
Ce jeudi 19 mars, à Dijon, les autorités civiles et militaires ont rendu hommage aux victimes de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.
La loi du 6 décembre 2012 a institué le 19 mars « Journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ».
Paul Mourier, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, préfet de la Côte-d’Or, a présidé la cérémonie commémorative, qui s'est déroulée à Dijon, en présence des autorités civiles et militaires du département, selon le programme suivant :
Cérémonie au Mémorial AFN – Place Gaston Gérard
- Salut au drapeau ;
- Marseillaise ;
- Remise de décoration ;
- Lecture de l’ordre du Jour n° 11 du Général Charles Ailleret par quatre élèves de 1re au lycée Charles de Gaulle et une élève de 4e au collège Jean-Philippe Rameau.
- Lecture du message du Comité National de la FNACA par René Aubry, président du comité départemental de la FNACA ;
- Lecture du message officiel de la Ministre des Armées et des Anciens combattants par le préfet ;
- Appel des Morts par deux élèves du lycée Saint-Joseph ; 237 noms sont inscrits sur le Mémorial. Depuis 2019, 40 noms sont lus chaque année.
- Dépôt de bleuets par les élèves des lycées Saint-Joseph et Simone Veil ;
- Dépôt de gerbes ;
- Sonnerie « aux Morts » ;
- Minute de silence ;
- Marseillaise ;
- Marche des Tirailleurs.
Communiqué
(image d'archives Manon Bollery)
Message officiel d'Alice RUFO, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants
Le 19 mars, la France se recueille devant la mémoire des victimes civiles et militaires, connues ou inconnues, de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.
Pendant une minute, son hommage silencieux s'élève a la hauteur des douleurs, des sacrifices et du courage de tant de vies frappées par la violence de l'Histoire.
Elle se souvient de ses fils partis sous les armes, qui attendaient le cessez-le-feu comme l'espoir de la paix et du retour, après huit années d'une guerre qui ne disait pas son nom.
Plus de 25 000 morts pour la France. Près de 70 000 blessés. Ceux qui sont revenus portaient souvent en eux bien plus que leurs récits ne pouvaient raconter ; des images et des blessures que l''époque ne savait pas encore nommer.
Il fallut encore du temps pour désigner ce qui avait été vécu, donner toute la reconnaissance méritée.
Longtemps, on continua de parler des "événements". C'est en 1999 que la loi reconnut ce qu'avait été cette réalité : une guerre.
Ainsi s'est peu a peu édifiée une mémoire nationale plus juste, plus fidèle. La journée du 19 mars, instituée en 2012, en est aujourd'hui, comme celles du 5 décembre et du 25 septembre, l'un des reflets.
Au-delà des militaires de carrière et des appelés engagés au combat, nous pensons a tous ceux qui avaient choisi la fidélité a la France, aux harkis, soldats loyaux exposés a des représailles d'une cruauté sans limite puis a l'exil dans le pays qu'ils avaient servi.
La République, qui a reconnu sa dette envers eux, ne cessera jamais de les honorer.
Nous pensons aux Français d'Algérie, arrachés a une terre qu'ils ne fouleraient plus jamais, celle de leurs souvenirs et de leur enfance.
Nous pensons aux civils de toutes origines, victimes des attentats, des exactions, du cycle des violences qui ne s'éteignit pas avec le cessez-le-feu, et aux disparus dont les familles portent dans leur coeur l'absence, sans avoir jamais pu faire leur deuil.
C'est devant chacune de ces vies que nous nous inclinons aujourd'hui.
En leur rendant hommage, la Nation reconnait ce qui, à travers les générations, nous relie : une histoire, des sacrifices, une fidélité.
C'est par cette conscience collective que nous appartenons à ce que la philosophe Hannah Arendt appelait "un monde commun" : celui hérité de ceux qui nous ont précédés, avec leurs peines et leurs mérites ; celui légué aux générations a venir.
À nous désormais de transmettre cette mémoire avec lucidité, honneur et dignité.
Pour qu'elle soit porteuse des espérances de la vie, et nous enseigne a savoir toujours mieux protéger, avec notre pays, l'idéal qui l'inspire.
Vive la République, et vive la France.