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11/11/2020 19:51

CONFINEMENT : Des dessins dans les rues de Dijon «pour donner le sourire et faire réfléchir»

Ils sont l’oeuvre de Mr Colors depuis le confinement débuté le vendredi 30 octobre. Rencontre avec l’artiste.

Lors du premier confinement, la «nouveauté» des contraintes et des restrictions, «un cadre perturbant» selon lui, ne l’avait pas encouragé à s’engager dans une démarche artistique. Cette fois-ci, depuis le vendredi 30 octobre, il a décidé de faire de sa balade d’une heure une sortie pour, chaque jour, réaliser un dessin au sol.
Ce mercredi en fin d’après-midi, allées du parc, à proximité de la place Wilson, Marc Vandezande, Mr Colors de son nom d’artiste (membre du collectif Art’Go), nous a expliqué sa démarche.

Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre univers artistique ?

«Je m’appelle Marc Vandezande ou Mr Colors et j’ai 47 ans, plutôt street-artiste, au sol, même s’il m'arrive de peindre des tableaux à l’acrylique. Mon média de prédilection est la craie, et le pastel pour insister sur les couleurs. Pourquoi la craie ? Je m’étais rendu compte qu’elle ne servait pas qu’à faire des marelles pour mes enfants.

Artistiquement, je suis très influencé par les personnages de bandes dessinées, tels que Spirou, Achille Talon…»

Quelle est le sens de votre démarche ?
«Le confinement est une période qui perturbe pas mal les habitudes de tout un chacun, avec la sensation de l’isolement, avec des nouvelles négatives et plombantes. Ma démarche est de faire un dessin par jour au sol, ou pour faire réfléchir, ou tout simplement pour changer les idées des gens.

Ça peut aller de visuels attrayants qui encouragent à garder l’espoir à des visuels qui ciblent le contexte vécu, sur une maladie qui se joue de nous et qui nous pousse à nous enfermer et à couper les relations sociales. Des dessins apportent le sourire, donnent le moral, d’autres interpellent, comme celui d’hier (mardi 10 novembre) sur lequel deux enfants s’embrassent, chacun avec un masque. Je travaille 30-45 minutes avant de sortir et je fais en sorte d’y passer une heure, sensiblement dans mon rayon d’1 km.

Je suis aussi animateur d’art indépendant et je suis amené à intervenir dans les écoles. Je suis très attaché à apporter l’art aux gens. L’art doit aller vers eux. L’art permet de débrider la créativité et il faut donner les moyens de le pratiquer, notamment au jeune public.»

Quelle est la durée de vie pour ces créations ?

«Je dirais facile 4-5 jours s’il n’y a pas d’intempéries. Celui vers l’église a même résisté aux gouttes de pluies d’hier. Au début du confinement, suivant la météo, j’alternais entre des dessins à la craie et du land-art. On verra si le temps permet de dessiner tous les jours mais oui j’ai l’intention de continuer durant ce confinement (l’artiste publie chaque jour sa création sur sa page Facebook «Marc Vandezande»).»

Humainement, le confinement impacte-t-il votre envie de créer ?

«C’est parce que c’est une telle période de privation de liberté qu’elle est propice à l’art. Ça fait poser plein de questions sur notre rapport au monde, aux autres... Quel est le sens de la santé pour nous ? Est-ce que c’est ne pas être malade ou est-ce que c’est avoir des relations sociales ?

Malheureusement, la définition qui l’emporte aujourd’hui est au détriment de la sentiment psychologique des gens. On fait peser la maladie sur la santé mentale des gens. Cette période pose plein de questions sur ce qu’on est dans le monde, sur la manière dont c’est géré et si on l’accepte ou pas… Pour moi, c’est important de continuer à créer d’après toutes ces questions.»

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier