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20/05/2020 20:56

CORONAVIRUS : Le CHU Dijon Bourgogne lance le drive du dépistage

L'objectif est de casser les chaînes de transmission du virus en dépistant massivement. Le CHU a lancé un dispositif astucieux pour réaliser rapidement des prélèvements sans rendez-vous. Depuis le  18 mai 2020, le drive du dépistage de Covid-19 est en place sur le campus de l'université.
La stratégie de lutte contre l'épidémie de Covid-19 a évolué avec le déconfinement. L'enjeu est de permettre la reprise d'activité sans remettre le virus en circulation. Trois piliers sont envisagés pour protéger, tester et isoler (lire le communiqué sur les brigades sanitaires).

Concernant le dépistage, il s'agit d'opérer de façon précoce afin de casser les chaînes de transmission du virus. Les capacités de tests virologiques, ceux qui permettent de savoir si le virus est actif dans l'organisme, ont été augmentées ces dernières semaines afin de pouvoir tester chaque jour un grand nombre de personnes.

Ces tests concernent donc les personnes symptomatiques et les personnes en contact avec celles-ci. Les prélèvements sont effectués après prescription et sont pris en charge par la Sécurité sociale. Les patients ont le choix de leur laboratoire de prélèvements (voir la carte sur le site de l'ARS).

«Une politique de dépistage de masse de la population»


Après avoir démonté le sas piéton de dépistage sur le site du Bocage central, le CHU Dijon Bourgogne a lancé, depuis le lundi 18 mai dernier, un dispositif important pour faire face à un éventuel afflux de personnes à dépister. Il s'agit d'un «drive» de tests Covid-19 sans rendez-vous installé sur le parking de l'ESIREM, à l'arrière du campus de l'université de Bourgogne, non loin de la Maison Régionale de l'Innovation. Il est accessible à tous, adultes comme enfants.

Premier laboratoire à mettre en place les tests PCR en Bourgogne, le CHU Dijon Bourgogne continue d'innover à partir d'un modèle de prélèvements réalisés sur les parkings utilisé en Corée du sud. «L’État a prévu de mettre en place une politique de dépistage de masse de la population» explique le docteur Pascal Guérard, chef de pôle de la plateforme de biologie du CHU et responsable du pôle médical de la plateforme Covid-19.

Une fois effectués, «les prélèvements sont emmenés par une navette au laboratoire de biologie du centre hospitalier universitaire où ils sont enregistrés puis montés au laboratoire de virologie qui fait l'analyse PCR de recherche du virus SARS-CoV-2 dans les échantillons».

Une fois le résultat validé par le biologiste, le résultat positif est indiqué au médecin traitant qui l'annonce alors à son patient. Dans tous les cas, dans les 48 heures, le patient est appelé pour lui signaler le résultat, qu'il soit négatif ou positif. Le compte-rendu papier est transmis au patient tandis que le médecin traitant reçoit une copie dématérialisée. L'ARS et Santé Publique France regroupent ensuite les données anonymisées afin de constituer un inventaire des résultats de chaque territoire.

Une quinzaine de soignants mobilisés


Pour accueillir dans de bonnes conditions à la fois les soignants et les patients, un partenariat a été établi avec l'Université de Bourgogne tandis que la préfecture de Côte-d'Or prenait un arrêté pour autoriser cette action de biologie. Sur ce parking du campus, les Chapiteaux de Bourgogne ont rapidement installé de grandes tentes. Des fléchages et barrières ont été mis en place pour faciliter la circulation et les conditions de sécurité routière.

Une quinzaine de soignants vont se succéder sur le site, encadrés par Maryline Rougier, cadre de santé et responsable du drive du CHU Dijon Bourgogne. Parmi ces soignants mobilisés pour contribuer à casser les chaînes de transmission du coronavirus, il y a des infirmières, des techniciens de laboratoire, des élèves sage-femmes et des aides-soignantes. De plus, des infirmières retraitées sont volontaires pour effectuer des prélèvements à domicile auprès de personnes ne pouvant se déplacer ainsi que dans différentes structures d'accueil.

Un drive installé jusqu'à fin août


Pratiquement, les conducteurs approchent leur voiture des tentes. Un rapide entretien administratif permet d'identifier le patient et de recueillir les informations nécessaires à la prise en charge par l'Assurance maladie.

Le conducteur avance encore sa voiture jusqu'au second poste où, sans qu'il n'ait à descendre de son véhicule, une soignante effectuera un prélèvement en introduisant un écouvillon dans le nez. L'échantillon sera ensuite rapidement glissé dans un tube puis un sac de prélèvement. Le conducteur n'a plus alors qu'à repartir. Pour l'instant, l'équipe compte une vingtaine de passages par jour.

Ce dispositif de drive devrait rester en place jusqu'à fin août car il faut «compter entre trois et quatre semaines pour que le virus recircule, contamine potentiellement les personnes et que l'on ait des personnes symptomatiques graves aux urgences» précise le docteur Pascal Guérard. Le respect des gestes barrières et le port du masque devraient néanmoins limiter les risques pour les personnes d'être contaminées.

Jean-Christophe Tardivon

Infos pratiques
48 rue du recteur Marcel-Bouchard à Dijon
Accès en voiture, vélo ou à pied
Sans rendez-vous
Du lundi au dimanche
De 7 heures à 17 heures