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30/10/2020 06:37

CONFINEMENT : «On fait un job qui ne sert à rien»

Le couperet est tombé, les commerces non-essentiels sont une nouvelle fois fermés pour ce second confinement. A Dijon, Valérie Sugy s’insurge face au mépris de son métier de coiffeuse.  


Pendant la période du confinement au printemps dernier, Valérie Sugy du salon Coiff' au Féminin  avenue Champs Perdrix, avait donné à Infos-Dijon, quelques conseils pour ne pas rater sa couleur ou encore utiliser le bon matériel pour limiter les catastrophes capillaires (Lire ICI)  

Au moment du déconfinement, des mesures très stricts ont été mises en place comme la désinfection des sièges et des bacs, des peignoirs et des serviettes à usage unique, du gel à disposition, la désinfection des ciseaux, peignes, brosses, tondeuses, rasoirs après chaque client. Mais chez Coiff' au féminin on est allé plus loin en imposant la prise de  température. (Lire ICI)
«Je ne pouvais pas faire plus» nous confie Valérie Sugy et d’ajouter «malgré tout, le couperet est tombé, nous devons à nouveau fermer. Honnêtement je ne m’attendais pas cette sanction. J’envisageais un confinement le week-end et à un couvre-feu plus tôt, mais pas à cette décision. Vous savez je ne pense pas que l’on puisse attraper le Covid plus chez moi que dans une grande surface. D’ailleurs moi qui suis en contact tous les jours avec ma clientèle, avec en plus une certaine proximité, je n’ai jamais été malade». 
 

Une situation financière tendue


«Je n’ai pas droit aux aides. Pas de chômage partiel. Les aides de l’Etat, 1 500 euros par mois en fonction de notre chiffre d’affaire, c’est loin d’être suffisant. Il en manque une fois que vous avez payé votre loyer, votre eau, votre électricité, vous ne vous payez pas en fait. Ça va être encore très compliqué pour vivre».
 

Vous n’êtes donc pas considéré comme un commerce essentiel


«(Rire) Oui alors ça, ça fait sourire toutes mes clientes. En fait on a l’impression de faire un job qui ne sert à rien et pourtant lors du déconfinement, on a vu les gens se ruer chez les coiffeurs. Tout le monde en avait besoin. Regardez nos hommes politiques, vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais nous on a l’œil. Depuis quelques jours ils sont tous beaux bien coiffés. Ils ont tous anticipé notre fermeture. Alors ne venez pas nous dire que nous ne sommes pas essentiel» 
 

Votre dernière journée 


«Ce jeudi a été une très grosse journée. Je ne compte plus le nombre de personnes venues demander une coupe et l’avalanche d’appels téléphoniques. J’ai commencé tôt le matin et mon dernier client a rendez-vous à 21 heures. Pas de soucis pour le couvre-feu, c’est un client de l’immeuble. Mais franchement, annoncer la veille pour le lendemain la fermeture des commerces non-essentiel, c’est quand même un peu court. On n’aurait pu au moins nous laisser jusqu’à la fin du week-end comme les fleuristes»
 

Un espoir ?


«Pardon ? quel espoir ? Un assouplissement dès le 11 novembre, la fin du confinement pour le 1 er décembre. Non mais franchement. Mon seul espoir, c’est que je puisse travailler pour les fêtes de fin d’année. C’est une des plus grosses périodes de l’année. On travaille énormément pour noël. Sans cela, certains salons de coiffure ne s’en relèveront pas»

                                                                                                                                                                                     Norbert Banchet

Photos : N.Banchet