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10/09/2020 12:38

CORONAVIRUS : Aux Grésilles, Pierre Pribile appelle à «contrôler l’épidémie collectivement»

C’est à l’occasion d’une opération de dépistage du Covid-19 aux Grésilles, non loin du siège social de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté, que son directeur général a fait le point sur la progression de l’épidémie tout en insistant sur les gestes barrières qui devraient être appliqués naturellement, «par tous».

Après deux demi-journées de dépistage du Covid-19 à la salle Devosge puis une autre à Fontaine d’Ouche cette semaine, c’est dans le quartier des Grésilles qu’un point de dépistage massif et préventif était mis en place ce jeudi matin.

À la mairie annexe des Grésilles, les professionnels de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté pouvaient à nouveau compter sur des bénévoles de la Croix-Rouge Française pour l’organisation logistique des dépistage (accueil, orientation, gestion des flux) ainsi que sur des préleveurs mobilisés par le laboratoire du CHU Dijon Bourgogne. Des personnels du SDIS de Côte-d’Or, de la Mutualité et de l’Assurance Maladie ont aussi répondu présents.

Une vingtaine de personnes était mobilisée du début de matinée jusqu’à la mi-journée. Les locaux étaient mis à disposition par la Ville de Dijon, ayant assuré la communication sur cette opération de dépistage «gratuit et accessible au plus grand nombre» suivant la démarche de proposer de tels dépistages dans nombre de communes et de quartiers.

«La suite de l’épidémie est dans les mains de chacun d’entre nous»

«Ces opérations font partie du plan d’actions», a rappelé sur place aux Grésilles Pierre Pribile, directeur général de l’ARS. En poursuivant toutefois : «La suite de l’épidémie est dans les mains de chacun d’entre nous, pas simplement dans les mains des autorités et des professionnels de santé. C’est la seule façon de contrôler l’épidémie collectivement».

Le directeur général de l’ARS a d’ailleurs confirmé ce jeudi une tendance : «L’épidémie continue à progresser en Côte-d’Or puisqu’on a même franchi les 80 cas pour 100.000 habitants (taux d’incidence), même 100 cas pour 100.000 habitants dans la métropole dijonnaise. Ça continue à cavaler et il va vraiment falloir une mobilisation collective, une rigueur dans les gestes de la vie quotidienne pour arriver à inverser la tendance».

Pierre Pribile rappelle «la règle» : aller se faire dépister si des symptômes apparaissent. Mais l’enjeu est plus large. «On peut porter le virus sans le savoir».
Si la moyenne d'âge des cas confirmés en Côte-d’Or est de 35 ans, cela n’épargne pas forcément les personnes âgées et/ou à risque. C’est en substance le message qu’a répété le directeur général de l’ARS. «Il faut que tout le monde les protège… Il faut qu’on agisse tous les jours comme si les personnes qu’on croise ont le virus et que, nous, nous l’avons également», a-t-il déclaré, non pas pour amener à un climat anxiogène ou affoler la population, mais pour insister sur le respect des gestes barrières. Pierre Pribile appelle à la prudence, «constamment, dans tous les milieux, en toutes circonstances».

«On ne devrait avoir besoin d’obligation»...


Sur le port du masque, s’il ne commente pas la décision du tribunal administratif qui invite le préfet à revoir disons les contours de l'obligation, Pierre Pribile en profite pour souligner : «Le port du masque fait partie de la panoplie des gestes barrières et elle n’est pas au choix. Il faut la respecter en intégralité. L’obligation doit être circonscrite pour être légitime mais il y a une nécessité de cohérence. Le juste milieu n’est pas facile à trouver. Mais au fond, au-delà des questions juridiques, on ne devrait avoir besoin d’obligation pour respecter les gestes barrières. J’invite la population à intégrer dans la vie quotidienne tous ces gestes-là».

Le représentant de l’ARS ne cache pas que «le CHU, avec d’autres hôpitaux du territoire, a préparé un plan d’actions de façon à absorber un flux de malades. À l’heure qu’il est, il y a des hospitalisations, il y a des admissions en réanimation, mais il n’y a pas un afflux de malades comme on a pu le voir en mars et avril».
La moyenne d’âge des cas est une explication selon le directeur général de l’ARS, qui en revient à l’enjeu de la prudence «afin de ne pas contaminer les personnes les plus vulnérables».

Quant à la fiabilité des tests PCR pratiqués lors de ces opérations de dépistage, Pierre Pribile assure : «Il n’y a pas de doute scientifique ni médical sur la fiabilité de ces tests. Si on avait une technique aussi fiable et plus simple, on l’aurait déjà mise en place. D’autres techniques sont à l’étude mais aujourd’hui c’est la technique fiable de référence».

Aux Grésilles, les personnes venues se faire dépister ressortaient visiblement satisfaites du geste effectué, en pensant à leurs proches. Ça picote les narines pendant quelques secondes mais c’est pour le bien de tous. Tel était le sentiment général en quelque sorte.

Sur les trois premières opérations de dépistage à Dijon cette semaine, plus de 500 dépistages ont été effectués, dont 400 à la salle Devosge, en partenariat avec le laboratoire BC-Lab.

Aux côtés de Pierre Pribile ce jeudi matin comme son directeur général adjoint Olivier Obrecht, Aline Guibelin, déléguée départementale de l’ARS en Côte-d’Or, a fait part de discussions engagées pour la mise en place d’opérations de dépistage au coeur des rues piétonnes du centre-ville de Dijon ou bien sur le campus Montmuzard de l'université de Bourgogne.

«17 points de prélèvements (fixes et permanents) existent sur la métropole de Dijon», a rappelé Pierre Pribile.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier