
«Face au terrorisme, la meilleure des réponses, c'est la liberté, l'égalité et la fraternité», a assuré la maire de Dijon Nathalie Koenders qui a présidé, ce jeudi 13 novembre, une cérémonie rassemblant près de 300 personnes.

Le 13 novembre 2015, le périple meurtrier de trois commandos islamistes a provoqué le décès de 132 personnes en six attaques différentes, à Saint-Denis et à Paris, revendiquées par l’État islamique. On a relevé également 413 blessés dont 99 grièvement.
Durant les opérations policières, du 13 au 18 novembre, sept terroristes ont été tués. L'unique survivant, le djihadiste Salah Abdeslam, a été capturé en Belgique, en 2016, et condamné par la justice française pour ses actions criminelles à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, en 2022.
Souvenir du Dijonnais Fabian Stech
Parmi les victimes décédées figuraient huit personnes originaires de Bourgogne-Franche-Comté dont le Dijonnais Fabian Stech, tombé au Bataclan, à l'âge de 51 ans.
Né en Allemagne, Fabian Stech était arrivé en France en 1994. En 2002, il devenait professeur de l'université de Bourgogne puis enseignant d'allemand au lycée Les Arcades. Passionné de philosophie, d'art et de karaté, il s'était rendu au concert des Eagles of Death Metal, groupe qu'il affectionnait particulièrement.
En hommage, en 2024, la Ville de Dijon a donné son nom au dojo de karaté du complexe sportif Épirey, situé dans le quartier des Grésilles.
Près de 300 personnes rassemblées
Ce jeudi 13 novembre 2025, à 18 heures, le préfet de la Côte-d'Or et la Ville de Dijon ont organisé une cérémonie pour «honorer la mémoire des victimes des attentats, exprimer solidarité et compassion envers les familles et affirmer, collectivement, leur attachement aux valeurs de liberté, de paix et de fraternité».
Autour de Nathalie Koenders, maire de Dijon, se trouvaient notamment Aurélie Contrecivile, directrice de cabinet du préfet de la Côte-d'Or, Océane Godard, députée de la Côte-d'Or, Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, François Rebsamen, président de la Métropole de Dijon, Ludovic Rochette, président de l'association des maires de la Côte-d'Or.
Selon la Ville de Dijon, près de 300 personnes se sont rassemblées au pied de la porte Guillaume, la famille de Fabian Stech participant aux commémorations, à Paris.
«Face au terrorisme, la meilleure des réponses, c'est la liberté, l'égalité et la fraternité»
«Il y a dix ans, jour pour jour, la France était frappé en plein cœur, le 13 novembre, 2015, à Paris, au stade de France, sur les terrasses et au bataclan», a déclaré Nathalie Koenders, sans micro, à l'intention des personnes rassemblées. «La barbarie a ôté la vie à 130 innocents, dont un Dijonnais, auquel on pense bien fort ce soir, Fabian Stech.»
«C'était important, pour nous, de nous retrouver ce soir, dans ce moment de rassemblement, d'unité et d'hommage pour rappeler que la douleur existe et avoir une pensée pour les victimes, pour leurs familles, mais aussi pour les secouristes, pour les pompiers, pour les policiers, les soignants, les médecins – et j'en oublie – qui ont répondu avec courage et solidarité face à la haine», a développé la maire de Dijon.
«Face au repli, face au terrorisme, face au barbarisme, la meilleure des réponses est cette unité et c'est la liberté, l'égalité et la fraternité», a-t-elle ajouté, le propos étant applaudi dignement par l'assistance.
Après une minute de silence et le chant de «La Marseillaise», les participants à l'hommage ont déposé des fleurs et des bougies aux pieds de drapeaux français et européens positionnés de part et d'autre de la porte Guillaume.
«Face à cette menace totalitaire, l'unité de la République est la chose la plus forte que nous ayons en nous»
«La France a su rester unie face aux attentats terroristes qui s'abattaient sur elle», a analysé François Rebsamen, à l'issue de la cérémonie, se souvenant que, ce soir-là, un déplacement officiel à Dijon du Premier ministre Manuel Valls avait été interrompu précipitamment.
«C'est un moment de recueillement, d'émotion, qui montre que nous savons nous rappeler que, face à cette menace totalitaire, l'unité de la République est la chose la plus forte que nous ayons en nous», a souligné le président de la Métropole.
«On a vu la force de notre République»
Océane Godard s'est souvenue de «l'effroi» à l'annonce des attaques de ce soir-là mais aussi «la puissance du pays quand il s'est uni». «On a vu la force de notre République, même attaquée.»
«On pense aux victimes, on pense à celles et ceux qui sont toujours là, qui sont vivants, on pense aux familles, aux proches, et aux forces de l'ordre, à toutes celles et ceux qui se sont mobilisés, les soignants, les bénévoles», a ajouté la députée.
«Il nous appartient de faire vivre la devise de la République»
«C'est important que nous soyons tous réunis, à l'image de la société française», a déclaré Jérôme Durain, «nous commémorons un souvenir tragique d'attentats qui ont profondément blessés la société française».
«On a vu à quelle point les douleurs subies par [les familles des victimes], leurs proches, tous ceux qui ont assisté à ces événements – et au-delà d'eux, la communauté nationale – avait laissé une empreinte profonde», a ajouté le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
«Comme élus de la République, il nous appartient de faire vivre la devise de la République, la fraternité républicaine», a-t-il conclut, «de dire qu'aujourd'hui, en 2025, dix ans après, de continuer à travailler à une société humaniste, qui porte des valeurs universelles où on sait se respecter». «Par ailleurs, il faut lutter sans relâche contre la barbarie, contre tous les extrémistes.»
Le rôle de «la prévention primaire»
Interrogée sur la persistance de la menace terroriste islamiste, Nathalie Koenders a considéré que «cette menace existe toujours» et qu'«il faut, chacun, être vigilant».
Face au phénomène de radicalisation de certains jeunes, Nathalie Koenders à insisté sur le rôle de «la prévention primaire» : «l'éducation, le travail qu'on fait dans les associations sportives, dans la culture pour éviter que des jeunes, très jeunes – qui sont parfois désœuvrés, parfois même en dépression – puissent se faire retourner le cerveau par des terroristes».
«Faire vivre la laïcité»
Pour sa part, Jérôme Durain a mis en avant la pertinence de «faire vivre la laïcité» au moment où l'on célèbre les 120 ans de la loi de séparation de l’Église et de l’État, promulguée le 9 décembre 1905.
«Aujourd'hui, les menaces prennent la forme des réseaux sociaux», a-t-il signalé, «avec une facilité à tomber dans la propagande de mouvements sectaires, extrémistes, politiques». «C'est un travail d'éducation, c'est un environnement.»
Une heure après le début de l'hommage, plusieurs participants continuaient de se recueillir devant les drapeaux et d'échanger comme pour prolonger ce temps de cohésion.
Jean-Christophe Tardivon






















