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01/07/2022 18:27

CÔTE-D’OR : La reprise de la RN 274 fait converger Dijon Métropole et le Département

La loi 3DS prévoit notamment le transfert des routes nationales aux collectivités territoriales. Le sort de la Lino et de la rocade Est de Dijon ne devrait pas faire l’objet de conflits même si des nuances politiques et stratégiques sont apparues lors des débats respectifs ces 27 et 30 juin.
En termes de transfert de compétences, on a connu débat beaucoup plus tendu entre François Sauvadet, président du Département de la Côte-d’Or, et François Rebsamen, président de la Métropole de Dijon. Cette fois, le transfert des routes nationales aux collectivités territoriales, prévu par la loi 3DS, n’entraînera pas les deux présidents dans une opposition frontale au nom de leur collectivité respective.

Lundi 27 juin 2022, en séance plénière du conseil départemental de la Côte-d’Or, le refrain d’une métropole dijonnaise se trouvant à l’intérieur de la Côte-d’Or est revenu plusieurs fois dans les propos des membres de la majorité départementale, mais les questions autour du rapport sur la candidature du Département à la reprise de l’A38 entre Dijon et Pouilly ont été vite réglées.


«Si la métropole ne revendique pas la gestion de la rocade et de la Lino, je solliciterai également leur reprise, car je ne souhaite pas l’arrivée à terme d’un péage urbain sur cette route de Côte-d’Or», avait lancé François Sauvadet dans son intervention liminaire en prolongement de sa volonté de reprendre l’A38.

Le Département «prêt à participer pour un aménagement de la Lino en 2x2 voies»


Conseillère départementale d’opposition et aussi on le sait première adjointe au maire de Dijon, Nathalie Koenders lui a confirmé implicitement que Dijon Métropole est bien candidate à la reprise de la RN274, en lui rétorquant également que le risque du péage urbain «n’en est pas un de toute manière car la loi ne le permet pas».

L’occasion pour Nathalie Koenders de lancer : «On agite le chiffon rouge, avec l’idée que la méchante métropole pourrait laisser mettre des péages sur la rocade. Sur le fond, nous n’avons aucun intérêt à le faire car on ferait revenir les voitures dans le centre-ville. Ça n’a aucun sens. Il n’y plus d’élections locales pendant un certain temps donc vous n’aurez plus à agiter ce chiffon rouge».

«C’est la clarification que je souhaitais», a tenu à réagir François Sauvadet. Avant de glisser : «Il faut que l’on puisse circuler. Je suis prêt à participer pour un aménagement de la Lino en 2x2 voies».

L’opportunité de la reprise ne fait pas débat


Deuxième acte du dossier, ce jeudi 30 juin 2022 en conseil métropolitain, le rapport n°34 de l’ordre du jour formalisait la position de Dijon Métropole sur la reprise de la Lino et de la rocade Est de Dijon. «L’intégration de cet axe routier dans le giron de la collectivité conforterait nos possibilités d’action», a affirmé Rémi Détang, vice-président métropolitain délégué au réseau routier.

Dans cet hémicycle également, la reprise, qualifiée notamment d’«opportunité à saisir» aussi bien par la majorité que du côté de plusieurs oppositions, a fait consensus. Avec tout de même quelques remarques.

«Quelle sera la compensation de l’État en matière de coûts de fonctionnement mais aussi d’investissements ?», a interrogé Emmanuel Bichot en souhaitant qu’un rapport sur ces modalités soit présenté au prochain conseil métropolitain en septembre.

Quelques éléments de réponse sont ressortis dans l’intervention d’Adrien Guené, élu de Talant favorable lui aussi à la position de Dijon Métropole, doutant néanmoins que les compensations soient importantes en constatant que «l’État n’a plus les moyens d’entretenir son patrimoine et met en concurrence les collectivités territoriales sur la reprise des routes nationales».

On l’a bien compris, pour l’A38 et la RN274, les choses sont plus ou moins entendues. En tout cas, Dijon Métropole et le Département de la Côte-d’Or ne seront pas en concurrence, ni «en guerre» comme le transfert de compétences précédent l’avait laissé entendre au rythme de déclarations appuyées incessantes de part et d’autre.

«Ne pas transformer la Lino en autoroute»


«Il est tout à fait cohérent que la métropole se positionne», s’est exprimé Laurent Bourguignat en conseil métropolitain. En ajoutant : «C’est un transfert justifié, mais pour quoi faire ?». Une manière pour son groupe d’opposition d’appeler à ce que l’axe reste un contournement routier efficace, «sans baisse de la limitation de la vitesse ni voie réservée». Avec l’envie «de projets destinés à fluidifier le trafic comme le passage progressif à 2x2 voies».

Des divergences sont ainsi ressorties sur le sujet. La majorité métropolitaine a maintenu sa vision. «Au départ, nous ne voulions pas transformer la Lino en autoroute ou en une continuité d’autoroute. Et techniquement, je crains que la mise en 2x2 voies ne soit pas possible. Moi, je suis pour limiter la vitesse car il y a trop d’accidents sur la rocade. Une voie réservée à certains véhicules, ça marche à Lyon. Tout ce qu’on peut faire pour encourager une utilisation moindre de la voiture, on va le faire», a déclaré le président de Dijon Métropole François Rebsamen.

Concernant les compensations espérées ou non, il a lâché : «Evidemment, on fera le maximum pour en avoir le plus possible mais nous n’en aurons pas beaucoup. Nous avons déjà été lésés dans les compensations sur le transfert des routes départementales. J’aurais d’ailleurs aimé entendre les oppositions nous soutenir à ce moment-là également».

«On aura le temps de faire les études environnementales»


Une seule opposition s’est abstenue sur le rapport, celle des écologistes représentée par Stéphanie Modde et Olivier Muller, Stéphanie Modde ayant demandé des précisions sur ce que la majorité entend dans la préservation des enjeux environnementaux au travers de la reprise évoquée. Cela tout en réaffirmant une opposition à la mise en 2x2 voies : «la question des mobilités doit être plus globale. Ça ne ferait que reporter le problème par rapport au flux de voitures».

«Nous n’avons pas encore la domanialité. On aura le temps de faire les études environnementales», lui a répondu François Rebsamen, en souhaitant à l’adresse de l’État «que les travaux autour du rond-point d’Ahuy soient faits. J’ai vu qu’il y a encore eu une réunion des services de l’État, il faudra avancer à un moment».

Pour ce qui est du transfert en l’occurrence de la RN274, le souhait de reprise doit être formulé à l’autorité préfectorale avant le 30 septembre prochain. Les transferts des différentes portions pourront être effectués à partir du 1er janvier 2024.

Alix Berthier
Photos : Jean-Christophe Tardivon et Alix Berthier








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