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24/11/2020 05:55

CRISE SANITAIRE : Safran Electronics & Defense met en avant les impératifs de sécurité

Alors que la CGT met en cause l'équipementier sur le recours à l'activité partielle de longue durée et le télétravail, l'entreprise rappelle que le site de Dijon intervient sur des activités de défense en lien avec les opérations anti-terroristes au Sahel.

Le syndicat CGT du site dijonnais de Safran Electronics & Defense avait interpellé le 26 octobre dernier la direction sur un recours à l'activité partielle de longue durée (APLD) puis adressé une lettre ouverte le 19 novembre au préfet de la Côte-d'Or toujours sur ce thème augmenté d'un chapitre le télétravail.

Les griefs du syndicat envers la direction du site portent donc sur un recours à l'APLD en même qu'un recrutement d'intérimaires et sur une trop faible incitation des personnels à s'orienter vers le télétravail alors que la Bourgogne-Franche-Comté est une des régions les plus touchées par l'épidémie de Covid-19.

Un part de la production de Dijon est destinée aux troupes combattant dans le Sahel


Contactée par Infos Dijon le lundi 23 novembre 2020, la direction de Safran Electronics & Defense encaisse les coups portés par la CGT : «c'est le rôle d'un partenaire social». La communication de l'entreprise s'oriente sur l'organisation nécessaire pour maintenir les activités sensibles comme celles liée à la défense.

Safran Electronics & Defense a deux activités principales à part égales : l'avionique civile et la défense. La production du site de Dijon est, elle, totalement orientée en direction de la défense, sans activité avionique civile ni laboratoire de recherche et développement.
La production de Dijon sert «les troupes déployées dans le Sahel donc il y a un maintien d'équipement opérationnel qu'il faut assurer» explique la direction de l'entreprise. Le système de visée des Jaguar – un engin blindé de reconnaissance et de combat – et des Griffon – un véhicule blindé de transport de troupes – n'attendent pas. «Dijon n'a pas de baisse de charge de production» souligne l'entreprise.

Une approche transversale à l'échelle du groupe


Pour autant, la réduction des commandes des constructeurs d'avion touche indirectement le site de Dijon. Les équipementiers ont dû à leur tour revoir leur calendrier. En juillet dernier, un accord de transformation d'activité (ATA) a été signé par la CFE-CGC, la CFDT, FO et la CGT. Valable jusqu'à fin 2021, cet ATA recouvre la mise en place de l'APLD pour l'ensemble des sociétés de Safran.

 «Il faut anticiper la reprise et créer les conditions favorables pour former les salariés, s’adapter aux métiers de demain, miser sur la R&D et réfléchir aux nouvelles organisations du travail, dont le télétravail» expliquait la CFE-CGC, premier organisation syndicale du groupe, dans un communiqué.

Selon la direction de Safran Electronics & Defense, le déploiement de l'APLD s'est fait de «façon transversale» au sein du groupe : le choix a été donné aux sociétés d'adapter le mode de fonctionnement selon le carnet de commandes avec le principe que les sites restent solidaires les uns des autres.

Pour l'entreprise, cela justifie le recours à l'APLD sur le site dijonnais. Une quinzaine de postes parmi les fonctions support sont concernés – sur 289 salariés – avec un taux d'activité proche de 90%. «L'APLD ne représente que peu d'heures» assure Safran Electronics & Defense qui met en avant l'autorisation donnée par la DIRECCTE donnée pour six mois.

«Cela veut dire que le site de Dijon est très pérenne»


Face à la charge de production, «on a pas le choix, il faut faire appel à des ressources complémentaires» reconnaît l'entreprise alors que la CGT déplore le recrutement d'intérimaires. L'équipementier préfère mettre en avant «les mobilités internes au groupe» : des salariés de l'avionique ou de l'optronique de sites de Safran ou de sociétés connexes ont des compétences qui se rapprochent de celles des sites de production destinée à la défense.

Néanmoins, l'entreprise ne trouve pas toutes les compétences nécessaires d'où le recours à l'intérim ou aux heures supplémentaires. «Cela veut dire que le site de Dijon est très pérenne» s'empresse-t-on de souligner chez Safran Electronics & Defense.

La cybersécurité réduit le recours au télétravail


Autre grief de la CGT, le télétravail. «Tous les métiers ne peuvent pas se faire en télétravail» proclame la direction du groupe. Dès l'annonce du second confinement par le président de la République, Safran Electronics & Defense a communiqué «envers l'ensemble des managers car le télétravail s'inscrit dans la préservation de la santé des salariés et la poursuite de l'activité au service des clients». Les managers validant les heures en question. À Dijon, 30% de l'effectif est en télétravail indique la direction du groupe.

Par ailleurs, pour les activités de défense, le télétravail est conditionné aux respects des règles informatiques dont la cybersécurité. Lors du confinement du printemps dernier, l'entreprise avait identifié les postes pouvant s'inscrire dans le télétravail, plutôt des métiers tertiaires. L'accès à certaines bases de données ne pouvant se faire que depuis un site physique.

En télétravail, les personnels se connectent avec un mode tunnel spécifique. Les postes sont masterisés avec un logiciel permettant de se connecter aux systèmes de l'entreprise donnant accès au disque partagé, à la messagerie ou encore au planning, guère plus. Certaines activités de recherche et développement sont trop gourmandes en ressources pour être conduites au travers d'une connexion domestique. «Faire du Zoom dans les entreprises de la défense n'est pas pensable» indique-t-on par exemple du côté de l'équipementier pour insister sur la sensibilité des enjeux de sécurité informatique.

Jean-Christophe Tardivon

La CGT met en cause Safran Electronics & Defense sur le recours à l'activité partielle et au télétravail



Mesure de performance optronique sur banc de recette système sur une boule gyrostabilisée 410 qui équipe les hélicoptères NH90 et Panther (photographie David Linares / Safran)