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29/05/2020 03:28

CRISE SANITAIRE : «La note va être salée» prévient François Rebsamen

Entre dépenses supplémentaires et manque à gagner, la Ville de Dijon a exposé lors du conseil municipal du 28 mai une estimation du coût de la crise sanitaire pour l'exercice 2020.
«La note va être salée pour les Villes» prévient le maire de Dijon (PS). Comme partout en France, la capitale de Bourgogne-Franche-Comté sera touchée par les conséquences économiques de la crise sanitaire : dépenses supplémentaires, recettes en moins, rentrées fiscales en baisse.

Pour autant, François Rebsamen compte sur la «bonne situation financière» de la collectivité pour réagir avec «sérénité». C'est la capacité d'autofinancement qui sera le plus impactée et l'élu demande au gouvernement d'aider la Ville à restaurer cette situation comptable.

Durant le conseil municipal de ce 28 mai 2020 qui se déroulait exceptionnellement dans la salle du siège de Dijon Métropole, François Deseille a souligné les importantes baisses de la dette de la Ville et de la Métropole survenues ces dernières années. L'élu Modem, généralement attentif au sujet de la dette, semblait enclin à la laisser filer quelque peu : «s'endetter pour la relance économique, ce n'est pas s'endetter, c'est investir pour l'avenir».

Exonération des droits de voirie


Les dépenses supplémentaires s'imaginent aisément : achats de masques et de gel hydroalcoolique mais aussi recrutement d'agents pour renforcer le nettoyage des écoles et paiement des heures supplémentaires des titulaires. Le manque de recettes viendra de la suspension de la verbalisation du stationnement en voirie, de l'interruption des achats à la boutique du Musée des Beaux-arts ou encore de l'arrêt de la facturation de services publics à des usagers.

Pour soutenir le commerce local, la Ville a fait le choix d'exonérer de droit de voirie (terrasses, enseignes...) tous les commerces dijonnais. Ces exonérations représentant un soutien économique de 600.000 euros ont été votées à l'unanimité.

Déjà huit millions d'euros de manque à gagner


Dans l'ensemble, le manque à gagner et les dépenses supplémentaires représenteraient déjà 8 millions d'euros et pourraient atteindre 10 à 12 millions d'euros sur l'exercice 2020 (dont 4 à 6 millions rien que pour les droits de mutation du fait de l'arrêt des transactions immobilières pendant le confinement). L'estimation a été faite en lien avec France Urbaine, l'association d'élus de métropoles et de grandes villes.

En ce qui concerne Dijon Métropole, le coût de la crise sanitaire pourrait être encore plus important car plus durable du fait de son lien avec la fiscalité des entreprises (versement transport, CVAE...). En conséquence de quoi François Rebsamen demande au gouvernement de reporter la réforme de la taxe professionnelle.

Des rectifications en cascade


Techniquement, lors de la prochaine mandature, à l'issue du second tour des élections municipales prévu le 28 juin prochain, plusieurs rectifications du budget 2020 de la Ville auront sans doute à être soumises à la municipalité jusqu'à la fin de l'année.

L'estimation est difficile à réaliser car elle dépend en partie de décisions de l’État. Pour une autre partie, l'avenir des finances locales s'écrira aussi au gré de l'évolution des comportements des usagers des services publics, notamment des transports en commun, sources de recettes pour la Métropole. Du côté de la Ville, on scrutera avec attention les variations du marché de l'immobilier conditionnant les droits de mutation qui contribuent fortement au budget.

Jean-Christophe Tardivon

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