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27/08/2020 03:16

CORONAVIRUS : A Dijon, Brigitte Virey Présidente Syndicat National des Pédiatres Français se mobilise pour une rentrée scolaire sereine

Malgré un protocole sanitaire strict dans les écoles et les crèches, les pédiatres demandent une vaccination immédiate face aux virus hivernaux, confirment que les enfants ne se contaminent pas entre-eux et font le point sur des études françaises et australiennes.  

Dès le mois d’avril dernier, les pédiatres avaient insisté sur l’importance pour les enfants de la reprise scolaire et sur le fait qu’ils sont moins souvent contaminés par le SARS-CoV-2. Sur le site infovac.fr les pédiatres rappellent qu’ils avaient plaidé dès la fin du confinement pour une reprise scolaire effective précoce, fluide et maîtrisée. Cependant, aujourd’hui, ils se montrent inquiets devant l’organisation de la rentrée telle qu’elle se profile, tant sur le plan de la prévention que de celui de la prise en charge des enfants. 

Pour Brigitte Virey, pédiatre à Dijon et Présidente du Syndicat National des Pédiatres Français «le respect des protocoles sanitaires dans les écoles ou les crèches sera encore plus strict pour cette rentrée, ce qui est rassurant, mais ce n’est pas suffisant»    

Vous demandez le renforcement de la vaccination contre la grippe


Brigitte Virey : «L’automne est la période des épidémies. La grippe et le VRS, (NDLR : le Virus Respiratoire Syncytial)  qui infecte les poumons et les voies respiratoires, et le rotavirus responsable des gastro-entérite, ont les mêmes symptômes que ceux du coronavirus. Difficile dans ces conditions de faire la part des choses. Une vaccination en période de pandémie de Covid-19 permettrait de ne pas alourdir la charge de soins des structures sanitaires. D’autre part, un enfant présentant ces symptômes, s’il est vacciné, pourra immédiatement bénéficier d’un dépistage du Covid»
 

Les laboratoires seront encore plus submergés


«Les pays, notamment européens comme l’Allemagne, qui ont mis en place les vaccins ces dernières années ont constaté une diminution de passages d’enfants aux urgences, en hospitalisation et en visite dans les cabinets médicaux. Ce qui prouve bien que plus on vaccine tôt les plus jeunes, plus on élimine ces maladies. De ce fait, on demande que la vaccination contre le rotavirus soit généralisée et remboursée. Sinon on devra tester, dès l’automne tous les enfants malades. Une situation qui va entraîner une surcharge de travail dans les laboratoires, et les délais de résultats de tests seront obligatoirement allongés pour tout le monde» 
 

Des études françaises rassurantes


«Nous avons fait des études au moment de la reprise de l’école en France, en juin dernier auprès de 1 500 enfants asymptomatiques. Bilan : pour qu’un enfant soit dépisté positif, il faut qu’il y ait un adulte positif dans son entourage. Autrement dit, un adulte positif égal 10% des enfants positifs. Si il n’y a pas d’adulte positif, on constate 1% d’enfants positifs ce qui est infime»
 

Les enfants ne se contaminent pas entre-eux


«En Australie les écoles sont restées ouvertes au cours de leur première vague qui a commencé fin janvier. Selon leur étude, ils avaient les mêmes chiffres qu’en France. Ils ont aussi étudié la contagiosité des enfants entre-eux. Le bilan est clair, le risque qu’un enfant contamine un autre enfant est de 0.3%. Ce qui montre que les enfants ne se contaminent pas entre-eux. Le virus passe par les adultes»
 

Test salivaire


«Il existe des tests salivaires moins performants, certes, mais que nous, pédiatres, pouvons pratiquer en cabinet, si on nous l'autorise, avec un résultat en 15 minutes. Un système qui permet de remettre rapidement un enfant à l’école ou à la crèche sans être obligé de fermer l’établissement. Et à ce sujet, nous demandons aussi à ce que tout soit uniformiser notamment en cas de détection d’un cas ou d'une suspicion. En mai dernier on a vu des écoles et, ou, des classes fermées. Faudrait savoir et prendre une décision identique pour tous les établissements» 
 

De bons espoirs


«On sait que les enfants sont finalement peu atteints et on peut aussi rassurer les parents avec les résultats des études françaises et australiennes. A titre d’exemple le plus petit que j’ai eu dans mon cabinet avait 4 mois. Il a fait un 38° de fièvre avec simplement une rhinite. Ces deux parents, en revanche, ont été touché sans hospitalisation. Mais de toute façon nous n’avons pas le choix. Nous devons vivre avec ce virus, mais nous devons faire ce qu’il faut pour encore mieux s’en protéger. Nous travaillons dans ce sens»  

                                                                                                                                                                              Norbert Banchet

                
Photos : N.Banchet