (organisé normalement le 3ème dimanche de chaque mois) en «Un dimanche DRIVE en Bourgogne» mis en place devant Shop In Dijon place Grangier. Avec une cinquantaine de commandes lors de la première opération du genre le dimanche 19 avril, «et encore plus à l’occasion des trois dimanches suivants (26 avril, 3 et 10 mai)».
Ce dimanche Drive en Bourgogne devrait être à nouveau proposé, de retour sur la place des Cordeliers.

Les pistes de développement de «My Shop In Dijon» ne peuvent qu’être renforcées par cette réussite. L’idée de la fédération est de «proposer un centre-ville sur internet, en fonction du secteur d’activité», «un service de drive avec les commerçants des Halles deux fois par semaine» et «un service de livraison à domicile de plats locaux, basé sur un charte engageant les commerçants participants à concocter des plats à base de produits locaux, etc…».
L’ambition est de pouvoir présenter cette plateforme améliorée durant la période estivale de cette année. Avec sur le long terme la volonté d’embaucher trois personnes dédiées au fonctionnement de celle-ci ainsi qu’à la gestion des prestations proposées.

Marketing local et aides à la vie des commerces


«On entend parfois dire que les référencements sur Google et autres moteurs de recherche tuent le commerce de proximité, mais le marketing local ça sert si c’est bien ciblé. Et nous voulons que le consommateur local dijonnais se dise bien qu’il a sa petite application pour consommer ici, y compris les touristes», insiste Matthieu Honnorat.

Pour l’heure, pendant le confinement et depuis le lundi 11 mai, c’est en premier lieu le soutien à la vie des commerces qui est accentué. «On a joué notre rôle de fédération. Les commerçants étaient tenus au courant de l’évolution de la situation tous les deux jours», assure Matthieu Honnorat en annonçant que les partenaires sont sollicités, non seulement pour voir quelles aides ils pourraient engager auprès de Shop In Dijon («grosses pertes sur l’événementiel, de l’ordre de 30.000 à 40.000 euros par braderie notamment») mais aussi plus directement pour les commerçants puisqu’il a été demandé aux partenaires d’absorber leurs adhésions à la fédération.
Au nom de l’association nationale Commerçants et Artisans des Métropoles de France, Denis Favier rappelle que le report des loyers a été obtenu au ministère et que les discussions se poursuivent pour tenter d’obtenir une annulation.

Pour le respect des mesures sanitaires en vigueur, plus de 90 kits de protection ont été demandés par des commerçants du centre-ville. Les deux salariés à temps pleins de Shop In Dijon (plus une comptable à temps partiel) n’ont quant à eux pas chômé depuis la mi-mars.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier