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09/08/2021 20:49

CORONAVIRUS : Les bars et restaurants mitigés sur l’obligation du passe sanitaire

Ce lundi 9 août marquait l’extension du passe sanitaire à plusieurs lieux et établissements, dont les bars et les restaurants. Dans le centre-ville de Dijon, les réactions recueillies sont mitigées.
C’est donc ce lundi 9 août 2021 que le passe sanitaire s’étendait, en entrant notamment en vigueur dans les bars et les restaurants. Cela jusqu'au 15 novembre.

En terrasse comme à l’intérieur, il est désormais obligatoire de devoir présenter un certificat de vaccination, un certificat de test négatif de moins de 72 heures ou un certificat de test positif datant d’au moins 11 jours et de moins de 6 mois, pour boire un coup ou manger.

Cette entrée en vigueur est-elle totalement acceptée, comprise même en terrasse ? Quelles adaptations les bars et les restaurants ont-ils dû mettre en place ? Doit-on s’attendre à des baisses de fréquentations dans ces établissements, à des tensions avec d’éventuels clients ? Plusieurs propriétaires et gérants nous ont répondu.


D’autres restaurateurs n’ont préféré pas s’exprimer sur cette entrée en vigueur. «Vive la République», a lâché à demi-mots et avec déception un passant sur la place Darcy en voyant les contrôles du passe sanitaire se dérouler dans les règles et calmement à l’entrée d’un restaurant.

Vendredi 6 août, l'UMIH de Côte-d'Or avait exprimé son regret quant au maintien de l'obligation de vérifier le passe sanitaire en terrasse. Un regret qui revient dans les réactions recueillies.

Joanick Lombard

Propriétaire de La Comédie, place du Théâtre

«Dans l’idée, nous n’étions pas contre le passe sanitaire sachant qu’il faut bien débloquer la situation, mais on espérait ne pas devoir le demander en terrasse car c'est plus compliqué à gérer.
Si ça peut aider à améliorer la situation sanitaire, pourquoi pas, mais ce n’est pas simple à gérer. Tous nos serveurs ont l’application sur leur téléphone pour contrôler. On y va avec douceur car les clients ne sont pas tous prêts. On prévient aussi nos clients qui n’ont qu’une dose que ce ne sera plus possible de les accueillir sans passe sanitaire ou attestation valable. Les touristes sont eux tous détenteurs du passe sanitaire.
Il est trop tôt pour ressentir une baisse de fréquentation mais on s’y attend, très certainement. Beaucoup d’habitués nous ont déjà dit qu’ils n’allaient pas pouvoir revenir.
Si ça ne tenait qu’à moi, je ne demanderais pas le passe mais les obligations économiques et les risques de sanctions font qu’on s’adapte. Avec dix salariés, je ne peux pas me permettre de prendre des risques car si ça se passe mal on peut se retrouver sur le carreau.
On espère honnêtement que ça va s’alléger, que la durée du passe sanitaire va être raccourcie, mais on craint aussi qu’elle soit prolongée. Notre vrai métier est d’accueillir les gens de tous les milieux sociaux et on a l'impression que ce n’est plus vraiment ça en ce moment.»

Alexis Fuchs

Gérant du Rich’Bar, place de la Libération

«Honnêtement, je n’étais ni pour ni contre le passe sanitaire en tant que tel, pareil pour le vaccin, mais c’est sûr que dès qu’il a été annoncé pour entrer en vigueur dans nos établissements je me suis quand même dit que ça allait compliquer les choses et qu’il va falloir, si ce n’est se réinventer, encore plus s’adapter. On nous l’impose, sans nous demander notre avis, sans nous concerter.
Chacun de nos serveurs doit demander le passe sanitaire ou un test PCR négatif de moins de 72 heures. Automatiquement, on perd du temps. Il nous faut au moins 15-20 secondes en plus par client. Dans une journée, ça fait beaucoup.
Il nous faut le temps de bien mesurer comment ça se passe, mais c’est envisageable de devoir réfléchir à une embauche en plus (11 salariés actuellement au Rich'Bar).  
La baisse de fréquentation sera au moins de 20 % je dirais. On sait déjà que des habitués, contre le passe ou même contre la vaccination, ne reviendront pas.
J’ai peur que la situation empire et que l’obligation du passe sanitaire soit prolongée. Je ne fais pas partie des réfractaires quant au passe sanitaire car il faut bien que la population se vaccine pour qu’on puisse à nouveau profiter de la vie. Je suis plutôt dans cette optique-là à la base, mais ça dépend aussi de ma clientèle. Je pense qu’il y aura des tensions liées à la compréhension de la clientèle et elles s’ajouteront aux autres problèmes que nous avons déjà à gérer depuis le début de la crise. C’est très embêtant.»

Eric Petit

Propriétaire du Mably, rue Mably

«Je trouvais que l’obligation du passe sanitaire était une bonne chose à l'intérieur mais complètement inutile en terrasse, puisque le gouvernement nous expliquait depuis des semaines qu’on ne risquait rien en extérieur.
Nous avons été obligés d’acheter deux smartphones, mis à disposition de nos serveuses pour scanner les QR Codes, et c’est forcément du travail supplémentaire en termes d'organisation. Nous sommes quatre employés et moi.
Ces deux dernières années ont été trop compliquées pour pouvoir prévoir une embauche. Il faut essayer de faire sans et c’est moi qui bouche les trous. Notre profession a été abîmée par cette crise sanitaire et toutes les mesures gouvernementales qui ont été prises. C’est par exemple incompréhensible que le passe sanitaire soit imposé aux bars et restaurants alors qu’aucun contrôle n’est fait à la SNCF ni dans les centres commerciaux ou bien dans les restaurants d’entreprises.
Si le passe sanitaire sera effectivement obligatoire jusqu’au 15 novembre, j’espère que le gouvernement mettra la main à la poche pour nous aider pour faire face à la baisse de notre chiffre d’affaires. C’est toujours notre catégorie de CHR qui trinque à chaque fois, comme une variable d’ajustement du gouvernement.
La baisse de fréquentation est une inconnue aujourd’hui mais on peut craindre une perte de 50 % de nos clients sachant que le taux de vaccination de la population se situe autour de 50 %. Et il est évident qu’il y aura quelques tensions avec des clients qui voudront quand même tenter le coup sans passe sanitaire.
C’est clair, il y a un forcing du gouvernement pour obliger les gens à aller se faire vacciner, mais c’est incompréhensible d’imposer de telles mesures en terrasse, à quelques mètres finalement de passants qui peuvent se balader sans passe sanitaire.»

Jean-Louis Martin

Directeur d’exploitation de l’Édito, place Darcy

«Nous n’étions pas sceptiques quant à l’entrée en vigueur du passe sanitaire nous concernant car nous avions déjà mis en place, depuis le 19 mai, le scan du QR Code pour la traçabilité. C’est une vérification en plus mais c’est utile pour des raisons sanitaires.
C’est vrai que c’est plus compliqué à gérer en terrasse mais on va essayer de faire au mieux. Les membres de la direction et de l’encadrement font beaucoup plus d’heures afin qu’il y ait toujours quelqu’un à l’accueil pour assurer le scan.
Du moment que les gens sont compréhensifs, ça va toujours. Ils le sont depuis ce matin mais en réalité le mois dernier personne ne l’était. On s’attend à recevoir à nouveau des remarques d’ici à quelques jours.
Ce passe sanitaire est une contrainte c’est vrai mais s’il le faut pour que tout reparte comme avant, il faut y passer. Je pense même que l’obligation de le présenter sera prolongée durant tout l’hiver.
Cet été, même s’il y a moins d’américains et d’asiatiques, les touristes sont tous à jour sur la question de la vaccination et ils ne discutent pas. Ça nous aide.»

Aurélien et Julie

de Morteau

«Nous sommes en règle aujourd’hui mais c’est quand même dommage de nous demander le passe sanitaire jusque sur les terrasses. Le Sénat a été plus sage sur cette question. C’est trop en terrasse même si on sait très bien que le députés ont fait cela pour obliger les gens à se faire vacciner.
Le passe sanitaire est quand même trop contraignant. Nous n’étions pas spécialement pour la vaccination au départ mais nous l’avons fait si ça peut améliorer les choses.
Il reste un manque de recul sur le vaccin et sur la possibilité ou non d’attraper encore le virus. La vaccination doit être nécessaire c’est sûr mais le climat reste quand même incertain.
Le passe sanitaire à l’extérieur, c’est quand même trop, surtout que les gens ont besoin de sortir au restaurant en ce moment.»

Propos recueillis
par Alix Berthier





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